Après les législatives :

Les élections sont finies, l'heure de la clarification et de la reconstruction est venue


Publié / Actualisé
Un temps fort politique vient de se terminer après la présidentielle et les législatives, mettant fin à 6 mois de campagne électorale marquée par des unions, des désunions, des retournements de situation ou encore des résultats inédits. Désormais, la vie électorale s'accordera une petite pause. Les sénatoriales de 2023 ne concernent qu'un petit collège de grands électeurs. Les européennes de 2024 ne passionnent traditionnellement pas les foules. Les regards se tournent vers 2026 et les municipales. 4 ans, c'est le temps qu'on les grands mouvements locaux pour se structurer ou se reconstruire. En attendant, s'imposera un temps de clarification, à court ou moyen terme, notamment à la Région Réunion où les divisions de la gauche pose légitimement la question du choix de gouvernance que fera Huguette Bello pour la suite du mandat (Photo rb/www.ipreunion.com)
Un temps fort politique vient de se terminer après la présidentielle et les législatives, mettant fin à 6 mois de campagne électorale marquée par des unions, des désunions, des retournements de situation ou encore des résultats inédits. Désormais, la vie électorale s'accordera une petite pause. Les sénatoriales de 2023 ne concernent qu'un petit collège de grands électeurs. Les européennes de 2024 ne passionnent traditionnellement pas les foules. Les regards se tournent vers 2026 et les municipales. 4 ans, c'est le temps qu'on les grands mouvements locaux pour se structurer ou se reconstruire. En attendant, s'imposera un temps de clarification, à court ou moyen terme, notamment à la Région Réunion où les divisions de la gauche pose légitimement la question du choix de gouvernance que fera Huguette Bello pour la suite du mandat (Photo rb/www.ipreunion.com)

- L’heure de la clarification… -

Nécessairement, ce scrutin va laisser des traces dans les semaines et mois à venir. Certains élus devront clarifier leur posture durant cette campagne, avec cette grande question : les alliés d’hier pourront-ils le rester aujourd’hui ?

La question se pose évidemment à la Région Réunion puisque, malgré le succès de la Nupes (Nouvelle Union Populaire, Ecologique et Sociale), ce scrutin a été marqué par de très fortes divisions dans certaines circonscriptions.

Dans la 3ème par exemple, Alexis Chaussalet a été éliminé d’un cheveu et il peut légitimement pointer du doigt les candidatures de gauche, notamment celles de Jean-Jacques Vlody (PS) et de Remy Bourgogne.

Dans la 6ème circonscription, malgré la victoire de Frédéric Maillot, des règlements de compte pourraient intervenir pour pointer du doigt l’attitude du PS et du PCR qui ont chacun soutenu leur candidat, prenant le risque d’hypothéquer les chances de la gauche d’avoir un représentant au second tour, même si l’union a pu se faire au second tour.

La posture de Jacques Técher sera également observée à la loupe. Le maire de Cilaos a en effet soutenu dans la 3ème circonscription Patrice Thien-Ah-Koon au détriment d’Alexis Chaussalet. Il n’a par ailleurs pas assisté à la conférence de presse de soutien aux candidats Nupes au second tour. Pourra-t-il rester dans la majorité régionale ? Les prochains jours permettront de voir les conséquences de son attitude

Qu’en sera-t-il de Banian de Patrice Selly dont des élus siègent au sein de la majorité régionale ? Après une rude bataille dans la 5ème circonscription entre Ridwane Issa et Jean-Hugues Ratenon, on peut légitimement se demander si ce scrutin va laisser des traces à la Pyramide inversée. Jean-Hugues Ratenon a d’ores et déjà allumé la mèche sur les plateaux TV ce dimanche soir, accusant Saint-Benoît et Banian de faire du "blocage" et pointant du doigt les "difficultés à travailler" avec Patrice Selly et ses élus.

Du côté de Saint-Leu, Bruno Domen devra peut-être lui aussi rendre des comptes à ses alliés de la droite et du centre au Département. En effet, l’édile a soutenu Perceval Gaillard (Nupes) au second tour, pour faire barrage à Thierry Robert qu’il n’a pas hésité à qualifier "macroniste". Une drôle de posture pour le maire de Saint-Leu qui a apporté son parrainage à Emmanuel Macron et a ouvertement appelé à voter en sa faveur au second tour des présidentielles. 

Cyrille Melchior, soutient la majorité présidentielle et qui avait appelé à voter en faveur de Thierry Robert au second tour, lui en tiendra-t-il rigueur ? Ce qui est déjà certain, c’est que ces quatre prochaines années ne seront pas de tout repos pour le maire de Saint-Leu, ville qui a voté majoritairement en faveur de Thierry Robert qui va désormais fourbir ses armes pour ce scrutin de 2026.

