Coronavirus :

"Les 15 premiers jours d'avril seront encore plus difficiles", prévient Philippe


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Le Premier ministre Edouard Philippe a prévenu samedi que "les 15 premiers jours d'avril seront encore plus difficiles que les 15 jours qui viennent de s'écouler", alors que le bilan français de l'épidémie de coronavirus faisait un nouveau bond.
Le Premier ministre Edouard Philippe a prévenu samedi que "les 15 premiers jours d'avril seront encore plus difficiles que les 15 jours qui viennent de s'écouler", alors que le bilan français de l'épidémie de coronavirus faisait un nouveau bond.

"Le combat ne fait que commencer", a souligné le chef du gouvernement lors d'un point de presse conjoint avec le ministre de la Santé Olivier Véran, lors duquel ils ont fait part des nouveaux efforts contre le Covid-19, qui a tué 319 personnes de plus à l'hôpital ces dernières 24 heures, et 2.314 depuis le début de la crise en France.

Le chef du gouvernement et son ministre, qui avaient annoncé vouloir faire oeuvre de transparence quant à l'effort de l'Etat, ont annoncé que la France avait commandé "plus d'un milliard de masques" notamment en Chine, que le nombre de lits en réanimation allait passer à 14.000 lits, contre 5.000 au début de la crise, et que la capacité de tester la population allait être multipliée jusqu'à atteindre 80.000 tests par jour fin avril. "La France est armée et elle n'est pas seule", a assuré le Premier ministre.

M. Véran a également indiqué qu'il allait demander aux maisons de retraites et autres Ehpad "d'aller vers un isolement individuel" pour chacun de leurs pensionnaires afin de mieux les protéger. "Je veux vous dire les choses avec clarté et franchise: le combat ne fait que commencer, les 15 premiers jours d'avril seront encore plus difficiles que les 15 jours qui viennent de s'écouler", a déclaré M. Philippe, dans un registre plus solennel et impavide que jamais.

"Le découragement ne fait pas partie de ma gamme d'émotions", a-t-il ajouté plus tard, en réponse au journaliste qui lui demandait s'il était affecté par la méfiance des Français quant à la gestion de la crise, mesurée par les sondages. Le Premier ministre a préféré se féliciter d'"un effort collectif", "d'abord celui des soignants, admirables, courageux, engagés", "mais aussi l'effort remarquable de ceux qui, en deuxième ligne, assurent la continuité de la vie de la nation", comme les forces de l'ordre, les pompiers ou encore les employés de la grande distribution.

Cartes et courbes de l'épidémie à l'appui, Edouard Philippe a rappelé les deux grands axes de la stratégie du gouvernement: "augmenter notre capacité d'accueil dans les services de réanimation" et "aplatir la courbe" de propagation du virus et de cas graves avec le confinement à domicile. "Je ne laisserai personne dire qu'il y a eu du retard sur la prise de décision du confinement" à partir du 17 mars, et qui a été prolongé jusqu'au 15 avril, a affirmé le chef du gouvernement, rappelant le côté "inédit depuis plus d'un siècle" de cette "épidémie mondiale".

"Au moment où on a pris cette décision de confinement, il y avait moins de 8.000 cas sur le territoire national et moins de 200 morts de la maladie. Chacun pourra apprécier les moments où les gouvernements (étrangers) ont pris cette décision. Mais je ne laisserai personne dire qu'il y a eu du retard sur la prise de décision s'agissant du confinement", a-t-il insisté.

Face aux critiques en provenance de l'opposition et d'une partie du corps médical, le Premier ministre a lancé: "Le moment venu, nous tirerons ensemble les leçons de la crise. Je ne suis pas de ceux qui se défaussent face à leurs responsabilités. Certains pensent savoir parfaitement ce qu'il faudrait faire et n'hésitent pas à formuler des critiques a posteriori. Je leur laisse ce luxe".

"Je comprends parfaitement, la colère, la détresse, le désarroi des professionnels de santé qui attendent du matériel de protection et qui ne le voient pas arriver", a néanmoins souligné Olivier Véran. Déplorant la "part sombre" qui peut ressurgir lors d'une crise aussi dramatique, le Premier ministre a enfin fustigé "ces mots scandaleux d'un certain nombre de gens qui s'inquiètent de la présence sur le palier à côté de chez eux ou en-dessous de chez eux d'infirmières, d'aides-soignants ou de médecins parce qu'ils seraient exposés plus que d'autres au virus".

AFP

   

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