Tribune libre de Jean Hugues Ratenon :

Jeux des îles : "Halte à l'hypocrisie"


Publié / Actualisé
"C'est l'hôpital qui se fout de la charité", à notre sens, ce proverbe résume bien la déclaration de Nassimah Dindar et de Didier Robert, à propos des jeux des Iles 2015.
"C'est l'hôpital qui se fout de la charité", à notre sens, ce proverbe résume bien la déclaration de Nassimah Dindar et de Didier Robert, à propos des jeux des Iles 2015.

Avant même que débute les jeux des îles 2015, nous avions appelé les dirigeants de notre pays et la population à la vigilance concernant le positionnement de la Réunion vis-à-vis des autres pays de la zone Océan Indien. Ces jeux des îles ont rimé avec scandale et déshonneur tant des organisateurs qu’aux dirigeants de notre Pays qu’est la France. En effet, trop d’erreurs ont été commises, aussi bien sur le plan diplomatique que sur le plan du respect des droits de l’homme, des constitutions dans le cadre de la coopération régionale.

Si nous pouvions qu'être d'accord sur le fait que Manuel Valls avait allumé la mèche lors de sa visite dans l'île hippocampe et que les jeux risquaient d'être compromis, nous montrons aussi du doigt le comité local dans son incapacité à appliquer "la Charte" signée et agrée par tous les pays participants.

Se focaliser sur l'unique responsabilité de l'Etat, c'est occulter les obligations des institutions Région et Département, qui depuis la décentralisation en 1982 sont tenus de travailler sans se défausser sur l’Etat. Ce qu'ils ont su parfaitement faire quand ils ont financé sur nos impôts la venue des dirigeants Maldiviens.

Les Maldives, pays qui condamne des enfants dès l'âge de 7 ans, aux couloirs de la mort, en attendant leur exécution à 18 ans. Ce rétablissement de la peine de mort pour les enfants a suscité l'indignation dans le monde. Pourtant les traités internationaux, notamment la convention relative aux droits de l'enfant, ratifiée par les Maldives, interdisent la peine de mort pour les enfants âgés de moins de 18 ans au moment des faits. Le Haut commissariat des nations  Unies aux droits de l'Homme (HCDH) a exprimé sa préoccupation. 

Cet Etat avec l'approbation de la Région et contre l'avis de Madagascar est également devenu membre de l'association des Iles Vanille.

Par leur silence Nassimah Dindar et  Didier Robert se rendent complices et soutiennent de fait, l’atteinte au droit de l’enfant.

Nous, nous condamnons les propos tenus par les responsables gouvernementaux pour les jeux des Iles, mais aussi l'incompétence de ceux qui les ont organisés pour n'avoir pas su résister aux pressions illégitimes de l'Etat et pour avoir favorisé la présence des dirigeants des Maldives. Un simple constat nos dirigeants ne voient pas plus loin que leur bout de nez, et ces jeux des îles ont frôlés la catastrophe en termes de coopération Régionale.

A notre sens, Les Comores ne nous ont-ils pas donnés une belle leçon de dignité et de fermeté?

Alors que Nassimah Dindar et Didier Robert ont raison de dénoncer le non respect de la charte des jeux, dans cette même logique pouvons-nous espérer que Didier Robert demande le retrait des Maldives de l'association des Iles Vanille pour non respect de la convention relative aux droits de l'enfant ?

Sinon halte à l’hypocrisie de cette classe politique réunionnaise.

 Jean Hugues Ratenon

   

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