L'île aux parfums a évité le pire (actualisé) :

Après avoir transité à l'Est de Mayotte, le cyclone Belna atterrit sur Madagascar


Publié / Actualisé
Malgré de grosses pluies et de fortes rafales de vents, Mayotte a évité le pire. cyclone Belna a légèrement dévié sa trajectoire dans la nuit du dimanche 8 décembre au lundi 9 décembre 2019. L'oeil du météore est passé à 100 km de l'île aux parfums. Les prévisions précédentes faisaient passer le coeur du système à 20 ou 30 km des côtes mahoraises. À 4 heures ce lundi Belna se trouvait à 160 km à l'est-sud-est de Mayotte. Il continue de s'éloigner vers le sud à la vitesse de 11 km/h. En vigueur depuis lundi à 16 heures, l'alerte rouge a été levée à 23 heures. Il n'y a pas encore de bilan des dégâts. Belna menace maintenant Madagascar et notamment la ville de Mahajanga dans le nord-ouest de la Grande île
Malgré de grosses pluies et de fortes rafales de vents, Mayotte a évité le pire. cyclone Belna a légèrement dévié sa trajectoire dans la nuit du dimanche 8 décembre au lundi 9 décembre 2019. L'oeil du météore est passé à 100 km de l'île aux parfums. Les prévisions précédentes faisaient passer le coeur du système à 20 ou 30 km des côtes mahoraises. À 4 heures ce lundi Belna se trouvait à 160 km à l'est-sud-est de Mayotte. Il continue de s'éloigner vers le sud à la vitesse de 11 km/h. En vigueur depuis lundi à 16 heures, l'alerte rouge a été levée à 23 heures. Il n'y a pas encore de bilan des dégâts. Belna menace maintenant Madagascar et notamment la ville de Mahajanga dans le nord-ouest de la Grande île

La plus grande prudence a été recommandée aux habitants par le préfet Jean-François Colombet malgré la levée de l'obligation de confinement

L'heure est désormais à l'évaluation des dégâts. Il risque d'être élevé dans une île où l'habitat insalubre est important. Construites à flanc de colline avec des matériaux de récupération et de la terre battue, ces habitations de fortunes sont occupées par des étrangers en situation irrégulière. Les secours, notamment ceux en provenance de La Réunion, sont d'ores et déjà à pied d'oeuvre.

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Belna atterrit maintenant Madagascar et notamment le nord-ouest de la Grande île

24 heures après avoir transité à l'Est immédiat de Mayotte, Belna atterrit entre Le Cap St-André et Mahajanga au stade de cyclone tropical, informe Météo France.

Ce lundi Belna a poursuivi depuis sa route en direction du littoral nord-ouest de Madagascar, sa trajectoire s'infléchissant plus sud-ouest. Son centre devrait toucher terre en première partie de nuit prochaine entre le Cap Saint-André et la localité de Soalala, dans une zone peu habitée. Le météore s'affaiblira ensuite assez rapidement tout en poursuivant sa course au voisinage de la côte ouest de la Grande Ile, apportant des pluies sur toute cette zone actuellement très sèche.

- Gros vents -

Peu habituée au passage des cyclones, Mayotte avait craint le pire dès la fin de la semaine dernière, lorsque la trajectoire de Belna a commencé à être menaçante pour l'île aux parfums. Des rafales de vent de 200 km/h étaient alors enregistrées par les satellites à 40 km seulement des côtes de l'île aux parfums.

L'espoir de voir le métérore épargner les terres a pris naissance dimanche. Il s'est confirmé au fil des heures. Le cyclone a finalement commencer à plonger vers le sud, ce qui l'a écarté légèrement de Mayotte. Le coeur du phénomène est passé à 100 kilomètres de l'île.

La forte tempête Belna "potentiellement très dangereuse pour Mayotte"

L'archipel voisin des Comores et l'île de Madagascar ont été de leur côté placés en alerte cyclonique respectivement orange et jaune, alors que le cyclone pourrait frapper les deux pays lundi, ont annoncé les autorités.

- Distribution d'eau coupée -

Interrogé par l'AFP dimanche soir, le préfet de Mayotte, Jean-François Colombet, a précisé que "10.000 à 15.000 personnes (étaient) hébergées dans la totalité des centres de mise à l'abri" et que "globalement les gens respect(aient) l'interdiction de circuler", en vigueur depuis 16H00.

"Les mesures de confinement sont effectives, soyez TRES prudents", avait tweeté à 16H00 Jean-François Colombet, alors que les services de l'Etat appelaient les habitants à se mettre à l'abri et "ne sortir en aucun cas". Le préfet Colombet avait décidé dans la matinée de "mettre à l'abri toutes les populations qui sont exposées".

Les forces de l'ordre et les services municipaux ont aussitôt commencé à contacter les Mahorais pour les convaincre d'évacuer les zones les plus menacées. "On a tous peur parce qu'on ne sait pas, c'est une catastrophe naturelle, on ne sait pas si ça va durer, j'ai un petit garçon comme vous pouvez le voir, donc il ne faut pas rester chez nous comme ça, il faut venir vers la sécurité", expliquait à l'AFP Wasiati Abdallah, une jeune femme rencontrée au collège de Boueni M'titi.

La préfecture a par ailleurs décidé dimanche matin la fermeture de l'aéroport, tandis que les barges qui relient par la mer la Grande et la Petite Terre ont cessé de faire la navette.

Les habitants ont été invités à faire des réserves d'eau, dont la distribution a été coupée à l'heure du déclenchement de l'alerte rouge "pour préserver (le) réseau de distribution pour les jours à venir", précise la préfecture dans un communiqué.

- Un phénomène "exceptionnel" -

A M'tsamboro, une commune du nord-ouest où s'était rendu le président français Emmanuel Macron lors de sa visite fin octobre, des bâches ont été simplement disposées sur le sol d'un centre de logement d'urgence par la mairie, a constaté un correspondant de l'AFP. Certains évacués avaient apporté leurs matelas. Du mobilier avait en revanche été prélevé dans les écoles maternelles pour faire dormir les bébés.

Sur la chaîne Mayotte La 1ère, un maire a également rapporté que les habitants des zones les plus exposées qui refusaient de rejoindre les refuges publics avaient été encouragés à chercher un abri chez des proches habitant plus loin de la côte.

Dans cette même zone, des résidents étrangers ont fait état d'une rumeur selon laquelle leur statut de clandestins risquait de leur valoir une expulsion s'ils rejoignaient les abris prévus.

Dans cet archipel de 374 km2, devenu département français en 2011, 48% des 256.000 habitants sont des étrangers selon l'Insee, dont 95% de Comoriens. Ces derniers sont nombreux à tenter la traversée à partir de l'île comorienne d'Anjouan, à 70 km de là.

Nombre de Mahorais gardent le souvenir de Kamissi, le dernier cyclone passé à Mayotte, en avril 1984. A l'époque, l'habitat était majoritairement bâti en matière végétale. Il y avait eu un mort et d'importants dégâts matériels.

Le phénomène Belna est "exceptionnel pour Mayotte", selon le préfet: "Depuis 50 ans, ce sera la 3e fois que Mayotte passera aussi près des effets d'un cyclone".

www.ipreunion.com avec l'AFP

   

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