Aqmi annonce la mort de Philippe Verdon, otage au Mali :

G. Marbois : "j'ai peur pour Francis Collomp"


Publié / Actualisé
Ce mardi 19 mars 2013 dans la soirée, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a annoncé l'exécution de Philippe Verdon, retenu en otage au Mali depuis novembre 2011. Une exécution "en réponse" à l'intervention de la France dans le nord de ce pays, a affirmé un homme présenté comme un porte-parole du groupe islamiste à l'Agence Nouakchott Information (ANI), une agence privée mauritanienne. L'information n'a pas été confirmée par le Quai d'Orsay. À La Réunion, l'angoisse est à son comble pour la belle-famille de Francis Collomp, enlevé au Nigéria le mercredi 19 décembre 2012. "Je ne trouve pas les mots pour exprimer ma peur pour mon beau-frère", confie, visiblement inquiète, Gilda Marbois, la belle-soeur de Francis Collomp. "Nous nous imaginons à la place de cette famille. Nous imaginons que ça peut être notre tour", ajoute-t-elle. Rappelons qu'en janvier dernier, Jean-Pierre Verdon, père de l'otage, avait pris contact avec Anne-Marie Collomp pour lui assurer de son soutien.
Ce mardi 19 mars 2013 dans la soirée, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a annoncé l'exécution de Philippe Verdon, retenu en otage au Mali depuis novembre 2011. Une exécution "en réponse" à l'intervention de la France dans le nord de ce pays, a affirmé un homme présenté comme un porte-parole du groupe islamiste à l'Agence Nouakchott Information (ANI), une agence privée mauritanienne. L'information n'a pas été confirmée par le Quai d'Orsay. À La Réunion, l'angoisse est à son comble pour la belle-famille de Francis Collomp, enlevé au Nigéria le mercredi 19 décembre 2012. "Je ne trouve pas les mots pour exprimer ma peur pour mon beau-frère", confie, visiblement inquiète, Gilda Marbois, la belle-soeur de Francis Collomp. "Nous nous imaginons à la place de cette famille. Nous imaginons que ça peut être notre tour", ajoute-t-elle. Rappelons qu'en janvier dernier, Jean-Pierre Verdon, père de l'otage, avait pris contact avec Anne-Marie Collomp pour lui assurer de son soutien.

C’est un homme présenté comme un porte-parole d'al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) qui a annoncé l’exécution de Philippe Verdon à l'Agence Nouakchott Information (ANI), une agence privée mauritanienne, rapporte Le Point. Retenu en otage dans le nord du Mali depuis novembre 2011, l’homme est qualifié d’espion par le groupe islamiste. Toujours selon Le Point, l’agence mauritanienne a cité un certain "Al-Qairawani", "qui a affirmé que Philippe Verdon a été exécuté le 10 mars en réponse à l'intervention de la France dans le nord du Mali". Ce dernier avait ensuite précisé que "le président français est responsable de la vie des autres otages français".

L’exécution n’a pas encore été confirmée par le Quai d’Orsay. "Nous vérifions, nous n'en savons pas plus pour le moment", a en effet déclaré Philippe Lalliot, porte-parole du ministère des affaires étrangères à l’AFP. Cité par Le Point, Jean-Pierre Verdon, le père de l’otage, avait, pour sa part, regretté hier mardi sur les ondes de RTL : "on ne nous dit rien, côté français on ne dit rien, les jihadistes ne parlent pas non plus, c'est-à-dire que nous sommes dans un brouillard total et c'est insupportable à vivre". A noter que Philippe Verdon a été marié à une Réunionnaise, avec qui il a eu deux enfants selon une information de Paris Match.

À La Réunion, l’annonce de l’exécution de Philippe Verdon ne fait qu’accroître la peur de la famille réunionnaise de Francis Collomp, retenu en otage depuis le 19 décembre dernier au Nigéria. "J’ai appris la nouvelle de l’exécution d’un otage français par ma collègue ce mercredi matin. J’ai frissonné quand j’ai su que c’était Philippe Verdon. Son père avait contacté ma sœur Anne-Marie en janvier dernier pour la réconforter et lui dire de garder confiance pour Francis", explique Gilda Marbois, belle-sœur de l’ingénieur français. Cette dernière confie ensuite qu’elle ne sait pas si sa sœur est déjà au courant de cette nouvelle.

Gilda Marbois affirme qu’elle ne trouve pas les mots pour exprimer sa "peur"  et son "angoisse". "Nous nous mettons à la place de la famille de Philippe Verdon. Nous imaginons que ça peut être notre tour. Un matin en nous réveillant, nous pouvons apprendre que c’est Francis qui a été exécuté. Ce que je ne souhaite pas", souligne-t-elle. La belle-sœur de l’ingénieur français note ensuite que "ce n’est pas facile d’être la famille d’un otage". Elle poursuit : "à chaque fois qu’il y a une exécution, nous avons peur. Nous vivons sans savoir ce qui va se passer".

Concernant de nouvelles preuves de vie de son beau-frère, Gilda Marbois indique ne pas en savoir plus depuis la semaine dernière. "Le Quai d’Orsay m’avait alors assuré de source sûre que mon beau-frère était toujours en vie mais qu’il n’avait pas vraiment été localisé", note-t-elle.

Par ailleurs, l’exécution de Philippe Verdon survient alors que le chef de l’État a fait savoir directement et indirectement depuis la mi-janvier, selon Le Monde, "à l'ensemble des familles de citoyens français actuellement détenus dans le monde que la France ne paiera plus les rançons". "Depuis 25 ans, soit depuis les enlèvements au Liban, la politique française consistait à refuser officiellement toute négociation avec les ravisseurs. Dans les faits, des rançons ont été régulièrement versées", écrit le journal.

Selon le Huffington Post, 17 millions de dollars pour la libération de quatre otages français enlevés au Niger en 2010 et probablement détenus au nord du Mali, ont été payés d’après le témoignage à iTélé d’une ancienne ambassadrice des États-Unis à Bamako. "C’est un débat complexe. Le fait de payer des rançons voudrait dire que l’État français est d’accord avec ce qui se passe. D’un autre côté, quand on est famille d’otage, on ne comprend pas non plus l’attitude du gouvernement. Ce que nous attendons c’est la libération des otages. Il est très difficile de juger", explique Gilda Marbois.

Rappelons que l’ingénieur français Francis Collomp a été enlevé le mercredi 19 décembre 2012, le jour de son anniversaire à Rimi, à 25 km de l’Etat de Katsina, dans le nord du Nigéria. L’homme est malade du cœur et doit prendre des médicaments quotidiennement. Le rapt a été revendiqué par le groupe islamiste Ansaru, qui a justifié l'enlèvement par "la position du gouvernement français et des Français contre l'islam et les musulmans".

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