[VIDEO - PHOTOS] Il était venu à La Réunion en 1976 (actualisé) :

L'ancien président Valéry Giscard d'Estaing est mort de la Covid-19


Publié / Actualisé
Le troisième président de la Ve République Valéry Giscard d'Estaing (1974-1981), qui modernisa dans les années 70 la vie politique avant de voir son mandat fracassé par la crise économique, est mort mercredi soir des suites de la Covid-19, entouré des siens dans sa propriété d'Authon dans le Loir-et-Cher, à l'âge de 94 ans. Il s'était rendu à La Réunion en visite officielle 1976. C'était alors la seconde fois qu'un Président de la République en exercice venait dans l'île. Le premier à l'avoir fait a été le général de Gaulle en 1959
Le troisième président de la Ve République Valéry Giscard d'Estaing (1974-1981), qui modernisa dans les années 70 la vie politique avant de voir son mandat fracassé par la crise économique, est mort mercredi soir des suites de la Covid-19, entouré des siens dans sa propriété d'Authon dans le Loir-et-Cher, à l'âge de 94 ans. Il s'était rendu à La Réunion en visite officielle 1976. C'était alors la seconde fois qu'un Président de la République en exercice venait dans l'île. Le premier à l'avoir fait a été le général de Gaulle en 1959

"Son état de santé s'était dégradé et il est décédé des suites du Covid-19", a indiqué sa famille dans un communiqué transmis à l'AFP, en précisant que ses obsèques se dérouleront "dans la plus stricte intimité familiale."

Hospitalisé à plusieurs reprises ces derniers mois pour des problèmes cardiaques, l'une de ses dernières apparitions publiques remontait au 30 septembre 2019, lors des obsèques à Paris de Jacques Chirac, qui fut à la fois son Premier ministre et son successeur indirect à la tête de l'Etat.

Figure de la vie politique française, incarnation du centre droit et tombeur du gaullisme, M. Giscard d'Estaing avait été élu à l'Elysée en mai 1974 à l'âge de 48 ans, alors le plus jeune président depuis Louis Napoléon-Bonaparte.

"Pour des générations entières, notamment pour ceux qui se sont engagés auprès de lui dans leur jeunesse, il a fait souffler un grand vent de modernité sur la société française et fait naître un immense espoir de dépassement et de rassemblement", a réagi auprès de l'AFP François Bayrou, qui fit avec lui ses premiers pas en politique et qui fut son successeur à la tête du parti UDF. "Il reste l'immense souvenir d'intelligence et rires partagés, en même temps qu'une grande nostalgie", a-t-il ajouté.

L'Assemblée et le Sénat, qui siégeaient au moment de la nouvelle, ont observé une minute de silence.

Deux de ses successeurs à l'Elysée lui ont également rendu hommage: Nicolas Sarkozy a salué "un homme qui a fait honneur à la France, un homme pour qui j'ai éprouvé de l'admiration et avec qui j'ai toujours eu plaisir à débattre", tandis que François Hollande a regretté que la France perde "un homme d'État qui a fait le choix de l'ouverture au monde", en voyant dans VGE un président "résolument européen" mais qui n'a "pas toujours été compris".

- Voyage officiel à La Réunion -

Le 20 octobre 1976, deux ans après son élection à la tête de l'Etat, Valéry Giscard d'Estaing arrive à La Réunion. LeRéunionnais Raymond Barre est Premier ministre. Le Président de la République a voyagé à bord du Concorde, à l'époque fleuron de l'aviation civile française. Il s’agissait du premier atterrissage de cet avion sur le sol réunionnais.

Le Journal de l’île de La Réunion faisait état de 70 000 spectateurs venus accueillir le président de la République à Gillot en titrant en Une de l’édition du 21 octobre 1976 : "Triomphe pour Giscard".

Regardez la vidéo de son arrivée à La Réunion

Lire aussi : 1976 - Valéry Giscard d'Estaing arrive en Concorde à La Réunion

Valéry Giscard d'Estaing, prononce un premier discours à Gillot avant de décoller en hélicoptère pour la préfecture en compagnie de son épouse Anne-Aymone Giscard d'Estaing. Au cours de sa visite, il se rendra également à Salazie et à Saint-Louis. Dans cette commune dirigée par le socialiste Christian Dambreville, il s'adresse aux jeunes pour dire son opposition à la revendication d'autonomie défendue par le parti communiste réunionnais de Paul Vergès.

"Il ne faut pas vous laisser endoctriner par des systèmes d'explications qui cherchent à simplifier les choses et à faire appel aux instincts de la démagogie et de la facilité" déclare Valéry Giscard d'Estaing rappelle le site de la1ere. "Les jeunes Français ont le droit de choisir et de juger eux-même leur avenir. Ils ont mieux à faire que de s'insérer dans un long cheminement de cortèges et de manifestations qui ne les conduira nulle part" avait-il ajouté.