Qu’en sera-t-il des relations entre Bachil Valy et André Thien-Ah-Koon à la Casud ? Le maire de l’Entre-Deux a sûrement peu goûté à la candidature de Patrice Thien-Ah-Koon. L’échec du fils, notamment à cause des voix de l’Entre-Deux qui a largement voté pour Nathalie Bassire, pourrait provoquer des remous au sein de la communauté d’agglomération, ce qui ne serait pas pour déplaire à Patrick Lebreton, déjà en guerre ouverte avec le maire du Tampon au sein de cette institution.

Toujours du côté du Tampon, Nathalie Bassire réélue députée, continuera-t-elle à porter le flambeau de la droite locale ? Elue sans aucun soutien d’appareil politique, lâchée par les Républicains 974, elle pourrait être tentée par un rapprochement possible avec la coalition de gauche. Jean-Hugues Ratenon lui a d’ores et déjà fait des appels du pied sur les plateaux tv ce dimanche, en ouvrant la porte à une possible discussion. Y sera-t-elle sensible ?

- … et de la reconstruction -

L’autre enjeu des semaines et mois à venir, ce sera celui de la reconstruction.

• A droite où la déroute a été totale, les Républicains devront nécessairement mener un important travail de reconstruction. Si Michel Fontaine reste encore le patron de la droite réunionnaise, le message des urnes montre que l’usure du pouvoir se fait clairement sentir. Aussi, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, la droite devra chercher ses futurs représentants et leaders.

Dans le Sud, la défaite de David Lorion a de quoi inquiéter la droite sudiste. Le score à Saint-Pierre démontre que Michel Fontaine n’est plus le maître incontesté du jeu politique sur sa commune. Cela peut être particulièrement inquiétant à l’heure où l’édile devrait certainement passer la main en 2026. Mais à qui ? David Lorion qui tenait la corde pour succéder à Michel Fontaine vient d’essuyer une défaite cinglante qui remet profondément en cause sa légitimité à conduire la liste de la droite saint-pierroise. A n’en pas douter, ce résultat va ouvrir l’appétit de bon nombre de prétendant au fauteuil de maire, tant à droite qu’à gauche.

Du côté du Tampon, André Thien-Ah-Koon devra peut-être revoir ses plans. En effet, pour le maire du Tampon, ces législatives devaient être une rampe de lancement pour son fils en perspectives des municipales. Après cette défaite, l’édile pourrait être tenté de changer de braquet et d’imaginer un autres successeur pour 2026.

Dans l’Ouest, la droite saint-pauloise ne parvient clairement plus à faire entendre sa voix face à une gauche très fortement implantée et très populaire. Audrey Fontaine qui vient d’enregistrer un nouveau revers politique pourra-t-elle rester sur la même dynamique ? Au soir de sa défaite, elle s’est clairement positionnée une fois de plus comme la principale opposante à Saint-Paul. Une mission qu’elle souhaite poursuivre avec le soutien, notamment, de Cyrille Melchior. A Saint-Leu, le hache de guerre est clairement déterrée entre Bruno Domen et Thierry Robert, augurant une bataille âpre dans quatre ans. Reste à voir pour qui la droite roulera le moment venu, avec le risque d’un possible déchirement.

Dans le Nord, la droite dionysienne n’est plus que l’ombre d’elle-même après la déroute de Murielle Sisteron au 1er tour (3,95%) alors que Jean-Jacques Morel a sauvé les meubles en se qualifiant pour le second tour (de justesse face au Rassemblement National). L’avocat dionysien qui n’était plus en odeur de sainteté au sein des Républicains 974 pourra-t-il retrouver sa famille politique d’origine ou la rupture est-elle définitivement consommée ?

Il n’est pas exclu que Jean-Jacques Morel tente de capitaliser sur cette petite victoire dans sa guerre contre la droite, pour tenter de pousser Didier Robert aux municipales de 2026 à Saint-Denis. Actuellement inéligible, Didier Robert pourrait en effet faire son grand retour politique lors de ce scrutin. Le champ de ruines laissé par la droite dionysienne pourrait être une aubaine pour l’ancien homme fort d’Objectif Réunion qui pourrait s’engouffrer dans le vide laissé pour tenter de reprendre le leadership face à un Michel Fontaine vacillant et qui sera bien trop occupé à préparer sa succession à Saint-Pierre.

Dans l’Est, à Saint-André précisément, la reconstruction passera nécessairement par le clan Virapoullé. Laurent Virapoullé défait dans la 5ème circonscription, a d’ores et déjà crée son mouvement "trait d’union" en donnant rendez-vous à la population saint-andréenne en 2026.

Petit bémol, son frère, Jean-Marie Virapoullé, siège déjà dans l’opposition municipale et il ne fait guère de doute que le poste de maire l’intéressera aussi dans 4 ans. Les deux frères parviendront-ils à faire cause commune ou se dirigent-on vers une guerre fratricide qui s’inscrirait dans la continuité de ce scrutin ?

