Tribune libre d'Huguette Bello :

"La culture est dans le rouge"


Publié / Actualisé
A l'occasion de ces journées du Patrimoine et du Matrimoine, je souhaite rappeler l'attachement de notre municipalité à la culture et l'importance de la culture dans une société comme la nôtre qui est accablée par l'illettrisme, la pauvreté, le chômage. Un enfant sur 2, ici à la Réunion, est pauvre. Certes, il nous faut lutter contre la pauvreté monétaire, mais il nous faut aussi lutter contre la pauvreté culturelle. Et plus que jamais ! Pour que la crise que nous traversons ne se transforme pas en enfermement des cerveaux, en appauvrissement des esprits ! L'urgence immédiate est de lutter contre les conséquences de la crise Covid sur le secteur culturel.
A l'occasion de ces journées du Patrimoine et du Matrimoine, je souhaite rappeler l'attachement de notre municipalité à la culture et l'importance de la culture dans une société comme la nôtre qui est accablée par l'illettrisme, la pauvreté, le chômage. Un enfant sur 2, ici à la Réunion, est pauvre. Certes, il nous faut lutter contre la pauvreté monétaire, mais il nous faut aussi lutter contre la pauvreté culturelle. Et plus que jamais ! Pour que la crise que nous traversons ne se transforme pas en enfermement des cerveaux, en appauvrissement des esprits ! L'urgence immédiate est de lutter contre les conséquences de la crise Covid sur le secteur culturel.

La Culture est dans le rouge ! Et quand la culture est dans le rouge, c’est le sens et la cohésion de la société réunionnaise qui est en jeu. C’est le souffle de notre société qui est en voie de s’éteindre.

La filière " évènementiels " et culturelle a énormément souffert de la crise Covid surtout le secteur du spectacle vivant, par les restrictions imposées aux Établissements Recevant du Public (ERP). Ces espaces ont été fermés les premiers à et les derniers à être autorisés à ré-ouvrir.

Les perturbations de la crise sanitaire sur le calendrier des activités, l’annulation des actions mettent en péril la survie de nos artistes, la survie des entreprises et des travailleurs du secteur. Une enquête d'impact de la crise sanitaire sur le secteur a révélé que, sur les 2 seuls mois de mars à avril, 449 jours de résidence, 1.035 répétitions, 2.274 heures de cours ou de formation ont été annulés. C’est énorme ! Pour ce qui est des reports, les chiffres s’élèvent à 452 jours de résidence, 557 répétitions, 1.129 heures de cours... et certains ont fini par être annulés définitivement depuis avril ! Les prestataires techniques ont perdu 336 jours de travail et les administratifs 303 jours. Ce qui a représenté près d’un million d’euros de perte de recettes pour les annulations et plus
de 1,3 million de manque à gagner ou de recettes retardées pour les prestataires extérieurs.

En terme d’emploi et de revenus, les pertes sont très importantes avec : 1.716 contrats d’intermittents annulés, soient 23 000 heures de travail !

Cette crise a dévasté le secteur et montré entre autres la fragilité des structures qui ne sont pas subventionnées par rapport à celles qui le sont et aussi révélé la nécessité de structuration des travailleurs du secteur, les intermittents et d’autres problèmes qui mériteraient d’être développés dans le détail à une autre occasion. Pendant le grand confinement, j’ai proposé, lors de la conférence du lundi 30 mars à la Ministre Annick Girardin, la création d’un Comité régional de suivi. J’ai exprimé dès le jeudi 9 avril, lors de l’audio conférence avec le Préfet, la nécessité qu’un plan de sauvegarde et de reprise économique du secteur culturel soit élaboré par les institutions et surtout les acteurs culturels au sein de ce Comité Régional de suivi.

