Football à la télé :

Droits TV en L1: Mediapro s'attaque à Canal+, le conflit perdure


Publié / Actualisé
La guerre des droits TV du football français reprend de plus belle: déjà en conflit avec la Ligue de football professionnel (LFP) sur le contrat de cette saison, le diffuseur principal de la Ligue 1, Mediapro, se retourne désormais vers Canal+, qu'il accuse de vouloir l'évincer du marché.
La guerre des droits TV du football français reprend de plus belle: déjà en conflit avec la Ligue de football professionnel (LFP) sur le contrat de cette saison, le diffuseur principal de la Ligue 1, Mediapro, se retourne désormais vers Canal+, qu'il accuse de vouloir l'évincer du marché.

Alors que tous les regards se braquaient ces derniers jours sur la chaîne cryptée, comme potentiel sauveur d'une L1 inquiète quant à ses revenus télévisuels, le dossier a pris une nouvelle tournure judiciaire.

Le groupe sino-espagnol Mediapro, détenteur de 80% des matches, a en effet déposé la semaine dernière une assignation auprès du tribunal de commerce de Paris pour demander à Canal+, détenteur des 20% restants, des dommages et intérêts, a-t-on appris de source ayant connaissance du dossier. Selon cette même source ayant requis l'anonymat, Mediapro accuse Canal d'"abus de position dominante" et de "pratiques abusives et déloyales".

Au coeur du conflit: l'appel d'offres pour les droits TV de la période 2020-2024, remporté par Mediapro pour un montant record (780 M EUR par saison payés par Mediapro pour la Ligue 1, sur un total d'1,153 milliard par saison). Ce montant avait fait grincer Canal+, la chaîne dirigée par Maxime Saada martelant que Mediapro avait surévalué la valeur de la Ligue 1.

- Conflit sur la distribution -

Le groupe catalan s'estime lésé par la position adoptée par Canal+ à ce sujet, ainsi que dans les négociations entamées pour tenter de sceller un accord de distribution avec la chaîne cryptée. Si des partenariats ont été actés avec les quatre principaux opérateurs (Free, Bouygues, Orange, SFR), Mediapro, nouveau venu sur le marché français, n'a en effet jamais trouvé d'accord pour la distribution de sa chaîne Téléfoot par les plateformes de Canal+.

Si des négociations ont été entamées, on estime du côté de Mediapro que Canal+ a proposé une offre inacceptable en termes d'exposition à sa base d'abonnés notamment. Du côté de la chaîne cryptée, qui n'a pas souhaité faire de commentaire jeudi, on a au contraire invoqué dès septembre une "inégalité de traitement" imposée par Mediapro à la chaîne du groupe Vivendi, celle-ci ayant imposé selon Canal+ "des conditions impossibles" et "irréalistes".

Résultat: la guerre fait rage entre les deux groupes, avec deux procédures contraires désormais car Canal+ avait déjà elle-même assigné Mediapro en justice fin septembre sur ce même dossier de la distribution de Téléfoot, auprès du tribunal de commerce de Nanterre.

La stratégie de Mediapro peut interroger, tant le diffuseur a maintes fois répété combien il avait besoin de la base d'abonnés de Canal pour tenter d'approcher à terme les 3,5 millions d'abonnés nécessaires à la rentabilisation de son contrat à 780 millions d'euros par an pour la L1.

Or fin octobre, le dirigeant du groupe Jaume Roures avait annoncé un chiffre de 600.000 abonnés pour sa chaîne Téléfoot, bien loin de ses objectifs de long terme.

- La conciliation incertaine -

"C'est un sacré pari. Cela ressemble quand même à une structure aux abois qui tente le tout pour le tout. Mais c'est surtout catastrophique pour les abonnés", s'est étonné auprès de l'AFP un habitué des instances.

Cela rend d'autant plus complexe le processus de conciliation actuellement en cours entre Mediapro et la Ligue, une procédure initiée par le groupe catalan depuis le 19 octobre dans le but de voir diminuer la facture de cette saison 2020-21 perturbée par la pandémie. L'objectif est désormais d'aboutir à une solution au plus vite, alors que le 5 décembre, date du prochain versement dû par Mediapro, approche.

Après avoir réglé son premier versement à la Ligue en août, Mediapro a en effet refusé de verser les 172 millions d'euros attendus en octobre, forçant la LFP à emprunter en urgence pour payer ses clubs inquiets.

Entre un groupe Mediapro toujours déterminé à conserver ses droits, une Ligue dans l'urgence pour financer ses clubs, et un groupe Canal+ disposé à préparer une offre au rabais en cas de dénoncement du contrat selon des sources proches du dossier, l'issue du conflit reste très incertaine...

AFP

   

1 Commentaire(s)

Allez allez le Covid délivrez nous du, Posté
Football professionnel le plus vite possible !Le foot est encore plus aliénant que la religion ! Alors encore un effort monsieur le virus chinois.......