Anne-Marie Collomp craint pour la vie de son mari (actualisé à 18h50) :

Le père d'un autre otage français prend contact avec la belle-famille réunionnaise


Publié / Actualisé
Alors que la plus grande confusion règne sur le sort de Denis Allex, au Port, l'angoisse est à son comble pour la femme et la belle-famille réunionnaise de Francis Collomp, enlevé au Nigéria le mercredi 19 décembre 2012. "Nous avons peur qu'il soit exécuté", explique Gilda Marbois, belle soeur de l'ingénieur français. À ses côtés, épuisée, sa soeur, Anne-Marie Collomp veut, pour sa part, se raccrocher à l'espoir. "Lorsque le Quai d'Orsay m'a appelé hier soir, suite à l'annonce de l'intervention française au Mali, on m'a assuré que mon mari ne faisait pas partie du groupe d'otage se trouvant dans ce pays", indique-t-elle, en substance. Par ailleurs, en fin d'après-midi, ce samedi 12 janvier, Jean-Pierre Verdon, père de Philippe Verdon, retenu depuis 14 mois au Mali par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a pris contact avec Anne-Marie Collomp. Il lui a assuré son soutien (Photo - Le Port - Samedi 12 janvier 2013 - De gauche à droite, Gilda Marbois et Anne-Marie Collomp).
Alors que la plus grande confusion règne sur le sort de Denis Allex, au Port, l'angoisse est à son comble pour la femme et la belle-famille réunionnaise de Francis Collomp, enlevé au Nigéria le mercredi 19 décembre 2012. "Nous avons peur qu'il soit exécuté", explique Gilda Marbois, belle soeur de l'ingénieur français. À ses côtés, épuisée, sa soeur, Anne-Marie Collomp veut, pour sa part, se raccrocher à l'espoir. "Lorsque le Quai d'Orsay m'a appelé hier soir, suite à l'annonce de l'intervention française au Mali, on m'a assuré que mon mari ne faisait pas partie du groupe d'otage se trouvant dans ce pays", indique-t-elle, en substance. Par ailleurs, en fin d'après-midi, ce samedi 12 janvier, Jean-Pierre Verdon, père de Philippe Verdon, retenu depuis 14 mois au Mali par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a pris contact avec Anne-Marie Collomp. Il lui a assuré son soutien (Photo - Le Port - Samedi 12 janvier 2013 - De gauche à droite, Gilda Marbois et Anne-Marie Collomp).

Ce samedi après-midi, l’incertitude est de plus en plus grande sur le sort de Denis Allex, cet agent de la DGSE (service de renseignements français), enlevé le 14 juillet 2009 par des islamistes. Si selon le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, "tout donne à penser" que ce dernier aurait été exécuté par ses "geôliers", les ravisseurs affirment , pour leur part, qu'il est toujours vivant et qu’ils détiennent un soldat français blessé.

Au Port, la belle-famille réunionnaise de Francis Collomp, enlevé au Nigéria le 19 décembre 2012, est effondrée. Elle estime que cette situation est "invivable". "Nous pensons à ce que vit la famille de Denis Allex. On leur annonce qu’il est mort puis qu’il est vivant. C’est horrible", lâche Gilda Marbois, belle-soeur de l’ingénieur français.

À ses côtés, Anne-Marie Collomp, l’épouse de l’otage français au Nigéria, est épuisée. Angoissée, elle commençait à s’endormir quand la mort de Denis Allex a été annoncée. "Ma soeur a peur que son mari soit exécuté. Lorsqu’elle a entendu la nouvelle, elle s’est écriée : mais qu’est-ce qu'ils vont faire à Francis", commente Gilda Marbois.

Mais Anne-Marie Collomp veut se raccrocher à l’espoir. Selon elle, le Quai d’Orsay lui a assuré, lors d’un appel à 00 heures 30 ce samedi, qu’elle n’avait pas à craindre concernant la vie de son mari suite à l’annonce du soutien militaire de la France à l'armée malienne dans sa guerre contre les insurgés islamistes. "On m’a dit que mon mari n’était pas avec le groupe d’otages au Mali mais qu’il n’y avait pas d’informations sur sa localisation", explique-t-elle.

