Visite présidentielle en Bretagne :

Macron sur le terrain, le gouvernement au rapport sur le déconfinement


Publié / Actualisé
Visite d'une exploitation agricole et d'un supermarché au programme: Emmanuel Macron se rend en Bretagne mercredi au coeur d'une filière alimentaire en "deuxième ligne" face au virus, tandis que les ministres rendent leur copie sur le déconfinement.
Visite d'une exploitation agricole et d'un supermarché au programme: Emmanuel Macron se rend en Bretagne mercredi au coeur d'une filière alimentaire en "deuxième ligne" face au virus, tandis que les ministres rendent leur copie sur le déconfinement.

Retour sur le terrain, dans le Finistère: le chef de l'Etat est attendu à 15h30 au Groupement agricole d'exploitation en commun (GAEC) de Roué, dans la commune de Cléder avant d'échanger "avec les professionnels sur la mobilisation du monde agricole pour garantir la continuité de la production", selon l'agenda communiqué par l'Elysée.

Puis, à 17h00, il se déplacera au magasin Super U de Saint-Pol-de-Léon pour une "présentation du partenariat engagé avec les producteurs locaux". Il rencontrera ensuite "des salariés de la chaîne et des volontaires assurant la distribution alimentaire".

Depuis le début de la crise, l'exécutif insiste sur le fait que la France est préservée de la pénurie grâce à la richesse de sa production agricole et agroalimentaire, une filière en "deuxième ligne" dans la "guerre" contre le coronavirus.

M. Macron prendra la route de la Bretagne après un conseil des ministres, occasion d'un premier tour de table sur les mesures à prendre en vue du déconfinement annoncé pour le 11 mai. Les différents ministres concernés doivent remettre à Matignon une première mouture de leurs plans sectoriels, qui seront intégrés d'ici la fin du mois dans un projet global aux allures de casse-tête pour l'éducation, les transports ou les entreprises.

- Confiance dans le gouvernement en baisse -

Des dispositifs à l'étude alors que la confiance des Français dans le gouvernement face à la crise du coronavirus repart à la baisse (-10, moins d'un Français sur deux) après une embellie consécutive à l'annonce du déconfinement progressif, selon un sondage Harris Interactive.

Sous le feu des projecteurs, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a détaillé mardi ses pistes en vue d'une reprise progressive de l'école à partir du 11 mai, sans toutefois lever les inquiétudes des syndicats d'enseignants. Ce retour à l'école, attendu avec impatience par nombre de parents depuis le début du confinement mi-mars, sera étalé sur trois semaines par niveaux de classe, avec des groupes de 15 élèves au maximum.

Mais des questions demeurent. "On est dans l'attente de précisions", a commenté mercredi sur BFMTV Bruno Bobkiewicz. Le secrétaire général du Syndicat national des personnels de direction de l'éducation nationale (SNPDEN) se demande ainsi s'il y aura des "récréations" ou encore des "sens de circulation dans les couloirs".

Il y a un territoire en France où une partie des élèves a déjà repris le chemin de l'école: la Nouvelle-Calédonie, avec des effectifs réduits de moitié, des règles d'hygiène et des consignes de distanciation, a constaté l'AFP. Seuls les scolaires de la province sud (47.000 environ), où se situe la capitale Nouméa et 75% de la population, sont concernés par cette rentrée, suite au déconfinement progressif en vigueur depuis lundi dans l'archipel français du Pacifique sud.

Plus globalement, le contexte sanitaire reste toujours aussi incertain. Le bilan de l'épidémie reste ainsi élevé avec 20.796 morts en France, dont 531 enregistrés en 24 heures. Et, selon des estimations de l'Institut Pasteur, seuls 6% des Français auront été infectés par le coronavirus le 11 mai. C'est selon les spécialistes un niveau très insuffisant pour éviter une deuxième vague épidémique si toutes les mesures étaient intégralement levées après cette date.

"Pour nous, le 11 mai est une date politique", a insisté Gilles Pialoux, chef du service de maladies infectieuses et tropicales à l'hôpital Tenon (Paris), sur BFMTV. Il craint une "deuxième vague" voire des "vagues successives". Et envisage même la possibilité que la France vive avec le virus "peut-être jusqu'à la fin de l'année".

Gilles Pialoux a au passage taclé Didier Raoult en assurant qu'"aucune modélisation ne permet de dire que le virus" est une maladie saisonnière qui pourrait disparaître d'ici un mois dans les pays tempérés, comme l'a affirmé le controversé médecin marseillais.

- Plus de 10 millions de salariés au chômage partiel -

La crise sanitaire a également des conséquences économiques inédites. Plus de 10 millions de salariés, soit plus d'un salarié du privé sur deux, sont concernés par le chômage partiel, un chiffre "considérable", a annoncé mercredi la ministre du Travail Muriel Pénicaud.

Par ailleurs, la somme des prêts garantis par l'Etat accordés aux entreprises pour faire face à leurs problèmes de trésorerie approche les 40 milliards d'euros. Enfin, l'épidémie a justifié environ 3,2 millions d'arrêts de travail, pour les personnes malades ou "vulnérables", mais surtout pour celles devant garder leurs enfants durant le confinement, selon l'Assurance maladie.

AFP

   

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