Ce voyage officiel avait était l'occasion pour La Poste d'imprimer un timbre spécial

C'était alors la seconde fois qu'un Président de la République en exercice venait dans l'île. Le premier à l'avoir fait a été le général de Gaulle le 9 juillet 1959.

Dès l'anonce de son décès, les hommages ont afflué à La Réunion

- Européen convaincu -

Né à Coblence (Allemagne) en 1926, Valéry Giscard d'Estaing, pur produit de l'élite française, diplômé de Polytechnique et de l'ENA, s'est imposé dans le paysage politique dès les débuts de la Vè République en occupant différents postes ministériels à partir de 1962.

C'est pourtant en opposition au gaullisme qu'il parvient à conquérir l'Elysée en 1974, en s'imposant d'abord à droite face à Jacques Chaban-Delmas, héritier revendiqué du général de Gaulle, puis en battant sur le fil le candidat socialiste François Mitterrand.

Celui qui ambitionne de réunir "deux Français sur trois" derrière sa politique multiplie les réformes sociétales: abaissement de la majorité à 18 ans, légalisation de l'IVG ou création d'un secrétariat d'Etat à la Condition féminine, confié à la journaliste Françoise Giroud.

Giscard impose également un style nouveau, qui entend alléger la pompe présidentielle, au risque de nourrir les procès en démagogie lorsqu'il s'invite à dîner chez les Français ou joue de l'accordéon.

Lire aussi : Valéry Giscard d'Estaing, le jeune président qui voulait bousculer les codes

Mais c'est surtout la deuxième moitié de son septennat, plombée par la crise économique et sociale née des chocs pétroliers, et marquée par le soupçon des affaires - celle des "diamants de Bokassa" a entaché durablement son image - qui donne du souffle à ses contempteurs.

- "Au revoir !" -

Le 10 mai 1981, il échoue finalement à se faire réélire président de la République, en s'inclinant sèchement face à François Mitterrand. "Je n'avais jamais imaginé la défaite", confiera-t-il plus tard. Après son départ resté dans les mémoires - il lance un "au revoir" et laisse une chaise vide lors d'une ultime allocution télévisée - Valéry Giscard d'Estaing, alors seul ex-président en vie, traverse une profonde dépression. "Ce que je ressens, ce n'est pas de l'humiliation, mais quelque chose de plus sévère: la frustration de l'oeuvre inachevée", écrit-il en 2006 dans "Le pouvoir et la vie".

Regardez la vidéo de son "au revoir" aux Français

Il redevient malgré tout l'un des leaders de la droite en dirigeant à nouveau son parti, l'UDF. Mais, certain de la réélection de François Mitterrand, il ne concourt pas à la présidentielle de 1988. Sept ans plus tard, crédité de 2% dans les études d'opinion, il renonce à nouveau. Peu de temps avant sa mort, il se disait pourtant persuadé que, s'il s'était présenté, il aurait gagné contre Balladur et Chirac.

A partir de la deuxième moitié des années 90, Giscard et le giscardisme disparaissent peu à peu du paysage politique. L'ancien président de la France, européen convaincu, poursuit pourtant un ultime but: devenir président de l'Europe. En 2001, il prend la tête de la Convention pour l'Europe, chargée de rédiger une constitution européenne, qui sera rejetée par référendum (55% de non).

L'ex-chef de l'Etat était toutefois parvenu à devenir "immortel": en 2003, il s'était faire élire à l'Académie française.

www.ipreunion.com avec l'AFP

   

4 Commentaire(s)

Sa disparition permettra à la France de réaliser, Posté
quelques économies !N'oublions pas quand même que VGE est responsable de la création du regroupement familial qui a muté en immigration de peuplement !De plus n'oublions pas qu'il a initié la départementalisation de Mayotte Quelle belle idée on peut en voir le résultat
Mayaqui, depuis son mobile, Posté
Le président du modernisme, de l'IVG, de la majorité a 18 ans , et surtout de l'ouverture vers l'Europe ....qui fait que l'on se pose beaucoup de questions de nos jours.
Tipiman, Posté
94. Il est surtout mort de vieillesse. RIP.L'étiquette "Covid" bien trop souvent et facilement distribuée pour gonfler les chiffres de mortalité, hors toutes les statistiques sérieuses convergent vers une baisse drastique de mortalite pour cette vague. Le virus a muté et perdu beaucoup de sa virulence. Il s'apparente à présent à une grippe saisonnière. Mais il faut bien maintenir un haut degré d'anxiété parmi la population pour faire accepter toutes les saloperies de restrictions de liberté sociales et sanitaires possibles, y compris la vaccination OGM que l'on veut à tout prix nous refourguer n'est ce pas..
Joseph, depuis son mobile, Posté
Triste nouvelle à l'annonce de son décès. Un grand homme que la France a eu. Il amener le pays d'une main ferme et en sécurité. il y en a d'autres qui n'ont suivi cet exemple.
Mes condoléances les plus sincères a la famille et que son Ame reposé en paix !?