Pour sa part, Gilda Marbois est revenu sur la "maladresse du Quai d’Orsay" et déplore que Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, n’ait pas averti plus tôt les familles des Français captifs de l’intervention au Mali. Elle regrette également que François Hollande ait justifié cette intervention par la lutte contre le terrorisme et la défense d'un pays "ami", sans faire aucune référence aux otages français.

Elle a ensuite insisté sur les difficultés de sa soeur à se faire prendre en charge psychologiquement. Si Anne-Marie Collomp avait refusé un soutien psychologique, dans un premier temps, ses demandes d'aide sont ensuite restées vaines. "Un médecin mandaté par le Quai d’Orsay et spécialisé dans l’assistance des victimes de terrorisme a pris contact avec nous, il nous a dit un médecin de La Réunion allait  venir nous voir. Mais à ce jour, aucune suite n'a été donnée. J’ai dû moi même téléphoné à l’EPSMR (établissement public de santé mentale de La Réunion), je n'ai pas pu avoir de rendez-vous dans l'immédiat. On m'a dit que plusieurs médecins étaient en vacances et qu'on ne pouvait pas nous recevoir tout de suite. On m'a dit d'amener ma soeur sur place si elle n'allait vraiment pas bien. Rien de plus", poursuit Gilda Marbois.

"Je le dis, je le répète et je continuerai à le dire tant que cela sera le cas. Pour l’État français, nous sommes des français de seconde zone. Il y a d’un côté, la France de l’hexagone, et de l’autre, la France de l’outre-mer", déclare-t-elle. La belle-soeur de Francis Collomp note ensuite qu’elle ne demande pas de traitement de faveur mais veut "être traitée comme les autres Français".

Ces propos, qu’elle tient depuis le début, sont d’ailleurs à l’origine d’un communiqué du frère et des deux soeurs de l'ingénieur, résidant dans le sud-est de l'hexagone. Dans un communiqué transmis à l'AFP, ce mercredi 9 janvier, ces derniers ont demandé de la "discrétion" sur cette affaire et se sont dits "préoccupés par la médiatisation qui est faite de l'enlèvement de leur frère". "La famille de Francis a choisi d'adopter cette attitude, c'est son choix et nous le respectons", dit-elle, précisant n’avoir eu aucune nouvelle de ces derniers depuis ce communiqué.

À noter que pour ne pas sombrer dans l'oubli, Anne-Marie Collomp et sa famille multiplient les initiatives. Un collectif "pour la libération de Francis Collomp enlevé au Nigéria le 19 décembre 2012". Autour de cette revendication, il veut rassembler le plus grand nombre de personnes au delà des confessions religieuses, des clivages politiques et des appartenances  ethniques et a prévu de tenir une première grande action le dimanche 20 janvier, date qui marquant le premier mois de détention de l'otage français. Il prévoit également de "prendre contact et travailler en concertation, autant de fois que possible, avec les autres collectifs et associations demandant la libération d'autres otages français" mais aussi sensibiliser et informer sur la situation de l’otage français.

Une détermination à mettre en parallèle avec celle de certaines familles des captifs demandaient que François Hollande fasse intervenir les forces spéciales françaises "pour libérer les otages dans les camps où ils sont détenus". D'ailleurs, en fin d'après-midi ce samedi, Jean-Pierre Verdon, père de Philippe Verdon, retenu depuis 14 mois au Mali par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a pris contact avec Anne-Marie Collomp. Ce dernier l'a assuré de son soutien et a indiqué qu'il reprendrait contact avec elle.

Rappelons que le rapt de Francis Collomp a eu lieu le mercredi 19 décembre 2012, le jour de son anniversaire, à Rimi, à 25km de l’Etat de Katsina, dans le nord du pays

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Illustration : Kwa Films

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