Crise politique :

Hong Kong: l'interdiction des masques contestée en justice avant une manifestation pour Halloween


Publié / Actualisé
Des militants pro-démocratie hongkongais contestent jeudi devant la justice l'interdiction du port du masque décrétée par les autorités pour en finir avec la contestation, au moment où Halloween devrait servir de prétexte à une nouvelle manifestation.
Des militants pro-démocratie hongkongais contestent jeudi devant la justice l'interdiction du port du masque décrétée par les autorités pour en finir avec la contestation, au moment où Halloween devrait servir de prétexte à une nouvelle manifestation.

L'ex-colonie britannique traverse depuis juin sa pire crise politique depuis sa rétrocession à Pékin en 1997 avec des manifestations et actions quasi quotidiennes pour dénoncer le recul des libertés et les ingérences grandissantes de la Chine dans les affaires de la région semi-autonome.

Sans chef ni porte-parole, cette mobilisation s'organise essentiellement sur les réseaux sociaux, et des appels ont été lancés sur les forums en ligne pour participer jeudi soir à une nouvelle manifestation, alors que la ville célèbrera Halloween.

Les manifestants ont depuis cinq mois pris l'habitude de défiler le visage masqué, notamment pour ne pas être reconnus et se prémunir de future poursuites judiciaires.

Or début octobre, la cheffe de l'exécutif hongkongais, Carrie Lam, qui est désignée par un comité acquis à Pékin, a décidé d'interdire le port de masque pour tenter de dissuader les manifestants de descendre dans les rues.

Loin d'être respectée, la mesure a mis le feu aux poudres en provoquant des manifestations encore plus violentes et des actes de vandalisme contre les entreprises accusées de faire le jeu de l'exécutif hongkongais et de Pékin.

- Fête annulée dans un parc -

La Haute cour de Hong Kong est saisie jeudi de deux recours contre cette interdiction. Le premier, formé par des étudiants, met en cause sa constitutionnalité. Mais le second, déposé par des députés de l'opposition parlementaire proche des manifestants, est beaucoup plus large.

Il dénonce la loi d'urgence que Mme Lam avait invoquée début octobre, qui date de 1922, une époque où Hong Kong était une colonie britannique, et dont les dispositions n'avaient plus été utilisées depuis les émeutes de 1967. "C'est un duel entre l'Etat de droit et l'autoritarisme", a déclaré jeudi aux journalistes le député Dennis Kwok.

La loi d'urgence autorise l'exécutif à prendre "n'importe quelle mesure", sans feu vert du corps législatif, dans l'éventualité d'une situation d'urgence ou d'un danger pour la population.

Le choix de l'invoquer avait été salué par Pékin et par les partisans du gouvernement. Mais l'opposition et les manifestants y voient les prémisses d'une dérive autoritaire. Mme Lam a de son côté assuré que cela ne signifiait pas que l'état d'urgence était déclaré.

Ce second recours avait été lancé dès l'annonce de l'interdiction de la loi, mais la Haute cour s'était alors refusée à l'examiner en urgence. Hasard du calendrier judiciaire, son audiencement sur deux jours coïncide avec la fête de Halloween, au cours de laquelle de nombreux Hongkongais sortiront masqués jeudi soir.

Les autorités ont indiqué au South China Morning Post que 3.000 policiers et les canons à eau seraient mobilisés pour l'occasion, prêts à intervenir en cas de troubles.

Ocean Park, un grand parc d'attraction du sud de l'Île de Hong Kong, a annulé cette année les célébrations de Halloween tandis que la station de métro de Central, proche d'une rue prisée des noctambules, fermera ses grilles en avance à 21H00.

Une source policière a indiqué au SCMP que les policiers ordonneraient aux fêtards "d'enlever leurs masques s'ils se mettent à scander des slogans".
La mobilisation était partie en juin du rejet d'un projet de loi qui devait permettre d'autoriser les extraditions vers la Chine.

Il a été abandonné mais les manifestants ont entretemps considérablement élargi leurs revendications pour exiger des réformes démocratiques mais aussi une enquête indépendante sur l'attitude de la police, qu'ils accusent de brutalité.

AFP

   

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