Incendie de Rouen :

Retour compliqué dans les salles de classe


Publié / Actualisé
Devant l'école rouennaise la plus proche de l'usine Lubrizol, où la classe a repris lundi après deux jours de fermeture à cause de l'incendie, certains parents restaient inquiets malgré le nettoyage de l'établissement, tandis que des enseignants de collège ont fait valoir leur droit de retrait.
Devant l'école rouennaise la plus proche de l'usine Lubrizol, où la classe a repris lundi après deux jours de fermeture à cause de l'incendie, certains parents restaient inquiets malgré le nettoyage de l'établissement, tandis que des enseignants de collège ont fait valoir leur droit de retrait.

"Les enfants n'iront pas dans la cour aujourd'hui. On ne veut pas prendre de risque pour vos enfants", lance une institutrice aux parents d'élèves, devant la grille de l'école maternelle Cavelier de la Salle. Selon le rectorat la totalité des 237 établissements de l'académie, fermés dans la foulée de la catastrophe jeudi matin, ont rouvert lundi. Tous ont été nettoyés selon le rectorat. Cavelier de la Salle est une des deux écoles de Rouen où des traces de suie ont été retrouvées sur des rebords de fenêtre à l'intérieur de l'établissement.

"J'ai amené mon enfant parce que je n'avais pas le choix, j'ai des démarches à faire. Mais je suis un peu inquiète à cause de l'explosion et des odeurs", confie Aminata, 31 ans, mère d'une enfant de trois ans et demi. Des relents nauséabonds se font encore régulièrement sentir dans la métropole rouennaise, même si l'odeur est moins forte que les jours derniers.

"Moi j'ai refusé de mettre ma fille à l'école aujourd'hui. Elle n'ira pas cette semaine", affirme en passant devant l'école une mère, refusant d'en dire plus.
D'autres parents semblaient plus rassurés comme Christophe, 41 ans, père d'une petite fille de trois ans: "C'est bien qu'ils aient nettoyé les écoles avant. Je ne suis pas plus inquiet que d'habitude. Malheureusement de l'air pollué, elle en respire tous les jours avec les gaz d'échappement".
Mais "on sent l'odeur à l'intérieur, je ne suis pas rassurée", confie une institutrice.

- "Droit de retrait" -

Dans la journée, la situation s'est envenimée dans certains établissements. Selon Claire-Marie Feret, du Snes-FSU (syndicat national des enseignants du second degré), "dans trois collèges (Fontenelle à Rouen, Fernand Léger à Petit Quevilly et Georges Braque à Rouen) les collègues ont fait usage de leur droit de retrait, trop incommodés et trop inquiets des odeurs persistantes, des vomissements". "Apparemment il y a des établissement où les élèves se sentaient mal", assure-t-elle.

Au collège Georges Braque, les cours ont été suspendus jusqu'à nouvel ordre. Une professeure d'histoire-géo a expliqué au micro de France Bleu Normandie Seine-Maritime qu'à 07h30 lundi une très forte odeur était présente dans le bâtiment et "certains d'entre nous ont eu des symptômes, nausées, céphalées, vertiges".

Le conservatoire de Rouen a indiqué à l'AFP avoir décidé de fermer à partir de 12h30 en raison aussi de nausées et vomissements.
Au collège Fernand Léger, à Petit-Quévilly, Pierre Louvart, représentant des parents d'élève FCPE, précise que "les professeurs ont exercé un droit de retrait parce que ça sentait trop mauvais dans l'établissement".

"J'ai pu moi-même le constater car je suis entré ce matin dans l'établissement. Il paraît que ça sent encore plus mauvais dans les étages", explique-t-il. Les enfants que les parents ne seront pas venus chercher peuvent rester dans l'établissement qui n'est pas fermé, a-t-il précisé.
"Ils ont raison de faire ça, ça sent trop mauvais dans l'établissement", a estimé un père venu chercher son fils.

"Depuis que je suis arrivée ce matin, j'ai mal au crâne, des nausées, des vertiges. J'ai vu d'autres de mes collègues avec les mêmes symptômes. La quasi totalité des professeurs a exercé son droit de retrait", a expliqué une enseignante de ce collège, qui n'a pas souhaité donner son nom ni sa matière.
L'un de ses collègues, présent lui aussi dans la cour de l'établissement, ne comprend pas cette décision.

"Là, ça ne sent pas. Il ne faut pas céder à la panique. Cette décision globale met en difficulté nombre de parents qui sont au boulot et dans l'impossibilité de revenir. 950 élèves. 80 professeurs. Selon ce que m'a dit le principal, la cour a été nettoyée samedi à l'eau mais pas les salles vu la taille de l'établissement", a-t-il fait valoir.
AFP

   

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