Le dispositif s'arrête le 10 juillet :

Isolement des voyageurs : la communauté médicale veut garder la septaine pendant les vacances


Publié / Actualisé
Le 10 juillet approche, date butoir puisqu'elle symbolise la levée de l'état d'urgence et des restrictions pour les voyages en Outre-mer. Mais la communauté médicale redoute un redoublement des cas importés, venant de zones où le virus circule plus activement qu'à La Réunion. Cette semaine, 5 nouveaux cas autochtones ont par ailleurs été confirmés par les autorités. Dans ce contexte, les professionnels de santé ont fait part de leur inquiétude à l'Agence régionale de santé et à la préfecture au cours d'une réunion mercredi dernier. Un courrier a aussi été envoyé au ministère des Outre-mer le 22 juin. Le maintien de la période d'isolement pour les voyageurs au-delà du 10 juillet est, selon eux, une nécessité pour éviter une deuxième vague. (Photo rb/www.ipreunion.com)
Le 10 juillet approche, date butoir puisqu'elle symbolise la levée de l'état d'urgence et des restrictions pour les voyages en Outre-mer. Mais la communauté médicale redoute un redoublement des cas importés, venant de zones où le virus circule plus activement qu'à La Réunion. Cette semaine, 5 nouveaux cas autochtones ont par ailleurs été confirmés par les autorités. Dans ce contexte, les professionnels de santé ont fait part de leur inquiétude à l'Agence régionale de santé et à la préfecture au cours d'une réunion mercredi dernier. Un courrier a aussi été envoyé au ministère des Outre-mer le 22 juin. Le maintien de la période d'isolement pour les voyageurs au-delà du 10 juillet est, selon eux, une nécessité pour éviter une deuxième vague. (Photo rb/www.ipreunion.com)

Depuis le 22 juin dernier, il est de nouveau autorisé de voyager de la Métropole vers La Réunion sans motif impérieux. Un assouplissement des restrictions de vol auquel les compagnies aériennes ont répondu en rétablissant progressivement leur activité. Les vols commerciaux ont également été rétablis entre Mayotte et La Réunion le 24 juin dernier, mais uniquement pour les voyageurs disposant d’un motif impérieux. Air Austral opère à ce jour un seul vol par semaine dans le sens Mayotte-Réunion et 4 vols par semaine dans l'autre sens.

Au départ de la Métropole comme de Mayotte, les passagers doivent être testés dans les 72 heures précédant le vol, et ne sont pas autorisés à embarquer en cas de résultat positif. En cas de test négatif, ils doivent tout de même observer une septaine après leur arrivée. Une période d’isolation qui ne sera plus obligatoire à partir du 10 juillet.

- "La liberté, c'est aussi des responsabilités" -

La levée de la période d'isolement le 10 juillet inquiète fortement les professionnels de santé de La Réunion, alors que 5 cas autochtones ont été confirmés sur l'île cette semaine. “Comme Mayotte est un endroit où il y a une circulation importante, il doit y avoir des tests avant de partir. C’est ce qui a été proposé par le gouvernement et la communauté médicale”, indique Alain Domercq, président du Conseil Inter Régional de l'Ordre des médecins, évoquant un courrier envoyé au ministère des Outre-mer, dès le 22 juin.

Christine Kowalczyk, présidente de l'Union Régionale des Médecins Libéraux de l'océan Indien abonde en son sens. Pour elle, la reprise des liaisons commerciales sans quatorzaine ou septaine mettra en péril la situation sanitaire de La Réunion.

“On ne peut pas mettre les gens sous cloche pendant des années, mais mettre en place des vols commerciaux depuis une île où l’épidémie n’est pas du tout endiguée, c’est un problème. La liberté, c’est aussi des responsabilités”, dit-elle. “ Il doit y avoir un isolement obligatoire avec une évaluation.”

- "Pas d’information officielle sur l’après 10 juillet" -

Pour ces professionnels de santé, entendus par la préfecture et l’Agence régionale de santé ce mercredi, le maintien de l’accueil sanitaire à l’aéroport est une nécessité. “Alors forcément ça coûte de l’argent, on en a bien conscience. Mais la situation dans laquelle on pourrait être si l’épidémie se développait à La Réunion, notamment si des clusters apparaissaient et devenaient nombreux, coûterait encore plus cher”, explique Alain Domercq. “On a réussi à garder une Réunion très peu touchée, avec un respect énorme du confinement. Des mesures exceptionnelles sont nécessaires et vont au-delà des contraintes financières.”

Le risque d’une deuxième vague pour La Réunion est réel, selon la communauté médicale. Une inquiétude à laquelle se joint France Assos Santé. “Ce ne sont pas les évacuations sanitaires que l’on craint, ce sont les rapatriements privés. On préfère que la septaine soit maintenue. Il ne faut surtout pas baisser la vigilance”, dit Éric Lioni, trésorier de l’organisation de défense des patients dans l’océan Indien.

Dans leur courrier au gouvernement, les professionnels de santé partagent la même crainte. Ils y affirment que “des rapatriements sanitaires, parfois avec des accompagnants, réalisés par des compagnies d’assurance en provenance de Madagascar arrivent actuellement sur l’île avec un cadrage sanitaire inexistant ou inadapté”.

D’où la préoccupation grandissante quant à l’après 10 juillet, sur lequel ils n’ont à ce jour “pas d’information officielle”. "On attend des décisions prises au niveau national."

- La Réunion, un territoire fragile - 

N'oublions pas que l’île présente des caractéristiques économiques et sociales qui rendraient particulièrement ardue la gestion d’une circulation plus intense du virus. “Quand on vit dans une région fragile, il y a un devoir de prudence pour éviter que l'épidémie ne resurgisse. La Réunion est une île et qui plus est, très éloignée. Les épidémies sur ces territoires sont plus importantes et difficiles à maîtriser”, précise Alain Domercq.

Le docteur se réfère notamment à l’exemple de la région parisienne, où les départements fragiles comme l’Essonne et la Seine-Saint-Denis ont été plus touchés, et au cas des Etats-Unis, où la population afro-américaine a subi un plus lourd tribut que les communautés plus aisées. 

“Si on fait le dépistage, l’isolement et le tracing correctement, on arrivera à maintenir une situation stable. Il n’y a pas de raison de refermer les frontières, mais il ne faut pas qu’il y ait trop de cas. Sinon, on rentre dans une spirale difficile à maîtriser”, prévient-il.

À quelques jours de la fin de l’état d’urgence, et alors que débutent ce samedi les vacances d’hiver austral, la communauté médicale réitère ses propositions : un test dans les 72 heures avant le départ pour La Réunion, une période d’isolement obligatoire, et un nouveau test à son issue. 

aa / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

Pour aller plus loin

Lire aussi : Reprise des vols commerciaux : le virus, lui, ne part pas en vacances

Lire aussi : La reprise de la liaison entre Mayotte et La Réunion divise

Lire aussi : Reprise des vols commerciaux : le virus, lui, ne part pas en vacances

   

2 Commentaire(s)

Mayaqui, depuis son mobile, Posté
Grosse erreur de n avoir pas rendu le port du
Masque obligatoire dans la vie de tous les jours pendant ces périodes de doute ;
Éventuellement les visières assez longues pour ceux qui ont du mal , et s étouffent ...
7AC, Posté
Avec cette culture infernale du voyage, vous allez voir en septembre l'explosion de cas, ça va être catastrophique.
Déjà; constatez par vous même le peu de gens qui portent encore un masque dans les lieux publics...