Mobilisation :

Statu quo dans le conflit des retraites, en attendant la rentrée lundi


Publié / Actualisé
La grève contre la réforme des retraites est entrée jeudi dans sa 29e journée, un record pour un blocage en continu des transports depuis plus de 30 ans, mais le dialogue de sourds entre exécutif et syndicats semble bien installé.
La grève contre la réforme des retraites est entrée jeudi dans sa 29e journée, un record pour un blocage en continu des transports depuis plus de 30 ans, mais le dialogue de sourds entre exécutif et syndicats semble bien installé.

La trêve de facto des fêtes de fin d'année s'est traduite par une amélioration des transports jeudi, avec seulement une ligne de métro totalement fermée (la 7 bis) à Paris et un TGV sur 2 en moyenne. Pour les retours du weekend, la SNCF prévoit de faire circuler deux TGV sur 3.

Environ 200 manifestants, parmi lesquels des cheminots et des fonctionnaires territoriaux, étaient rassemblés jeudi devant la raffinerie de Donges (Loire-Atlantique), où court un appel à la grève de la CGT et FO pour trois jours. Les expéditions sont bloquées. Avant la journée interprofessionnelle d'actions jeudi 9 janvier, le conflit pourrait rebondir lundi.

Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez a appelé mercredi "tous les Français à se mobiliser, à aller aux manifestations et à se mettre en grève".
Plusieurs professions libérales et surtout les avocats ont prévu des actions à partir de lundi et, dans le secteur pétrolier, la CGT Chimie a appelé à un durcissement du mouvement à partir de mardi, avec des blocages des raffineries, terminaux pétroliers et dépôts pendant quatre jours.
Thierry Defresne, délégué syndical central chez Total, a même évoqué un éventuel arrêt de production, en fonction de l'ampleur de la mobilisation du 9 janvier.

La secrétaire d'État à l'Économie, Agnès Pannier-Runacher, a condamné jeudi ce type de mobilisation. "C'est illégal, le blocage des raffineries. C'est pas le droit de manifester, c'est pas le droit de grève", a-t-elle affirmé sur BFMTV. "Aujourd'hui il est légitime que les Français aient accès à l'essence, c'est une pression qui n'est pas acceptable".

- Pénibilité et âge pivot -

Dans ce contexte, les concertations doivent reprendre mardi entre les syndicats et le gouvernement, prié par Emmanuel Macron lors de ses v?ux aux Français de trouver un "compromis rapide". Il s'agira essentiellement de chercher des portes de sortie avec les syndicats réformistes CFDT, CFTC et Unsa. Or, le président n'a fait aucune mention mardi de "l'âge pivot", que le numéro 1 de la CFDT, Laurent Berger, a érigé en "ligne rouge".

Depuis la prise de parole d'Emmanuel Macron, il s'est d'ailleurs contenté d'un tweet de v?ux, appelant "à plus de solidarité, de fraternité, de justice sociale et d'écologie" que l'année dernière et se disant convaincu que "les militants CFDT prendront leur part dans les nombreux combats qui nous attendent". La CFDT n'a pas appelé dans l'immédiat à participer à la journée du 9 janvier.

Sans prononcer le terme - dont on sait depuis le 3 octobre qu'il ne l'"adore pas, parce que ça donne le sentiment que le travail c'est pénible" -, Emmanuel Macron a tendu une perche sur la question de la pénibilité. La réforme "prendra en compte les tâches difficiles, pour permettre à ceux qui les exercent de partir plus tôt", a-t-il rappelé.

Créé par la réforme des retraites de 2013, le compte pénibilité incluait à l'origine dix critères, dont le port de charges lourdes, les postures pénibles, les vibrations mécaniques et les agents chimiques dangereux, mais ces quatre items ont été retirés fin 2017 et le gouvernement n'a pas paru prêt à les réintroduire à ce stade. Au grand dam des syndicats réformistes qui comptent profiter de la concertation pour gagner des points sur cette question.

"Quand vous avez des carrières longues, vous avez déjà un âge de départ qui est différent. La pénibilité doit être prise en compte", a soutenu jeudi la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne sur LCI.

Elle a néanmoins justifié la mise en place progressive d'un âge pivot, en revenant sur la question de l'équilibre financier du système. L'âge légal de départ restera 62 ans mais en dessous de 64 ans (en 2027), il ne sera plus possible de bénéficier d'une retraite à taux plein. "Le système doit être à l'équilibre. Après on est ouvert à des propositions syndicales", a-t-elle assuré. Le calendrier est serré, puisque la réforme des retraites doit être présentée en conseil des ministres le 22 janvier.

AFP

   

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