Le RN réclame la dissolution de l'Assemblée nationale :

Les Européennes lancent "l'acte 2" du quinquennat et confortent la recomposition


Publié / Actualisé
Un RN vainqueur et à l'offensive, un président qui veut garder le cap après sa courte défaite. "L'acte 2" du quinquennat Macron est lancé lundi matin, au lendemain d'élections européennes qui ont réservé leur lot de surprises et conforté la recomposition de la scène politique enclenchée en 2017.
Un RN vainqueur et à l'offensive, un président qui veut garder le cap après sa courte défaite. "L'acte 2" du quinquennat Macron est lancé lundi matin, au lendemain d'élections européennes qui ont réservé leur lot de surprises et conforté la recomposition de la scène politique enclenchée en 2017.

Marqué par une participation nettement plus élevée que prévu, à 50,12%, le premier scrutin intermédiaire du quinquennat a également vu la percée des écologistes d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), acteurs avec les Verts allemands d'une "vague verte européenne" dimanche.


Le RN est arrivé en tête, la liste emmenée par Jordan Bardella s'imposant avec 23,31% des suffrages, soit 0,9 point de plus que la liste Renaissance soutenue par le président et menée par l'ex-ministre Nathalie Loiseau (22,41%), selon les résultats définitifs. Celle-ci affiche un score inférieur au résultat d'Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle (24%), tandis que l'extrême droite est en deçà de son score déjà victorieux des européennes de 2014 (24,9%). Une dizaine de points derrière, les écologistes d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) surprennent en obtenant 13,47%, alors qu'ils étaient donnés sous les 10% par les sondages.


Dans un scrutin riche en surprises, Les Républicains de Laurent Wauquiez se sont effondrés à 8,48%, un plus bas historique, et La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon dégringole à 6,31%.


- "Mouise" ou victoire -

Sur les 79 sièges dévolus à la France au Parlement européen, le RN et LREM occuperont tous les deux autant de sièges (23 chacun), alors que les grandes man?uvres vont commencer à Strasbourg et Bruxelles pour bâtir des groupes et construire une majorité. Emmanuel Macron reçoit dès lundi soir à dîner le chef du gouvernement socialiste espagnol Pedro Sanchez, grand vainqueur dimanche en Espagne, "afin de préparer le sommet" européen organisé à Bruxelles mardi soir. Il aura encore d'ici-là toute une série d'entretiens bilatéraux avec ses partenaires européens, dont la chancelière allemande Angela Merkel.


Malgré les victoires de Marine Le Pen en France, Matteo Salvini en Italie et Nigel Farage au Royaume-Uni, la poussée eurosceptique semble avoir été contenue. Mais si le Parti populaire européen (PPE) et les sociaux-démocrates (S&D) restent les deux principales formations de l'hémicycle européen, ils perdent leur capacité à réunir à eux seuls une majorité. Ils devront composer avec les écologistes, qui passent de 52 à 70 sièges, et les libéraux (Alde), dont le parti d'Emmanuel Macron, qui obtiennent 107 sièges contre 69 actuellement.


En France, les éditorialistes sont divisés lundi matin, certains jugeant que "c'est la mouise" pour le chef de l'Etat, qui subit un "sérieux revers", tandis que d'autres parlent de "pari (presque) remporté" voire de victoire. Le RN est devenu "le premier parti mais surtout (...) le mouvement de la future alternance", revendique la présidente du RN, qui estime que Emmanuel Macron n'a maintenant "d'autre choix que de dissoudre l'Assemblée nationale".
Fin de non recevoir de l'exécutif: l'Elysée a annoncé que le chef de l'Etat n'allait pas changer de cap, et allait même "intensifier l'acte 2 de son quinquennat".


- Reconstruction pour LR -


Le reste de l'échiquier politique est en chantier. PS et LR, qui ont gouverné alternativement la France pendant plus de 35 ans (1981-2017), dépassent à peine les 15% cumulés ce dimanche. "Les anciens clivages ne sont plus", a commenté Edouard Philippe.


Chez Les Républicains, qui accusent le pire score de l'histoire de la droite, très loin du résultat de l'UMP en 2014 (20,81%), la ligne droitière du président du parti Laurent Wauquiez est sur la sellette. Sa rivale Valérie Pécresse a appelé dès lundi matin à troquer "une stratégie de rétrécissement" contre "une stratégie d'élargissement". Au passage, elle a assuré qu'à la place de M. Wauquiez, elle démissionnerait de sa fonction.

A gauche, l'alliance Parti Socialiste-Place Publique a recueilli 6,19% des voix, ce qui lui permet au moins de garder des eurodéputés, priorité numéro un. Mais c'est le plus mauvais score du PS à des européennes. Son premier secrétaire Olivier Faure, qui a appelé dimanche soir au rassemblement de la gauche, prévoit de contacter dès ce lundi les autres partis, y compris Benoît Hamon, l'ancien candidat à la présidentielle PS, tenu en échec dimanche.

Mais LFI, qui, avec 6,31% des voix, termine très loin des 19,58% de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, se place-t-elle dans cette perspective ? Le chef de file du parti a promis de "combattre par tous les moyens (...) la pente" confirmée par ce scrutin.

Dans ce paysage en recomposition, EELV, fort de son score, veut "construire en Europe et dans notre pays le grand projet enthousiasmant, crédible, d'alternative", notamment "pour sortir l'extrême droite de la perspective de gouverner ce pays", a affirmé Yannick Jadot.

AFP

   

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