En effet, Laurent n’avait pas été soutenu par Jean-Marie qui avait envoyé ses lieutenants faire campagne pour Stéphane Fouassin. La guerre de succession des Virapoullé augure des lendemains difficiles pour la droite.

• Le travail devra aussi être mené à gauche avec comme première question celle de l’avenir du PCR. Aujourd’hui, le parti fondé par Raymond Vergès ne rayonne que par Sainte-Suzanne, le dernier bastion dirigé par un maire communiste. Le PCR a clairement perdu de sa superbe et le triomphe de la France Insoumise et du PLR de Huguette Bello ne font que renforcer ce sentiment que le mouvement touche à son crépuscule.

Alors que le parti devrait célébrer son 68ème anniversaire en 2027, il se pourrait que les municipales de 2026 soient son chant du cygne. En effet, la victoire d’Alexandre Lai Kan Cheong à Sainte-Suzanne lors de ces législatives permet au jeune conseiller municipal de croire en ses chances de victoire dans 4 ans. D’autant plus que Maurice Gironcel pourrait passer le flambeau à sa fille, Nadine Gironcel Damour. Ce scrutin a montré combien l’électeur ne cautionne pas cette méthode de transmission du pouvoir, faisant de ces municipales un scrutin de tous les dangers pour Maurice Gironcel et le PCR qui pourrait être définitivement rayé de la carte politique réunionnaise.

Le Parti Socialiste devra lui aussi réfléchir à son avenir alors que PLR et La France Insoumise sont les grands gagnants de ce scrutin. Le PS peut-il se contenter d’être un parti d’appoint ou cherchera-t-il à reprendre le leadership à gauche ?

La défaite de Monique Orphée et de Jean-Jacques Vlody a fragilisé le PS local qui, dans sa stratégie de division, a certainement fait perdre la 3ème circonscription à la NUPES. La victoire d’Emeline K/Bidi dans la 4ème circonscription est quant à elle le fruit du travail de Patrick Lebreton qui renforce un peu plus son leadership chez les socialistes du Sud.

Si la victoire de Philippe Naillet dans la 1ère circonscription permet à Ericka Bareigts de maintenir son camp à flot, la maire de Saint-Denis se retrouve malgré tout en posture délicate.

Les socialistes des villes et ceux des champs sauront ils se retrouver et unir leurs forces en vue des scrutins à venir ? Quelle attitude adopter vis-à-vis de la majorité régionale ? Ce sont autant de questions que le PS va se poser à l’heure de sa reconstruction et de son repositionnement sur l’échiquier politique local.

Après une présidentielle et des législatives où ils ont enregistré des scores historiques, les représentants locaux du Rassemblement National pourraient bien être tentés de capitaliser sur cette dynamique en vue des prochains scrutins. Ce parti qui a toujours eu du mal à s’implanter localement compte désormais une base électorale qui semble solide à la lumière des scores enregistrés aux législatives.

Aussi, le parti de Marine Le Pen devra se structurer et se faire entendre. La question du leadership du Rassemblement national 974 se posera évidemment. Si Johnny Payet, maire de la Plaine des Palmistes, semblait être un candidat crédible pour porter la voix du RN, son ralliement à Jean-Hugues Ratenon au second tour des législatives pourrait hypothéquer ses chances d’en prendre le leadership. 

Quoi qu’il en soit, le paysage politique réunionnais devrait connaître dans les prochains mois et les prochaines années de profonds bouleversements.

www.ipreunion.com / [email protected]

   

6 Commentaire(s)

Johane, Posté
Robert avec ses problèmes judiciaires à n'en plus finir, les emplois de son cabinet qui vont certainement le ramener devant le tribunal ! Attendons le pire est à venir pour ce monsieur gourmand
50 ans de retard , Posté
St André à eu 50 ans de retard avec l'autre. Si vous rajoutez les 2 qui veulent leur quota en.politique ça fera 100 ans de retard..
Didi, Posté
Jean Marie virapoulle à déjà eu sa claque laissons la place à Laurent
ZembroKaf, Posté
@"Les elections sont.....venir"Et les électeurs qui se sont déplacés "comme moi" par devoir ... on va l'avoir bien ... dur lol !!!
Erreur de casting à droite , Posté
Les erreurs de casting à droite sont nombreuses : Fontaine à St paul qui collectionne les défaites, Morel dans le nord qui date de l'époque degré, virapoulle dans l'est qui veulent imposer une dynastie, sans oublier les hybrides (un coup à gauche et un coup à droite) : vergoz ou selly. La droite a ce qu'elle mérite.
Les élections sont terminés voici venir, Posté
le temps des tripatouillages, des magouilles, des petits arrangements entre amis et ennemis !