L'humoriste Jean-Marie Bigard a été conspué :

Pour leur rentrée, quelques centaines de "gilets jaunes" rassemblés à Paris


Publié / Actualisé
Pour leur mobilisation de rentrée après une longue pause, quelques centaines de "gilets jaunes" étaient rassemblés samedi matin en différents points de la capitale et notamment place de la Bourse où l'humoriste Jean-Marie Bigard a été conspué par les manifestants.
Pour leur mobilisation de rentrée après une longue pause, quelques centaines de "gilets jaunes" étaient rassemblés samedi matin en différents points de la capitale et notamment place de la Bourse où l'humoriste Jean-Marie Bigard a été conspué par les manifestants.

Quelque 200 manifestants étaient déjà présents autour de 10H00 sur cette place du centre de Paris, pour un départ de cortège programmé à midi, a constaté une journaliste de l'AFP.

Arrivé peu après 10H00, l'humoriste Jean-Marie Bigard a été fraîchement accueilli par des huées "Bigard collabo!". Ce soutien médiatique des "gilets jaunes" s'est désolidarisé cette semaine d'une des figures du mouvement, Jérôme Rodrigues, qui avait assimilé les policiers à "une bande de nazis".

Chahuté, insulté, Jean-Marie Bigard s'est réfugié un moment dans un restaurant de la place expliquant qu'il s'agissait d'une "mauvaise interprétation". "Pendant un moment, les gens ont cru que je les lâchais ce qui est faux, c'est tout", a-t-il expliqué à la presse.

Une centaine d'autres personnes étaient réunies place Wagram, à l'ouest de la capitale, d'où doit partir une seconde manifestation à 13H00. "Le mouvement est mort, je le dis clairement, mais on est là car rien à perdre. C'est un peu un baroud d'honneur", a confié Michael, "gilet jaune" parisien de 43 ans.

"Ça fait quelques mois que le mouvement est en échec mais il ne sera jamais mort", estime au contraire Stéphane, 48 ans, venu du Val-de-Marne. "Plus les licenciements vont augmenter, plus ça va se réveiller", anticipe-t-il.

Né il y a presque deux ans, le 17 novembre 2018, le mouvement citoyen des "gilets jaunes", anti-élites et qui lutte pour davantage de justice fiscale et sociale, cherche son second souffle après une première année où il a agité la France, entre occupations de ronds-points et manifestations parfois violentes.

- Vitrines barricadées -

Sur les Champs-Elysées, où deux manifestations ont été interdites par la préfecture de police, un important dispositif policier était déployé pour procéder à des contrôles d'identité et des fouilles des sacs sur l'avenue et dans les rues adjacentes, bien en amont, a constaté l'AFP.

De nombreux commerçants ont également barricadé leurs vitrines, mais aucun rassemblement de "gilets jaunes" n'était observé en milieu de matinée. "Il ne peut pas y avoir de destructions, de chaos sur les Champs-Elysées", a prévenu le préfet de police Didier Lallement lors d'un point presse en haut de l'avenue en tout début de matinée. De source policière, 4.000 à 5.000 manifestants sont attendus à Paris, dont 1.000 personnes potentiellement violentes.

Déjà 81 personnes avaient été interpellées à 11H15 depuis le début de la journée, notamment car ils se trouvaient en possession d'objet qui "n'ont pas leur place dans une manifestation - tournevis, piolet, pince coupante, couteaux - a annoncé la préfecture de police sur Twitter.

Sans donner de chiffres globaux sur les effectifs mobilisés, le préfet a évoqué un dispositif "approprié", "important", avec notamment le déploiement de 160 motards des brigades de la répression de l'action violente (BRAV-M).

Didier Lallement a confirmé l'assistance, dès ce samedi, d'un "superviseur" pour chaque porteur de LBD afin d'aider "à la maîtrise et au bon usage" de cette arme, et le retrait des anciennes grenades à main de désencerclement (GMD) remplacées par un nouveau modèle, réputé moins dangereux, conformément aux annonces du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin vendredi.

D'autres rassemblements sont prévus tout au long de la journée dans des grandes villes de France (Marseille, Toulouse, Lyon, Lille, Nantes, Nice, Bordeaux ou Strasbourg...)A Toulouse (sud-ouest), qui a été un des bastions du mouvement dans le pays, la manifestation a été interdite par les autorités locales notamment en raison "des taux élevés de propagation de la Covid-19".

AFP

   

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