La défenseure des Droits s'est saisit des faits :

Évacuation de migrants: deux enquêtes à Paris visent des policiers pour "violences"


Publié / Actualisé
Le parquet de Paris a annoncé mardi avoir ouvert deux enquêtes relatives à des faits de "violences" dont sont soupçonnés des policiers sur un migrant et sur un journaliste lors de l'évacuation d'un campement de migrants dans la capitale.
Le parquet de Paris a annoncé mardi avoir ouvert deux enquêtes relatives à des faits de "violences" dont sont soupçonnés des policiers sur un migrant et sur un journaliste lors de l'évacuation d'un campement de migrants dans la capitale.

L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été chargée d'enquêter sur ces faits, révélés dans des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, qui se sont produits lundi soir en marge de l'opération menée par les forces de l'ordre sur la place de la République.

La première enquête concerne des faits qui se sont produits dans le quartier Beaubourg à Paris: un homme vêtu de blanc, encerclé par un groupe de policiers, parvient à s'enfuir avant de chuter lourdement lorsqu'un policier en uniforme tend sa jambe sur son passage. Il se relève rapidement pour repartir en courant.

La seconde enquête concerne des faits visibles dans une vidéo diffusée sur Twitter par le journaliste Nicolas Mayart (Le Média), qui montre un policier maintenant au sol Rémy Buisine, journaliste-phare du média en ligne "Brut", en brandissant sa matraque.

Selon le journaliste de Brut, qui a commenté ces images sur Twitter, c'est la "troisième fois" que le "même policier" s'en prenait à lui dans "la soirée". Brut a assuré mardi sur Twitter que son journaliste avait été "molesté à plusieurs reprises". "Ça a dérapé totalement", a estimé mardi matin Rémy Buisine sur Europe 1.

Plusieurs centaines de migrants, en errance depuis l'évacuation d'un important camp d'exilés la semaine dernière, ont monté lundi un nouveau campement dans le centre de Paris que les forces de l'ordre ont démantelé sans ménagement dans la soirée en faisant usage de gaz lacrymogène.

Très vite, des images de violences ont été relayées sur les réseaux sociaux. Des migrants sont sortis de leur tente par la force et des coups de matraque. Gérald Darmanin a annoncé mardi avoir demandé à l'IGPN (la "police des polices") de remettre "sous 48H00" les conclusions de son enquête administrative sur les violences constatées lors de cette évacuation.

Dans un tweet, le ministre de l'Intérieur s'était ému la veille sur Twitter d'"images choquantes" de ce démantèlement et avait demandé un "rapport circonstancié au préfet de police de Paris" Didier Lallement, qui lui avait proposé "la saisine de l'IGPN sur plusieurs faits inacceptables".

La défenseure des Droits Claire Hédon a annoncé à l'AFP qu'elle se saisissait de ces faits. Plusieurs associations, parmi lesquelles Médecins du monde et le Secours catholique, ont fait part de leur intention de saisir cette instance.

Selon le parquet de Paris, deux gardes à vue étaient par ailleurs en cours mardi pour des faits de violences sur personne dépositaire de l'autorité publique et outrage à personne dépositaire de l'autorité publique, lors de cette évacuation.

AFP

   

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