La cellule de crise économique de la Préfecture et la Direction des Affaires Culturelles de La Réunion ont fini par décider de mettre en place un PCASC, " Plan de Continuité d’Activité Sectoriel pour la Culture " alors qu’au départ la Culture était un " sous-chapitre " du PCASE, " Plan de Continuité d’Activité Sectoriel pour l’Economie " et je suis intervenue pour que les intermittents y soient présents. Ce qui a été le cas.

Ces 2 mois de confinement ont été une bataille permanente auprès du préfet et du Recteur. Nos échanges sur la culture ont été nombreux : la prolongation des droits des intermittents, le versement dans leur totalité des subventions prévues, le paiement de toutes les actions annulées, pourquoi ne pas subventionner directement les loyers des structures, pourquoi ne pas reformer le code APE 9002 Z (APE : pour Activité principale exercée) permettant ainsi aux entreprises du spectacle vivant de bénéficier des aides dont disposent d’autres acteurs économiques, l’annulation des cotisations sociales et patronales sur la période du confinement et voire jusqu’à une reprise dans des conditions normales...

J’ai insisté pour que soit confirmé le dispositif de chômage partiel tant qu’il ne sera pas possible d’organiser des événements comme avant la Covid. Je n’irai pas plus loin...toutes ces interventions et revendications ont fait l’objet de communiqués de presse et sont publiées sur mon site Facebook On parle beaucoup du plan de relance, mais à qui profite-t-il ? on en connaît le montant qui a été détourné pour la NRL ! mais quel est son apport au secteur de la culture, à la filière évènementielle et culturelle qui a fortement souffert de la crise. Or, il faut la soutenir et la relancer à travers un plan de relance culturelle et patrimoniale qui bénéficierait en premier à nos artistes, nos intermittents, qui sont les premiers travailleurs de la culture à faire vivre la culture mais eux-mêmes n’en vivent pas ou si mal et il faut qu’ils en vivent mieux. Ce plan bénéficierait aussi aux entreprises d’évènementiels et culturelles. C’est le moment de généraliser l’apprentissage des arts dès le plus jeune âge, de renforcer les pratiques culturelles, leur diffusion et de soutenir les associations ou réseaux ou entreprises qui y contribuent.

En mairie et au TCO, nous avons fait pour le secteur ce qui relevait de nos prérogatives et nous avons pris des mesures en direction des entreprises afin de leur donner une bouffée d’oxygène : nous avons mis en place le dégrèvement de la Cotisation Foncière des Entreprises la CFE, cette mesure a coûté un million d’euros et la culture et l’évènementiel en ont bénéficié. A cela j’ajoute la remise gracieuse d’un trimestre de loyer et de charges locatives aux locataires professionnels de l’évènementiels et de la culture dans les zones d’activités économiques. Et d’autres mesures que l’élue Suzelle Boucher, déléguée à la Culture va développer. Mais ce qu’il faut c’est un plan de relance économique culturel, par exemple pour équiper, moderniser, numériser les artistes, les associations et les salles, pour la construction par exemple de studios de répétition, pour la réhabilitation de friches industrielles en vue d’y installer des tiers lieux, la réhabilitation des Maisons de quartier, les anciens CASE, la réhabilitation de sites patrimoniaux, paysagers...la maison Savannah, les bassins de baignade de Saint-Gilles, sentiers pêcheurs...

Notre première richesse, c’est la culture ! C’est notre première " monnaie d’échange ", le moteur de notre développement économique et social ! Nous y excellons à travers notre créativité et nos talents réunionnais sont exceptionnels !

Notre projet de faire du Territoire de la Côte Ouest un pays d’Art et d’Histoire participera à la relance de la culture, avec ce label c’est plus d’attractivité pour notre territoire, de reconnaissance nationale et internationale et plus de soutien financier aux projets, à nos associations et artistes. Saint-Paul est déjà Ville d’Art et d’Histoire, c’est un label précieux que nous avons décroché après une longue bataille et un travail important. Nous avons maintenant l’ambition de faire du territoire de la Côte ouest un Pays d’Art et d’Histoire pour nos artistes d’abord dont les créations font vivre l’Art et l’Histoire de la Réunion ! pour la conservation de notre patrimoine matériel et immatériel qui est sur le territoire de la Côte ouest exceptionnel et d’une grande diversité (architectural, archéologique, artisanal, artistique, culinaire, littéraire et poétique, maritime, paysager...). Il faut le protéger et mettre en
valeur. Des chantiers d’insertion pourraient être lancés, c’est de l’emploi ! Je souhaite en conclusion revenir à nos Journées du Patrimoine et du Matrimoine.

