Remaniement avant lundi :

Castex et Macron veulent former le nouveau gouvernement "au plus vite"


Publié / Actualisé
Le nouveau Premier ministre Jean Castex entend, avec Emmanuel Macron, former "au plus vite" un gouvernement pour appliquer un plan de relance face à la crise économique et sociale, avant la présidentielle de 2022.
Le nouveau Premier ministre Jean Castex entend, avec Emmanuel Macron, former "au plus vite" un gouvernement pour appliquer un plan de relance face à la crise économique et sociale, avant la présidentielle de 2022.

"La philosophie de ce gouvernement c'est l'opérationnalité, c'est-à-dire, il faut agir, travailler vite, dans un contexte de crise", a déclaré vendredi soir sur TF1 le haut fonctionnaire jusqu'ici inconnu du grand public qui fut secrétaire général adjoint de l'Elysée sous Nicolas Sarkozy et qui vient de quitter les Républicains.

L'ancien "Monsieur déconfinement" a dit vouloir faire "tout pour" former son gouvernement avant lundi avec le chef de l'Etat, et faire sa déclaration de politique générale "en milieu de semaine prochaine" au parlement dont les travaux sont pour l'heure suspendus à la nouvelle équipe gouvernementale.

Ce remaniement s'annonce "de grande ampleur", selon l'entourage d'Emmanuel Macron qui a dit qu'il y aurait "de nouveaux talents" et "des personnalités venues d'horizons différents".

Le choix comme chef du gouvernement d'un profil "techno", élu local à Prades (Pyrénées-Orientales) et haut fonctionnaire, donne les mains libres au chef de l'Etat, après trois ans d'entente cordiale avec Edouard Philippe qui prenait un poids croissant dans la stratégie gouvernementale et dans l'opinion. Et alors qu'apparaissaient des dissensions de plus en plus marquées, notamment pour la réforme des retraites. "Je ne suis pas ici pour chercher la lumière, je suis ici pour chercher des résultats", a assuré le nouveau Premier ministre.

Alors que se profile une rentrée "très dure" sur les fronts économique et social, Jean Castex sera chargé d'appliquer le "nouveau chemin" voulu par le chef de l'Etat, avec une priorité à la politique de santé, au grand âge et à un plan pour la jeunesse, et la remise en chantier de la réforme des retraites.

La méthode Castex ? "ouvrir des concertations (...) avec la Nation, avec les partenaires sociaux, dans les territoires, avec tous les acteurs pour associer le plus possible à la recherche de solutions" et élaborer un "nouveau pacte social".

"Quand on est en crise, il faut continuer à soutenir l'économie, mais il faut faire des choix judicieux, des choix orientés, c'est-à-dire des choix qui permettent de reconstruire, de gagner en souveraineté économique, d'avoir une France plus économe du point de vue du respect de l'environnement, donc à la fois des mesures d'urgence et des mesures structurelles: c'est l'axe du plan de relance que nous préparons", a-t-il expliqué.

- L'Ecologie "plus une option" -

Après les municipales marquées par une forte poussée des Verts, il a affirmé que l'écologie n'était "plus une option". Emmanuel Macron "recrute ses collègues de l'ancien monde", a taclé vendredi soir le chef d'EELV Julien Bayou, excluant de nouveau toute entrée d'EELV au gouvernement. "Notre objectif c'est de remplacer (Emmanuel Macron) et non pas lui servir de béquille". "On a un homme de droite remplacé par un homme plus à droite encore", a fustigé Olivier Faure (PS) samedi.

"A l'issue des municipales la France est à droite, donc le président de la République a choisi un Premier ministre de droite", estime pour sa part Franck Louvrier, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy.

A droite, LR, qui perd un nouveau transfuge après Edouard Philippe, Bruno Le Maire ou encore Gérald Darmanin, veut surtout voir en Jean Castex un choix "technocratique", selon le chef des Républicains Christian Jacob. "Vous vous tromperiez en pensant qu'Emmanuel Macron a fait le choix d'un homme de droite. Il a fait le choix de quelqu'un qui ne peut pas lui faire d'ombre dans le duo de l'exécutif", a estimé samedi le député LR Julien Aubert.

Le vice-président de LR Gilles Platret met en garde contre les futures tentatives de recrutement gouvernemental, appelant à dire "non. Celui du courage de s'effacer pour ne pas se renier".

Edouard Philippe, qui retrouve dès dimanche la mairie du Havre, a lui accepté "d'aider le président" à "consolider la majorité", fragilisée par la perte de la majorité absolue à l'Assemblée, des contestations internes et un fiasco aux élections municipales pour LREM.

AFP

   

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