Mercato footballistique :

Marseille: Garcia, voilà c'est fini


Publié / Actualisé
La rupture inéluctable entre Rudi Garcia et l'Olympique de Marseille a été actée mercredi par l'entraîneur lui-même, avec son président Jacques-Henri Eyraud. Il avait emmené le club jusqu'en finale de coupe d'Europe, mais a raté la saison suivante.
La rupture inéluctable entre Rudi Garcia et l'Olympique de Marseille a été actée mercredi par l'entraîneur lui-même, avec son président Jacques-Henri Eyraud. Il avait emmené le club jusqu'en finale de coupe d'Europe, mais a raté la saison suivante.

"J'ai décidé de partir. J'ai proposé cette solution à mon président, qui l'a acceptée", a dit Garcia assis aux côtés de "JHE" dans une salle de presse bien remplie, dans l'hypothèse d'une annonce de ce genre.

La mise en scène a laissé Garcia faire lui-même ses adieux. OM-Montpellier, vendredi, pour la 38e et ultime journée de Ligue 1, sera sa dernière sur le banc olympien. "Si j'écoutais mon caractère et ma détermination, je resterais, mais si j'écoute le bon sens et la raison, c'est mieux de l'annoncer maintenant", a dit Garcia.

Le contexte devenait étouffant. Le stade Vélodrome est massivement remonté contre lui, les supporters ne le voyait plus du tout comme le porteur de l'"OM champion project". Garcia "assume entièrement" sa "part de responsabilité de ne pas avoir su conduire l'OM en Ligue des champions, je leur souhaite d'y être l'an prochain".

- "Humiliation" Andrézieux -

Il juge "la saison pas bonne, mais pas catastrophique non plus, a-t-il nuancé. Catastrophique c'est plus Monaco cette saison ou Lille l'an dernier". Dauphin l'an dernier, Monaco lutte pour le maintien jusqu'à la dernière journée, Lille a fait le chemin inverse: sauvé en 2018, 2e en 2019. Mais Garcia pouvait difficilement échapper à la porte après un exercice manqué dans les grandes largeurs. L'OM a loupé la Ligue des champions, même la Ligue Europa, et a été éliminé au premier tour des deux coupes nationales.

Le géant phocéen a touché le fond en Coupe de France, contre un club de National 2 (4e div.). "La plus grosse déception, la vraie humiliation, c'est Andrézieux (2-0), qui en voulait plus que nous", estime Garcia. Il a forcément ses responsabilités dans ces échecs. Par exemple, il a très souvent changé d'équipe et de système de jeu cette saison, alors que le 4-2-3-1 majoritairement aligné l'an dernier avait fonctionné. Son management s'est sans doute un peu émoussé aussi, ses leaders ne le suivaient plus comme avant, à l'image de Florian Thauvin lâchant après ce fameux match à Bordeaux que l'équipe n'était pas du tout au niveau de la C1 qu'elle visait.

- Reconstruire -

Mais, sans parler des blessures (Dimitri Payet, Adil Rami), il n'a pas été aidé non plus par la faillite des cadres: Thauvin n'a bien joué que jusqu'en décembre, Payet seulement les deux premiers mois et Steve Mandanda jamais. Quant à Rami, il a traversé sa saison de champion du monde comme le fantôme du chef de défense de la précédente. Luiz Gustavo a commencé et fini fort, avec un gros passage à vide. "Les leaders n'ont pas tous été à leur meilleur niveau", résume Garcia.

L'OM doit maintenant trouver un nouveau technicien, même si Eyraud n'évoque qu'une "transition la plus rapide possible" sans donner de nom. Celui de l'Argentin Gabriel Heinze, ancien du club, actuellement, au Velez Sarsfield, souffle sur le Vieux Port depuis quelques jours. Quel que soit son successeur, Garcia se dit confiant. "Je crois énormément en ce projet, porté par des gens remarquables, (le propriétaire) Frank McCourt, Jacques-Henri Eyraud et Andoni Zubizarreta", glisse-t-il. A propos du directeur sportif espagnol, son président a assuré qu'il restait à bord.

En revanche sur les indemnités de licenciement de Garcia et de son staff, "JHE" n'a rien lâché. Il a juste laissé entendre que les chiffres d'une dizaine de millions d'euros évoqués dans les médias n'ont "aucun rapport avec la réalité".

Quelle que soit la somme, elle ne va pas arranger les affaires de l'OM, qui doit reconstruire une équipe, un nouveau staff, avec un budget resserré, et en outre le garrot du fair play financier, avec lequel les négociations se poursuivent, a rappelé Eyraud. Il ne sera peut-être pas si facile de faire aussi bien que Garcia, qui a d'abord fait grimper le club jusqu'à la 5e (2017), puis la 4e place (2018), et surtout une finale, certes perdue contre l'Atlético Madrid (3-0), mais que le club attendait depuis 14 ans.

Un superbe parcours européen qui avait "réveillé le volcan", selon le mot de Maxime Lopez. Mais la lave a emporté Garcia.

- © 2019 AFP

   

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