Attention aux regroupements :

Coronavirus: vigilance pour un long week-end déconfiné


Publié / Actualisé
A l'occasion du long week-end ensoleillé de l'Ascension de nombreux Français ont pris la route jeudi, goûtant pour certains aux joies de la plage, des regroupements qui suscitent toujours la crainte d'une reprise de l'épidémie de coronavirus.
A l'occasion du long week-end ensoleillé de l'Ascension de nombreux Français ont pris la route jeudi, goûtant pour certains aux joies de la plage, des regroupements qui suscitent toujours la crainte d'une reprise de l'épidémie de coronavirus.

"Il fait beau dehors, on sait que c'est très compliqué et la tentation est forte après des semaines de confinement", a reconnu Olivier Véran, qui constatait déjà mercredi une "accélération" des "regroupements" à la veille du "pont" de l'Ascension.

Le ministre de la Santé a souligné qu'il était "trop tôt pour tirer des conclusions" sanitaires de la levée partielle du confinement de la population, le 11 mai, même s'il n'y a pas pour l'heure de signes d'une "re-croissance" de la circulation du coronavirus, qui a fait au moins 28.132 morts en France. "On ne voit pas de deuxième vague arriver", a confirmé jeudi Patrick Pelloux, président de l'Association des médecins urgentistes, sur France 2. Mais "ça ne veut pas dire que l'épidémie est arrêtée", a-t-il lui aussi averti.

Les contrôles routiers étaient nombreux pour faire respecter la limite de déplacement de 100 kilomètres autour du domicile. Et visiblement beaucoup avaient hâte de partir: la circulation était dense jeudi matin sur l'autoroute A6 au départ de Paris.

Cinq communes du Morbihan et une du Finistère ont demandé la fermeture de leurs plages, rouvertes le week-end dernier, après avoir constaté le non respect des règles de distanciation.

- Brutal et intense -

Ailleurs plages ou plans d'eau continuent à rouvrir, notamment en Méditerranée, le plus souvent en "mode dynamique" : pas question de s'asseoir ou faire des châteaux de sable, encore moins de s'allonger pour bronzer. En Occitanie, des dizaines de lacs et plans d'eau, notamment dans le massif pyrénéen, ont été rouverts au public pour la promenade, la pêche et quelques activités nautiques. Baignade et pique-nique restent interdits, comme les groupes de plus de 10 personnes.

Il existe toutefois des exceptions: à la Grande-Motte, il est possible de bronzer, à condition d'avoir réservé à l'avance son emplacement, délimité par des cordes. Idem à Leucate, où il est possible de s'étendre sur la plage pendant deux heures, avec une distance de cinq mètres entre chaque groupe. "On souhaitait expérimenter un système permettant le bain de soleil en toute sécurité, sur 400 mètres de plage", explique le maire Michel Py.

En Martinique, les plages de 12 des 24 communes du littoral ont également rouvert au public jeudi, après celles de plusieurs municipalités de Guadeloupe la veille.

Le parc d'attraction vendéen Le Puy du Fou a annoncé pour sa part une réouverture le 11 juin, affirmant avoir été informé d'une décision du président de la République de rouvrir les sites touristiques et parcs à thème en zone verte le 2 juin.

Le gouvernement a promis 18 milliards d'euros pour aider le secteur du tourisme, fortement impacté par le confinement et la crise sanitaire, comme le secteur des transports. Le constructeur automobile Renault doit dévoiler le 29 mai les contours d'un vaste plan d'économies de deux milliards d'euros, et finaliser un prêt bancaire d'environ cinq milliards d'euros garanti par l'Etat.

Selon le Canard Enchaîné, pour faire face à l'effondrement des ventes, le constructeur au losange envisagerait d'arrêter définitivement quatre sites en France, dont celui de Flins (Yvelines). Le Premier ministre Edouard Philippe a assuré que le gouvernement présenterait la semaine prochaine un plan pour le secteur automobile. Et qu'il serait "intransigeant sur la préservation des sites (en) France".

Côté rail, le PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou a appelé les pouvoirs publics à élaborer un plan de relance pour le ferroviaire, qui donnerait de l'air aux finances du groupe public, elles aussi mises à mal par l'interdiction des déplacements.

Autre dossier chaud, les municipales, sur lesquelles Edouard Philippe devrait envoyer son rapport au Parlement entre vendredi et samedi, après un avis très prudent de son Conseil scientifique. Une possibilité serait d'organiser le second tour en juin, très probablement le 28, l'autre de le repousser jusqu'à la date butoir de janvier 2021.

- Lacunes -

Un autre secteur dont la crise a été soulignée par l'épidémie est le système de santé français. La Commission européenne a pointé les "lacunes" de la France dans la préparation à ce type d'événement.

Olivier Véran, qui doit lancer lundi une grande consultation des acteurs du secteur, a promis "des mesures d'ampleur" et "dans une certaine mesure radicales", affichant l'ambition d'aboutir mi-juillet.

Au menu: des hausses de salaires pour les soignants mais aussi des réorganisations et un allègement du "carcan qui empêche ceux qui le souhaitent de travailler davantage" -- en clair un assouplissement des 35 heures. "Nous n'avons été ni assez vite ni assez fort", a assuré le ministre alors que l'hôpital public avait été secoué pendant des mois avant l'épidémie par des mouvements de grogne touchant tous les corps de métiers du haut en bas de la hiérarchie.

AFP

   

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