Je salue nos artistes femmes qui participent à ces journées mais je voudrais rendre hommage d’une façon plus générale à toutes les femmes qui ont participé à créer et enrichir le matrimoine. Nous héritons d’un Patrimoine (ce qui vient des pères) mais il y aussi notre Matrimoine (ce qui vient des mères). Le Matrimoine c’est " la mémoire des créatrices du passé et de la transmission de leurs œuvres. Il fait partie de notre héritage culturel commun, mixte et égalitaire. " Mais ce matrimoine n’est pas connu, pas reconnu, pas valorisé. Je vous donne un exemple celui du matrimoine dans le secteur du Théâtre et des autrices en France.

Sur un corpus total de plus de 2 000 autrices, de la Renaissance à nos jours, 17 autrices sont entrées au répertoire de la Comédie-Française depuis sa création en 1680 jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.

Entre 1958 et 2002, aucune pièce écrite par une femme n’est entré au répertoire de la Comédie- Française.

A La Réunion, le matrimoine doit aussi être valorisé : Célimène l’est...un peu ! Mais toutes ces femmes qui ont écrit et écrivent l’’Histoire culturelle de la Réunion, poètes, écrivaines, sculptrices, actrices, ... Je pense à l’actrice Blanche Adeline Pierson, née à Saint-Paul dans une famille de comédiens. Son père Hippolyte Pierson fut le régisseur du théâtre de Saint- Paul. Elle a été la 313ème sociétaire de la Comédie Française.

Je rends à toutes ces femmes un hommage appuyé et notre municipalité travaillera à réhabiliter la notion de matrimoine et les femmes qui le composent. Il faut que nous nous réappropriions " l’héritage culturel qu’on nous vole ", le rôle des femmes dans la culture, le rôle des compositrices, des danseuses, des conteuses, des clownesses, des plasticiennes... On ne peut parler d’égalité entre femmes et hommes sans une valorisation de l’héritage des femmes, et du rôle des femmes dans le développement culturel.

Notre commune s’inscrit dans cette volonté de valorisation de cet héritage, de notre matrimoine et de promotion des femmes dans la culture.

Huguette Bello, maire de Saint-Paul

   

6 Commentaire(s)

Gigi, Posté
Une tribune sur la culture ! On n'a pas vu ça avec Sinimale ! Le terme de matrimoine est effectivement défini comme dans l'article mais j'y vois quelque chose de plus général. Le matrimoine est ce qui vient de la mère, y compris la planète soit la vie et le patrimoine ce qui vient du père: quelques gènes et beaucoup de zob- jets. La production industrielle, le viol des sols l' épuisement des ressources, c'est ça le patrimoine qui est légué à nos enfants.
Tintin de St paul, Posté
Elle commence à me saoûler la Bello il faut commencer à travailler sur st paul occupe la commune au lieu de blablabla blablabla dans les médias il faut se faire tout petit maintenant
Eli, Posté
Elle a été une bonne combattante de la cause mais mi doi dire ke son temps lé fini. Y rabache y rabache y rabache mèm. Kossa li la fé sin pol ? Pa gran soz. Zordi na poin rien y boug mem.
Fred, Posté
Rien de pire qu'un personne qui se justifie. Ca montre surtout une inaction totale.
Credo, Posté
Mon commentaire d'enseignant : charabia !qui veut trop prouver, ne prouve rien
KUNTA KINTé, Posté
Elle se prend pour quelqu'un , c'est grave !