Coronavirus :

Plus de 1.000 morts en France et des soignants à bout


Publié / Actualisé
La circulation du coronavirus s'accélère en France, avec plus de 1.000 morts depuis le début de l'épidémie et un personnel soignant plus que jamais sous tension, auquel le président compte rendre hommage lors d'un déplacement dans l'Est.
La circulation du coronavirus s'accélère en France, avec plus de 1.000 morts depuis le début de l'épidémie et un personnel soignant plus que jamais sous tension, auquel le président compte rendre hommage lors d'un déplacement dans l'Est.

Le président souhaite "rendre hommage au personnel soignant" et "témoigner sa solidarité envers la région Grand Est", qui affronte une situation sanitaire devenue critique comme en témoigne la décision inédite d'évacuer 20 patients à bord d'un TGV médicalisé. Objectif : désengorger les hôpitaux du Grand Est, proches de la rupture devant l'afflux croissant de patients, et transférer des malades vers des régions moins touchées par l'épidémie.

La situation est également critique en Ile-de-France, a souligné Martin Hirsch sur franceinfo, alors que les hôpitaux de l'AP-HP ont dépassé le seuil de 1.600 malades hospitalisés. C'est un moment "charnière", celui où toutes les actions "comptent pour ne pas se casser la gueule", estime le patron du plus grand groupe hospitalier français. Selon le bilan des autorités sanitaires mardi soir, 1.100 décès ont été enregistrés à l'hôpital et 2.516 patients étaient mardi soir en réanimation (+434) sur un total de 10.176 patients hospitalisés.

Un bilan officiel inférieur à la réalité puisque les décès en milieu hospitalier "ne représentent qu'une faible part de la mortalité" dans le pays, a relevé le Pr Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, évoquant la situation dans les Ehpad où un "suivi quotidien de la mortalité" va être instauré.

- Désarroi dans les Ehpad -

Le bilan est particulièrement cruel dans les maisons de retraite avec déjà 16 décès dans un établissement de Saint-Dizier (Haute-Marne), sept dans un Ehpad en Haute-Savoie, 20 dans un autre dans les Vosges."En Ile-de-France, sur les 700 Ehpad, on sait qu'il y en a 100 à 150 qui pourraient être déjà touchés par le Covid-19", a estimé Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France sur franceinfo. "Le premier rideau, ce sont les soignants, c'est eux qui font face à cette épidémie et au désarroi des patients et de leurs proches. Car le lien est coupé, il n'y a plus de visites".

Alors que le président a placé les médecins et chercheurs en première ligne de la "guerre" contre l'épidémie, le comité scientifique préconise désormais la prolongation sur une durée totale de six semaines - jusqu'au 28 avril - du confinement. Il ne s'agit encore que d'une "estimation parmi d'autres", a commenté le ministre de la Santé, Olivier Véran, même si le gouvernement se rallie généralement aux préconisations du comité. "Quand la circulation du virus sera contrôlée, alors la levée du confinement pourra être abordée. S'il est possible de le lever plus tôt, nous le ferons évidemment", a-t-il ajouté.

"Beaucoup de nos concitoyens aimeraient retrouver le temps d'avant, (...) mais il n'est pas pour demain", avait prévenu lundi soir Édouard Philippe en annonçant un durcissement des mesures de confinement: "Sortir pour promener ses enfants ou faire du sport, c'est dans un rayon de 1 km de chez soi, maximum pour une heure, tout seul et une fois par jour", a précisé le chef du gouvernement.

- Nouveau formulaire -

Pour sortir de chez eux, les Français doivent utiliser un nouveau formulaire d'attestation de déplacement à partir de mercredi, avec l'obligation d'indiquer l'heure du déplacement. Des dizaines de milliers d'infractions ont été constatées et les sanctions ont été durcies pour ceux ne respectant pas ces consignes. Les 135 euros d'amende forfaitaire passent à 1.500 euros en cas de récidive "dans les 15 jours" et pourront monter jusqu'à "3.700 euros d'amende et six mois de prison".

Le syndicat Unsa Police a toutefois appelé les policiers à ne pas effectuer de contrôles sur le respect des règles de confinement, pour protéger les agents. Dans une cité de l'Oise, une policière de 23 ans a été grièvement blessée à la tête mardi par un jet de projectile lors d'un contrôle de cette nature. Alors que peu d'experts se risquent à pronostiquer la date du "pic", un essai clinique européen a démarré dimanche dans au moins sept pays pour tester quatre traitements expérimentaux.

A ce stade, la chloroquine, l'un des traitements testés qui fait débat, pourra être administrée aux malades souffrant de "formes graves" du coronavirus, mais pas pour des formes "moins sévères". Le professeur Raoult, dont les préconisations pour un traitement à la chloroquine des malades du Covid-19 font polémique, a annoncé mardi se mettre en retrait du conseil scientifique accompagnant l'exécutif, assurant privilégier un lien "direct" notamment avec Emmanuel Macron.

Le président a installé mardi un nouveau Comité d'analyse, recherche et expertise (Care), qui réunit 12 chercheurs et médecins, pour conseiller le gouvernement sur les traitements et les tests contre le coronavirus.

AFP

   

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