Europe :

Brexit et moins d'impôts : les conservateurs veulent convaincre à une semaine des élections


Publié / Actualisé
A une semaine des législatives au Royaume-Uni, les conservateurs de Boris Johnson ont promis jeudi de tourner la page du Brexit mais aussi de baisser les impôts et durcir les règles d'immigration dès leurs 100 premiers jours au pouvoir en cas de victoire.
A une semaine des législatives au Royaume-Uni, les conservateurs de Boris Johnson ont promis jeudi de tourner la page du Brexit mais aussi de baisser les impôts et durcir les règles d'immigration dès leurs 100 premiers jours au pouvoir en cas de victoire.

Le Premier ministre a convoqué les élections du 12 décembre pour sortir le pays de l'impasse politique qui a suivi le référendum du Brexit il y trois ans et demi. S'il est en tête des sondages, le succès de son pari reste incertain, même s'il a bénéficié jeudi du ralliement de députés européens ayant fait défection du Parti du Brexit europhobe.

"Dans tout juste sept jours, le peuple britannique devra choisir entre une majorité gouvernementale qui fonctionne ou encore un Parlement sans majorité bloqué", a plaidé Boris Johnson dans un communiqué.

Dans la course aux législatives du 12 décembre, le chef de gouvernement a fait de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne l'axe principal de sa campagne. Il s'est une nouvelle fois engagé à le réaliser sans faute le 31 janvier, date à laquelle il est désormais prévu après trois reports depuis son vote par 52% des Britanniques lors du référendum de 2016.

"S'il y a une majorité conservatrice la semaine prochaine, nous aurons mis le Brexit en oeuvre d'ici à la fin janvier. 2020 sera alors l'année où nous mettrons enfin derrière nous les querelles et incertitudes liées au Brexit", a-t-il promis.

- "Familles qui travaillent dur" -

En cas de victoire, Boris Johnson présentera "avant Noël" au Parlement l'accord de divorce négocié avec l'Union européenne, qui n'avait pu faire consensus au Parlement avant sa dissolution. Le gouvernement prévoit également de présenter son programme législatif lors du discours de la reine Elizabeth II devant le Parlement le 19 décembre.

Dans une tentative supplémentaire de séduire les électeurs et de traduire dans les urnes l'avance donnée par les sondages, le chef de gouvernement a promis de réduire les impôts pour "les familles qui travaillent dur", dans le premier budget post-Brexit qui sera présenté en février.

Durant ses 100 premiers jours au pouvoir, le gouvernement conservateur aura aussi légiféré d'ici au 22 mars prochain pour financer davantage les écoles et le service public de santé, introduire un nouveau système d'immigration à points ou encore durcir les auteurs d'infractions terroristes, ont détaillé les "tories".

- Défections au Parti du Brexit -

Ces promesses de changement ont été moquées par le Parti travailliste, jusqu'ici principale formation d'opposition, qui mène une campagne très à gauche en promettant nationalisations et investissements dans les services publics. "Les tories ont été au pouvoir 3.494 jours et durant ce temps-là, nous avons vu augmenter le nombre d'enfants vivant dans la pauvreté, celui des sans-abri, le recours aux banques alimentaires, de même que les infractions violentes", a commenté le député sortant Andrew Gwynne dans un communiqué, dénonçant près d'une décennie d'austérité sous les conservateurs.

Très critiqué pour son indécision sur le Brexit, le chef du Labour, Jeremy Corbyn, a promis de négocier un nouvel accord avec Bruxelles et de le soumettre à un référendum, affirmant qu'il resterait "neutre" dans cette campagne. Dans un coup de pouce supplémentaire à Boris Johnson, quatre députés européens du Parti du Brexit ont annoncé avoir quitté la formation europhobe emmenée par Nigel Farage, qui s'est dit "déçu", pour soutenir les conservateurs.

Ce parti, qui prône une coupure plus nette avec l'UE que celle prévue dans l'accord de divorce, menace d'éparpiller les votes anti-Brexit dans des circonscriptions travaillistes favorables au Brexit, malgré son renoncement à présenter des candidats dans plus de 300 circonscriptions conservatrices.

Parmi les députés ayant changé de camp figure Annunziata Rees-Mogg, la soeur du ministre Jacob Rees-Mogg, un ardent supporter du Brexit. "Nous avons besoin d'un gouvernement qui soutienne le +leave+ avec force pour réaliser le Brexit pour lequel ont voté 17,4 millions de gens", a-t-elle commenté dans un communiqué. "L'accord de Boris est la seule option pour partir que nous ayons", a-t-elle précisé ultérieurement lors d'une conférence de presse.

AFP

   

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