Hauts de Saint-Paul :

Maïdo : la vie après l'incendie


Publié / Actualisé
Le lundi 11 octobre 2010, deux foyers d'incendie, sans doute volontaires, éclatent au Maïdo. En raison de la configuration des lieux, les pompiers se déclarent immédiatement pessimistes quant à la maîtrise du sinistre. Ils ont raison. Ce n'est que 12 jours plus tard, le vendredi 22 octobre, que l'incendie rend les armes après une lutte acharnée contre les soldats du feu. Entre temps, selon les chiffres du parc national, les flammes ont eu le temps de ravager 789 hectares dont 775 hectares situés en plein c?ur du bien récemment classé patrimoine de l'Unesco et abritant de nombreuses espèces animales et végétales souvent endémiques. Le bilan du sinistre n'est pas encore totalement établi par le Parc. Mais à moins de deux mois de l'incendie, la nature reprend ses droits, comme le montre ces pousses vertes. Un signe de vie encore fragile mais plein d'espoir.
Le lundi 11 octobre 2010, deux foyers d'incendie, sans doute volontaires, éclatent au Maïdo. En raison de la configuration des lieux, les pompiers se déclarent immédiatement pessimistes quant à la maîtrise du sinistre. Ils ont raison. Ce n'est que 12 jours plus tard, le vendredi 22 octobre, que l'incendie rend les armes après une lutte acharnée contre les soldats du feu. Entre temps, selon les chiffres du parc national, les flammes ont eu le temps de ravager 789 hectares dont 775 hectares situés en plein c?ur du bien récemment classé patrimoine de l'Unesco et abritant de nombreuses espèces animales et végétales souvent endémiques. Le bilan du sinistre n'est pas encore totalement établi par le Parc. Mais à moins de deux mois de l'incendie, la nature reprend ses droits, comme le montre ces pousses vertes. Un signe de vie encore fragile mais plein d'espoir.

"Des conseillers écologues et des membres du conservatoire botanique de Mascarin ont effectué des repérages sur le terrain. Ils espèrent que certaines espèces endémiques, les petites fougères en l'occurrence, arrivent à repousser seules dans les anfractuosités des rochers" indique ce mardi 14 décembre 2010, Isabelle de Lavergne, responsable du service communication et pédagogie du parc national. Une inquiétude demeure pourtant quand au comportement "opportuniste" de certaines fougères invasives qui risquent de coloniser l'espace laissé vacant par les plantes endémiques.

C'est le même bilan en demie teinte qui est dressé pour la faune. " Les insectes ont vraisemblablement beaucoup souffert. Les scientifiques espèrent par contre que les petits lézards verts des Hauts (espèce endémique menacée - ndlr), ont pu se glisser dans les petites failles du rempart et échapper ainsi aux flammes. Un comptage sera effectué prochainement pour déterminer le nombre d'individus existants" note Isabelle de Lavergne.

Un dispositif d'observation et de surveillance du site a été mis en place et un rapport sur l'impact de l'incendie sera bientôt transmis à l'Unesco par le parc national.


* 14 espèces végétales rares sont présentes sur la zone incendiée et 26 stations ont été répertoriées :

- 2 espèces sont considérées comme gravement menacés d'extinction : la fougère Pellaea quadripinnata (7 stations - dont une de 50 pieds) et la fougère Dryopteris pentheri (1 station)

- 5 espèces sont menacés d'extinction : la fougère Hymenophyllum peltatum (1 station), la fougère Asplenium monanthes (2 stations), la fougère Cystopteris diaphana (3 stations), la fougère Elaphoglossum rufidulum (1 station) et l'urticacée Parietaria debilis (1 station)
- 5 espèces sont quasi menacées : la fougère Asplenium stoloniferum (3 stations) l'herbacée Eleocharis caduca (1 station), l'herbacée Panicum lycopodioides (1 station), l'orchidée Habenaria chloroleuca (1 station) et la composée Psiadia aspera (1 station)
- 2 espèces sont vulnérables : la campanulacée Heterochaenia rivalsii (2 stations) et la fougère Asplenium theciferum (1 station)

Mahdia Benhamla pour

   

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Illustration : Kwa Films

Kwa Films

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