Salon du bébé :

Le business de la petite enfance en plein boom à La Réunion


Publié / Actualisé
Le Salon du bébé et de la petite enfance se termine ce lundi 10 juin 2019. Après 4 journées bien remplies, les vendeurs vont pouvoir remballer leurs stands. La nouveauté cette année ? Une journée dédiée aux métiers de la petite enfance (éducateur, puériculteur...) qui s'est déroulée le 7 juin et un thème autour de la parentalité positive. Les organisateurs du salon ont souhaité donner une dimension autre à cet événement qui reste un salon commercial. Pourtant tous les exposants le disent : le marché de l'enfance est en plein boom à La Réunion.
Le Salon du bébé et de la petite enfance se termine ce lundi 10 juin 2019. Après 4 journées bien remplies, les vendeurs vont pouvoir remballer leurs stands. La nouveauté cette année ? Une journée dédiée aux métiers de la petite enfance (éducateur, puériculteur...) qui s'est déroulée le 7 juin et un thème autour de la parentalité positive. Les organisateurs du salon ont souhaité donner une dimension autre à cet événement qui reste un salon commercial. Pourtant tous les exposants le disent : le marché de l'enfance est en plein boom à La Réunion.

Pour ce qui est du nombre de stands, le salon se maintient d’année en année : 15 exposants ont présenté leurs produits dédiés aux enfants, 8 associations étaient présentes et 7 exposants étaient dédiés à un coin "gourmand". Mais le business de la petite enfance lui, explose à La Réunion. Les vendeurs sont unanimes : le marché du bébé est en plein essor.

Cécile et Michael tiennent un atelier de petits vêtements personnalisables à Saint-Louis. En tant que nouvelle entreprise, c’est leur tout premier salon du bébé. "Quand on a lancé notre boutique il y a 8 mois, on a bien vu qu’on était pas les seuls ! Il y a énormément de magasins pour les bébés qui s’ouvrent en ce moment sur l’île", explique Cécile.

"L'enfant est roi"

A La Réunion, selon cette jeune entrepreneuse, "l’enfant est roi". "Les parents sont vraiment prêts à y mettre le prix, pour le bien-être de leur enfant. Pour un simple cadeau, ils dépensent facilement 50 euros, et pour habiller leur bébé on atteint vite les 100 euros par mois."

Naadira, elle, qui tient une boutique dans le centre-ville du Port, a un avis plus nuancé. "C’est sûr, les parents prennent beaucoup de choses pour leur bébé, mais j’ai l’impression qu’ils achètent aussi de plus en plus d’occasion, ou bien ils louent, parce qu’ils savent que certains produits ou vêtements ne vont durer que quelques mois voire quelques semaines."

Consciente aussi que les prix sont très hauts à La Réunion, "à cause de l’octroi de mer", nous dit-elle, elle tente de proposer des prix assez variés. "Pendant le salon je baisse mes tarifs". Résultat : des produits de base, comme chaussettes ou tétines à moins de 5 euros, et des petits vêtements à 10 euros.

N’oublions pas également qu’en moyenne, pour s'offrir une école maternelle ou une crèche privée par enfant et par mois à l'île de la Réunion cela revient à 600 euros. Un tarif plus cher que le prix pratiqué en moyenne au niveau national (+5%).

800 euros pour la chambre de bébé

Ce choix de baisser les prix a également été fait sur un autre stand, beaucoup plus grand, où quasiment tous les produits étaient à -10% durant les 4 jours de salon. Annabelle est vendeuse sur ce stand. "Les parents dépensent minimum 800 euros pour équiper la chambre de leur bébé", observe-t-elle.

Leurs recherches sont d’ailleurs de plus en plus poussées. "Les parents cherchent vraiment des modèles compacts, que ce soit pour les poussettes pour le mobilier de la chambre. Ils cherchent aussi des objets "kit", qu’on peut transformer en autre chose, comme une armoire qui se change en bureau etc…", nous explique Annabelle.

Parmi les profils des visiteurs qui se promènent dans les allées, on trouve beaucoup de futurs parents, selon les vendeurs, et également des familles qui préparent baptêmes et communions, très en vogue à cette période de l’année.

Raison de plus pour planifier ce salon maintenant, malgré sa concurrence avec le Sakifo. "Mais ce n’est pas le même public donc ce n'est pas grave", explique le directeur de la Halle, Jean-Luc Caro. "Et le mois de juin est également une période riche en naissances."

Catherine Gossard, élue en charge de la petite enfance à la mairie du Port, reconnaît que l’événement est important pour la commune. "On se penche vraiment sur l’importance de l’enfant dans la famille, et son développement. Et ici les parents trouvent une vraie qualité de service, toute une panoplie de produits accessibles à tout portefeuille. Egalement beaucoup de produits naturels, qui répondent à une demande en hausse."

10.000 visiteurs étaient présents sur le salon en 2018. Les organisateurs de l’événement en attendent un peu plus cette année avec la création d’une 4ème journée.

"Le commerce ne peut pas se suffire à lui tout seul"

L’aspect commercial n’est pourtant pas le seul but de ce salon. "Nous avons souhaité donner une ampleur autrement que par le chiffre", explique Jean-Luc Caro, le directeur de la Halle des manifestations du Port, là où s’est tenu l’événement.

Pour commencer, le salon s’est étalé sur 4 jours au lieu de 3, le lundi férié n’y étant pas pour rien. Mais ce choix a également été fait pour donner une vraie place, toute la journée du vendredi, aux métiers de la petite enfance. Autres ajouts : des spectacles et concerts le soir, ce qui représentait tout de même 2h de salon en plus chaque jour.

"Jusqu’ici l’événement était plutôt commercial", admet Jean-Luc Caro. "C’est toujours le cas, mais cette fois on a voulu emmener les gens vers quelque chose de différent, axé sur la culture et le partage." D’où cette thématique : la parentalité positive. Le thème officiel du salon, lui, s’attache à l’art.

Pourquoi avoir fait ce choix ? "On répond à une demande de la part des familles", explique Jean-Luc Caro. "On fait toujours du commerce mais on donne une dimension supplémentaire au salon. Un enfant ce n’est pas uniquement un client. Et de toute façon, le commerce ne peut pas se suffire à lui tout seul."

Développement personnel ou achats matériels, toujours est-il que bébé est roi. Sur le plan national on estime à 435 euros par mois la dépense par enfant de 5 à 11 ans. Concernant les bébés : les couches, les frais de garde ou les petits pots peuvent coûter jusqu'à 6.005 euros par an à une famille.

mm/www.ipreunion.com/redac@ipreunion.com

   

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