Covid-19 :

En France, la menace d'une reprise incontrôlée de l'épidémie plane


Publié / Actualisé
En pleine période de vacances estivales et de l'insouciance qui l'accompagne, la France fait face à une augmentation de cas de COVID-19 et n'est pas à l'abri d'une reprise incontrôlée de l'épidémie, avertit le Conseil scientifique qui guide le gouvernement. Le nombre de cas a bondi de 54% (5592 au total) et la barre des 1000 nouveaux cas par jour a été franchie. Le nombre de patients atteints de la Covid-19 admis en réanimation est quant à lui reparti à la hausse, rompant avec la baisse continue observée depuis début avril
En pleine période de vacances estivales et de l'insouciance qui l'accompagne, la France fait face à une augmentation de cas de COVID-19 et n'est pas à l'abri d'une reprise incontrôlée de l'épidémie, avertit le Conseil scientifique qui guide le gouvernement. Le nombre de cas a bondi de 54% (5592 au total) et la barre des 1000 nouveaux cas par jour a été franchie. Le nombre de patients atteints de la Covid-19 admis en réanimation est quant à lui reparti à la hausse, rompant avec la baisse continue observée depuis début avril

Le message est clair: "le virus circule de façon plus active, avec une perte accentuée des mesures de distanciation et des mesures barrière". "L’équilibre est fragile et nous pouvons basculer à tout moment dans un scénario moins contrôlé comme en Espagne par exemple", poursuit mardi le Conseil, chargé de guider les pouvoirs publics dans la gestion de la crise.

Si le nombre de morts reste bien en-deçà de ce qu’on enregistrait au coeur de l’épidémie au printemps, d’autres chiffres poussent les autorités à tirer la sonnette d’alarme.

L’augmentation du nombre de cas d’abord: sur la semaine du 20 au 26 juillet il a bondi de 54% (5592 au total) et la barre des 1000 nouveaux cas par jour a été franchie. Le nombre de patients atteints de la Covid-19 admis en réanimation est quant à lui reparti à la hausse, rompant avec la baisse continue observée depuis début avril.

Selon la Direction générale de la santé, 384 malades sont dans un état grave, contre plus de 7000 au pic de l’épidémie.

Un retour de l’épidémie est-il inévitable? Pas sûr, répond le Conseil scientifique qui exhorte les Français à respecter les mesures barrière. "La France se trouve dans une situation contrôlée mais fragile", estime l’institution.

Un message relayé mardi par le président Emmanuel Macron en déplacement à Toulon, dans le sud-est.

- Masques en extérieur -

"Nous sommes encore en période de Covid-19 et donc il importe de continuer à respecter les gestes barrière, de porter le masque, de se laver régulièrement les mains au gel hydro-alcoolique, de faire attention ", a-t-il affirmé.

La veille, son Premier ministre Jean Castex avait relayé la même doctrine: "ne pas baisser la garde", pour éviter "un reconfinement généralisé", qui serait dévastateur pour l’économie, après deux mois quasiment à l’arrêt au printemps.

Face à une situation qui se dégrade, les autorités mettent aussi l’accent sur le port du masque. Obligatoire dans les lieux clos depuis le 20 juillet, il est désormais imposé en extérieur dans un nombre croissant de villes.

À Nice (sud-est), Lille (nord), bientôt à Toulouse (sud-ouest) ou encore dans les villes touristiques de Biarritz et Saint-Malo sur la côte ouest, il est impératif d’avoir un masque dans les quartiers les plus fréquentés.

- "Protéger les autres" -

"Je porte le masque pour ne pas me prendre une amende. Ce n’est pas plus mal, ça ne me dérange pas. C’est aussi pour protéger les autres parce que je suis peut-être porteur sain", explique Mathilde, 19 ans, malgré le soleil de plomb à Toulouse, où les récalcitrants risqueront dès mercredi une amende de 135 euros.

À Nice, des hauts-parleurs ont même été déployés pour faire des annonces afin d’interdire les attroupements et rappeler cette nouvelle obligation.

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a demandé mardi au préfet de police de le rendre également obligatoire dans les marchés de la capitale ainsi que sur les quais de Seine, très fréquentés en été.

Pour le conseil scientifique, il est "hautement probable qu’une seconde vague épidémique soit observée à l’automne ou l’hiver". Certains scientifiques appellent néanmoins à relativiser les chiffres actuels.

"La situation en France ne justifie aucunement de dire qu’il y a une aggravation", a récemment affirmé à l’AFP Yonathan Freund, professeur de médecine d’urgence à la Pitié-Salpêtrière à Paris.

"S’il y a 1000 cas par jour, c’est parce que le virus circule, et c’est normal. L’épidémie est maîtrisée, si jamais on se fait dépasser, on le saura très en avance", a poursuivi ce médecin, qui s’élève contre un excès "d’alarmisme", même si sa position est minoritaire.

Le nouveau coronavirus a déjà fait 30 294 morts en France.

AFP

   

1 Commentaire(s)

Missouk, Posté
Tout le monde fait à peu près n'importe quoi, plus de geste barrière, port du masque aléatoire,... Et quand on a vu nos politiques le soir du 2e Tour des municipales s'étreindre et s'embrasser à qui mieux mieux, comment voulez-vous que le quidam fasse des efforts, quand ceux qui sont sensés montrer l'exemple s'en fichent comme de l'an 40 ?