Etats-Unis :

Maison Blanche: Bloomberg menace Biden sur la voie centriste de la primaire démocrate


Publié / Actualisé
Le milliardaire Michael Bloomberg envisage de se lancer dans la présidentielle américaine, ouvrant la perspective d'un duel avec l'autre septuagénaire centriste Joe Biden pour décrocher l'investiture démocrate.
Le milliardaire Michael Bloomberg envisage de se lancer dans la présidentielle américaine, ouvrant la perspective d'un duel avec l'autre septuagénaire centriste Joe Biden pour décrocher l'investiture démocrate.

Lui aussi milliardaire et septuagénaire, Donald Trump a réagi vendredi avec dédain.

"Le petit Michael échouera", a-t-il assuré en référence à la taille du milliardaire, environ 1,70 mètre, tout en affirmant qu'il adorerait le défier dans les urnes.
"Je pense qu'il va en fait nuire à Biden", qui occupe le même créneau modéré, a auguré M. Trump.

Joe Biden était justement attendu en début d'après-midi à Concord, dans le New Hampshire, pour déposer officiellement sa candidature dans cet Etat qui organisera sa primaire dans trois mois, peu après le coup d'envoi très attendu dans l'Iowa, le 3 février.

M. Bloomberg, l'ancien maire de New York "est prêt à dépenser ce qu'il faudra pour battre Donald Trump" en novembre 2020, a indiqué vendredi le site politique Axios.

Huitième fortune du monde avec plus de 52 milliards de dollars, selon les chiffres actualisés du magazine Forbes, M. Bloomberg pourrait prendre sa décision "bientôt" et financerait seul sa campagne.

Les informations, d'abord révélées mercredi soir sur une candidature Bloomberg sont à prendre avec prudence, le milliardaire ayant déjà plusieurs fois par le passé laissé entendre qu'il pourrait viser la Maison Blanche, avant de renoncer.

Mais le fait même qu'elles circulent représente une mauvaise nouvelle pour le centriste Joe Biden.

M. Bloomberg, 77 ans, avait annoncé en mars qu'il renonçait à se présenter notamment pour ne pas saper les chances de l'ex-vice-président de Barack Obama, 76 ans. Son revirement apparaîtrait donc comme un signal clair qu'il doute sérieusement des chances de Joe Biden.

Entré en campagne en tête des sondages en avril, M. Biden reste en tête mais a vu son avance largement entamée par la sénatrice progressiste Elizabeth Warren.

Elle est suivie dans les sondages par le sénateur indépendant Bernie Sanders puis, en quatrième place, par le centriste Pete Buttigieg qui pourrait aussi voir ses chances perturbées par une entrée en lice de M. Bloomberg.

- "Plus aussi solide" -

C'est justement parce qu'il est inquiet de voir que la course à l'investiture démocrate pourrait mettre cap trop à gauche avec Warren et Sanders que Bloomberg (ré)envisagerait de se présenter.

"Il faut (...) nous assurer que Trump sera battu, mais Mike craint de plus en plus que le groupe actuel de candidats ne soit pas en bonne position pour y arriver", a indiqué Howard Wolfson, conseiller de M. Bloomberg.

D'après des médias américains, M. Bloomberg rassemblait donc des signatures pour déposer sa candidature à temps pour la date butoir de ce vendredi pour la primaire de l'Alabama, qui ne sera organisée que le 3 mars mais figure parmi les premiers Etats à clore les dossiers.

"La candidature de M. Biden n'est plus aussi solide qu'au début et si M. Bloomberg s'attire le soutien des centristes du parti démocrate, cela sera un fort signal pour M. Biden que le parti ne pense pas non plus qu'il est le bon candidat", analyse Jason Mollica, professeur en communication à l'American University.

Mais si à première vue une candidature centriste de M. Bloomberg semble bien vouée à "nuire à Biden plus qu'aux autres", "les électeurs ne rentrent pas toujours nettement dans des catégories idéologiques" et ne se rangeront donc pas forcément derrière le milliardaire, souligne Kyle Kondik, politologue à l'université de Virginie.

M. Bloomberg "doit démontrer qu'il peut véritablement s'attirer assez de soutien pour nuire à Biden, ou à tout autre", ajoute-t-il.

Maire de New York pendant 12 ans, Michael Bloomberg a fait fortune grâce à l'agence d'informations financières qui porte son nom.

Très actif dans la lutte contre le changement climatique, il a dépensé des millions pour soutenir des candidats démocrates lors d'élections locales.

Mais alors qu'il s'est par le passé revendiqué indépendant et républicain, ce modéré pourrait avoir du mal à rallier les suffrages des électeurs progressistes.
Elizabeth Warren a d'ailleurs accueilli son arrivée dans la course en le renvoyant sur sa "calculatrice pour les milliardaires", qui évalue combien les grandes fortune paieraient d'impôts sous sa présidence.

 AFP

   

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