Tennis

Roland Garros: jauge réduite et forfait de la N°1 mondiale Ashleigh Barty

  • Publié le 8 septembre 2020 à 07:07
  • Actualisé le 8 septembre 2020 à 11:00

Coup dur pour Roland-Garros : la tenante du titre, la numéro un mondiale Ashleigh Barty, a déclaré forfait mardi par crainte du coronavirus, alors que le tournoi parisien - reprogrammé à l'automne en raison de l'épidémie - a dû baisser sa jauge de moitié.

"L'Open de France de l'an dernier a été le tournoi le plus spécial de ma carrière, et ce n'est pas une décision que j'ai prise à la légère", a justifié la joueuse australienne de 24 ans qui a déjà renoncé à l'US Open cette année, également à cause du coronavirus.

"Il y a deux raisons pour ma décision: la première ce sont les risques sanitaires qui existent encore à cause du Covid. La deuxième est ma préparation, qui n'a pas été idéale alors que mon coach n'a pas pu s'entraîner avec moi à cause de la fermeture des frontières en Australie", a-t-elle ajouté. S'il a revu ses ambitions à la baisse, le Grand Chelem parisien, reprogrammé du 27 septembre au 11 octobre en raison du Covid-19, accueillera tout de même jusqu'à 11.500 spectateurs par jour, au lieu des 20.000 qu'il espérait.

Depuis que le Premier ministre Jean Castex avait déclaré qu'il ne serait "plus possible à l'autorité préfectorale de déroger" à la jauge maximale de 5.000 personnes "dans les départements rouges, où il y a une forte circulation virale", notamment en Ile-de-France, on se demandait ce qu'il adviendrait de Roland-Garros. La règle serait-elle appliquée au pied de la lettre ou le tournoi bénéficierait-il d'un régime d'exception ?

La logique que défendaient les organisateurs de la levée française du Grand Chelem a été retenue: le complexe de 12 hectares dans l'ouest parisien va être "divisé" en "trois sous-espaces indépendants les uns des autres et autonomes du point de vue de l'accueil du public", a détaillé le directeur général de la Fédération française de tennis (FFT), Jean-François Vilotte. Ce qui permettra qu'un maximum de 11.500 spectateurs par jour y accèdent. Avec port du masque obligatoire même assis en tribunes.

- Trois secteurs "indépendants" -

Le premier secteur, autour du court Philippe-Chatrier, accueillera 5.000 spectateurs maximum et comprendra les courts annexes N.2, 3, 4, 5, 7 et 9. Le deuxième s'organisera autour du court Suzanne-Lenglen, avec une jauge limitée à 5.000 personnes également, et les terrains annexes du Fonds des Princes. La troisième se limitera au court Simonne-Mathieu, niché dans le jardin des serres d'Auteuil, avec 1.500 spectateurs maximum.

Vilotte n'exclut cependant pas de nouveaux ajustements si la situation sanitaire se dégradait. "Ces trois espaces distincts, indépendants et autonomes seront hermétiques du point de vue de la gestion des flux", insiste-t-il. Pas de public en revanche pendant les qualifications, ni de billets dédiés aux courts annexes.

Roland-Garros va contacter les détenteurs de billets pour leur exposer les nouvelles conditions et "leur proposer les aménagements qui s'imposent en fonction de leur volonté", précise Vilotte, avec remboursement le cas échéant. Au total, en quinze jours de compétition, moins de 150.000 spectateurs sont attendus. Autour d'un quart seulement des quelque 520.000 accueillis en 2019.

- "Fantasme" -

Economiquement, c'est loin d'être un détail pour la FFT et le tennis français, très largement irrigués par Roland-Garros. A hauteur de 80% en 2019 (255,4 M EUR sur un budget total de la FFT de 325 M EUR).

Concrètement, les produits du tournoi vont être divisés par deux, évalue son directeur Guy Forget, ce qui correspond à environ 140 millions d'euros.
Et les joueuses et joueurs dans tout ça ? "Pas de bulle" sanitaire à strictement parler, ont dit en choeur les organisateurs. Comme un écho aux atermoiements nés de l'autre côté de l'Atlantique, en plein US Open à huis clos et dont la prétendue bulle a vite éclaté. Mais l'obligation, "sans exception", de loger dans un des "deux hôtels à proximité de Roland-Garros réservés (...) en quasi-exclusivité".

"J'espérais loger dans mon appartement à Paris", a regretté l'Américaine Serena Williams qui a émis des inquiétudes quant à la présence de public. "Je prendrai la meilleure décision pour ma santé, a-t-elle affirmé. Il faudra que je parle avec les organisateurs pour savoir comment ça fonctionne avec le public et comment nous serons protégés. Mais je pense que ça ira".

Alizé Cornet, elle, estime que la présence d'un peu de public est "une bonne chose". Mais "il faudra vraiment faire en sorte que les joueurs et les joueuses se sentent en sécurité même avec les gens", a-t-elle prévenu.

Jean-François Vilotte a précisé: "Nous ne raisonnons pas comme dans un film de science-fiction, en termes de bulle sanitaire hermétique, c'est un fantasme (...) Il n'y a pas d'illusion d'un endroit magique où on serait protégé de tout". "Ce que nous mettons en place, c'est minimiser absolument les risques (...), défend-il. Mais le principe de responsabilité, c'est le respect par toutes et tous des gestes barrières, c'est le seul moyen de protéger sa santé et la santé des gens qu'on croise."

Justement pour en croiser moins, les joueurs n'auront accès au site du tournoi que leurs jours de match. Le reste du temps, ils seront cantonnés aux courts du club Jean-Bouin, situés à proximité immédiate de Roland-Garros.

AFP

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