Yémen :

Au moins 20 morts dans deux attaques contre des policiers à Aden


Publié / Actualisé
Au moins vingt policiers ont été tués jeudi dans deux attaques, dont l'une revendiquée par les rebelles Houthis, contre des forces formées par les Emirats arabes unis à Aden, dans le sud du Yémen en guerre, après une période de calme relatif.
Au moins vingt policiers ont été tués jeudi dans deux attaques, dont l'une revendiquée par les rebelles Houthis, contre des forces formées par les Emirats arabes unis à Aden, dans le sud du Yémen en guerre, après une période de calme relatif.

A Aden, dans le quartier central de Cheikh Othman, une voiture piégée a explosé à l'entrée d'un QG des forces de l'ordre, au moment où les policiers se rassemblaient pour saluer le drapeau national, selon des responsables des services de sécurité, assurant que l'attaque a été menée par des jihadistes. "Trois policiers ont été tués et 20 autres personnes ont été blessées", a déclaré à l'AFP un docteur de l'hôpital où les victimes ont été transportées.

Non loin, à la périphérie ouest d'Aden, ville où siège le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale, une autre attaque a visé la caserne d'Al-Jalaa, cette fois revendiquée par les Houthis qui s'opposent aux forces pro-gouvernementales. Selon un premier bilan établi par des sources médicales, cette attaque a fait "17 tués parmi les policiers et de nombreux blessés".

Sur leur chaîne de télévision Al-Massirah, les rebelles Houthis ont affirmé avoir mené l'attaque à l'aide d'un missile et d'un drone, ciblant une parade organisée dans la caserne à l'occasion de la remise de diplôme à des policiers fraîchement formés. Un haut gradé de la police, le général Mounir al-Yafyi, a été tué sur le coup, touché par des éclats du missile tombé près d'une tribune, selon un photographe de l'AFP sur place.

Des corps gisaient sur le sol, a-t-il précisé, comptant entre 30 et 35 personnes tuées ou blessées. Près du grand cratère causé par le missile, le corps d'une des victimes a été recouverte d'une banderole, utilisée lors de la parade, a-t-il constaté. Les forces visées jeudi appartiennent à la force dite de la "Ceinture de sécurité", entraînée et équipée par les Emirats arabes unis, l'un des piliers de la coalition, menée par l'Arabie saoudite, et qui intervient au Yémen contre les rebelles depuis mars 2015.

- Calme relatif -

Les attaques interviennent alors que début juillet les Emirats arabes unis ont annoncé leur intention de réduire leurs troupes au Yémen pour passer d'une "stratégie" de guerre à une logique de "paix". Ces dernières années, Aden, capitale "provisoire" du gouvernement yéménite après la prise de Sanaa par les rebelles Houthis,, a été le théâtre d'une série d'attentats ayant tué des centaines de personnes, certains ayant été revendiqués par l'EI, d'autres par Al-Qaïda.

Mais jusqu'aux attaques de jeudi, cette grande ville du sud avait connu une période de calme relatif, le dernier attentat suicide remontant à juillet 2018.
Le sud du Yémen avait néanmoins été touché le 10 janvier par une attaque par drones menée par les Houthis contre l'armée loyaliste contre la base aérienne d'Al-Anad, dans la province de Lahj. Cette base, la plus importante du pays, avait servi avant la guerre à l'armée américaine pour traquer les jihadistes d'Al-Qaïda.
Ancien comptoir prospère de l'empire britannique sur l'océan Indien, Aden était la capitale de l'ancien Yémen du Sud qui était un Etat indépendant jusqu'à sa fusion avec le Yémen du Nord en 1990.

A la faveur du conflit qui oppose depuis 2014 les Houthis aux forces progouvernementales, Al-Qaïda et le groupe Etat islamique ont renforcé leur implantation dans le sud du Yémen et y ont revendiqué des dizaines d'attentats ces dernières années.
Plus de quatre ans après l'intervention de la coalition conduite par Ryad, les Houthis contrôlent toujours de vastes zones de l'ouest et du nord du pays, dont la capitale Sanaa.

Le sud du Yémen reste quant à lui principalement sous le contrôle des forces pro-gouvernementales. Ce conflit a fait des dizaines de milliers de morts, dont de nombreux civils, selon diverses ONG, et provoqué la pire catastrophe humanitaire au monde, d'après l'ONU.
 

AFP

   

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