Coronavirus :

Gouvernement et partenaires sociaux réfléchissent aux mesures à prendre


Publié / Actualisé
Le gouvernement et les partenaires sociaux font "le point" vendredi sur le coronavirus et les mesures à prendre dans les entreprises, à un moment où la maladie s'accélère en France, avec 38 cas recensés.
Le gouvernement et les partenaires sociaux font "le point" vendredi sur le coronavirus et les mesures à prendre dans les entreprises, à un moment où la maladie s'accélère en France, avec 38 cas recensés.

Alors que 2.000 élèves n'ont pas repris l'école et que le personnel hospitalier sur le pont évoque un risque "de rupture", une réunion avec les ministres Muriel Pénicaud (Travail), Olivier Véran (Santé) et Bruno Le Maire (Économie) se tient depuis la fin de la matinée au ministère du Travail. Moins touchée que l'Italie voisine, la France a vu le bilan s'accélérer jeudi, avec un total de 38 cas confirmés annoncé jeudi soir contre 18 la veille.

Ce chiffre pourrait "évoluer" dans les prochaines heures, a averti le ministère de la Santé, tandis qu'Emmanuel Macron a invité à "affronter au mieux" l'"épidémie qui arrive".
Avant la réunion, Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, a déclaré sur France Inter que si les salariés revenus de vacances de zones à risques "ne sont pas obligés de le déclarer" car "il y a une liberté", "il faudrait le faire". "Ils ont le droit d'être arrêtés" et d'être "indemnisés par la Sécu, et éventuellement travailler en télétravail", a-t-il ajouté. "Il y a un impact économique mais la priorité, c'est la santé des employés", a ajouté le patron des patrons. Interrogé sur la chute de la Bourse, il a relativisé: "ce qui compte, c'est la croissance sous-jacente, pas le coté éphémère de la Bourse".

De son côté, le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer a annoncé qu'"autour de 2.000 élèves" n'avaient pas repris l'école et restaient actuellement chez eux car ils sont rentrés d'une zone touchée par le coronavirus.

- "Risques de désorganisation" -

Seulement un tiers de la France est retournée à l'école après les vacances de février - l'Ile-de-France et l'Occitanie - donc "bien entendu ce chiffre va augmenter la semaine prochaine quand un deuxième tiers va revenir de vacances et quand on aura fait les nouvelles évaluations de l'évolution de la maladie", a poursuivi le ministre sur Europe 1.
M. Blanquer a aussi assuré qu'un dispositif d'enseignement à distance pourrait être déployé à grande échelle si nécessaire, "de la grande section de maternelle jusqu'à la Terminale".

Interrogé sur une éventuelle fermeture des écoles, le ministre a insisté sur le nécessaire "discernement". "On ne précipite pas les choses", "nous en sommes à un stade où la bonne mesure est de demander aux gens de rester chez eux", a-t-il dit.

Dans l'Oise, au collège Jean-de-La-Fontaine de Crépy-en-Valois où enseignait le professeur décédé des suites de l'infection due au coronavirus, les cours reprendront jeudi et non lundi, a de son côté annoncé le rectorat.

Se pose aussi la question du paiement des jours de congé pour les parents qui doivent garder leurs enfants à la maison. "Ça a été prévu avec les caisses d'assurance maladie", a répondu M. Blanquer Sur le pont depuis plusieurs semaines, le personnel médical s'est également inquiété. Christophe Prudhomme, président de l'Association des médecins urgentistes (Amuf) a ainsi souligné vendredi qu'"avec un système sous tension, la moindre surchauffe risque d'entraîner une rupture".

"Oui, les hôpitaux sont prêts mais on va fonctionner en mode dégradé. On va tirer sur la corde et il va falloir s'organiser en renforçant les réanimations. On les renforce comment? Avec des heures supplémentaires parce qu'on ne s'improvise pas infirmière de réanimation du jour au lendemain", a-t-il ajouté sur Sud Radio. "Quand on a un attentat, pas de problème, on se mobilise pendant 48 heures (?) mais là, la mobilisation, on va l'avoir pendant plusieurs semaines !"

Dans un communiqué, le collectif inter-urgence, à l'origine d'une grève de plusieurs mois, ainsi que les internes de l'Isni sont allés dans le même sens, soulignant que chaque épidémie était "un test pour le système de santé". Et "l'épidémie débutante de coronavirus n'échappera pas à cette règle": "elle aussi propagera ses risques de désorganisation, de dysfonctionnements, de dommages collatéraux sur tout le territoire".

AFP

   

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