Municipales :

Fonctionnaires et campagne électorale: le douteux mélange des genres


Publié / Actualisé
Comme à chaque campagne électorale, on voit déferler des dizaines de militants dans les rues. Réunions publiques, tractages, affichages, les "petites mains" sont essentielles aux candidats pour mener à bien la communication de campagne. Parmi les personnes mobilisées, les observateurs avertis peuvent aisément remarquer la présence de fonctionnaires de certaines collectivités, fonctionnaires qui sont astreints au principe de neutralité, sauf s'ils agissent en leur nom personnel et en dehors de leur service. Ce douteux mélange des genres est très scruté par l'ensemble des candidats aux municipales. Chaque agissement pouvant donner lieu à des accusations de l'adversaire (Photo rb/www.ipreunion.com)
Comme à chaque campagne électorale, on voit déferler des dizaines de militants dans les rues. Réunions publiques, tractages, affichages, les "petites mains" sont essentielles aux candidats pour mener à bien la communication de campagne. Parmi les personnes mobilisées, les observateurs avertis peuvent aisément remarquer la présence de fonctionnaires de certaines collectivités, fonctionnaires qui sont astreints au principe de neutralité, sauf s'ils agissent en leur nom personnel et en dehors de leur service. Ce douteux mélange des genres est très scruté par l'ensemble des candidats aux municipales. Chaque agissement pouvant donner lieu à des accusations de l'adversaire (Photo rb/www.ipreunion.com)

Ils sont nombreux à être mobilisés sur le terrain. A chaque élection, les agents de certaines collectivités battent la campagne. Les municipales de 2020 n’échappent bien sûr pas à la règle. Les différentes photos postées sur les réseaux sociaux donnent à voir une mobilisation importante de fonctionnaires, surtout en faveur d’élus actuellement en poste. "Ces agents ont souvent été recrutés par l’élu qu’ils soutiennent, ou grâce à leur entremise. Les contractuels attendent souvent une titularisation en retour. Ceux qui sont déjà fonctionnaires attendent peut être une mutation, une promotion ou veulent simplement rendre la pareille à leur élu. Il y aussi ceux qui veulent se venger et qui rejoignent donc un camp adverse. Tout est dicté par intérêt", commente un observateur de la vie politique locale.

Les candidats ne boudent bien sûr pas ce soutien bienvenu à l’heure où la population a du mal à se mobiliser et où le militant, au sens idéologique du  terme, tend à disparaître.

Mais en ces temps de campagne les équipes doivent faire preuve de vigilance pour éviter toute sortie de route. En effet, à chaque élection, les faits et gestes sont scrutés par les adversaires, observant avec minutie ce douteux mélange des genres entre fonctionnaire et militant. Il faut dire que ces derniers sont soumis à un statut particulier qui les expose, ainsi que leur candidat, à certains risques.

D’abord, rappelons que les agents publics sont soumis à l’article L.50 du code électoral qui interdit "à tout agent de l’autorité publique ou municipale de distribuer des bulletins de vote, professions de foi et circulaires des candidats". Si cela est vrai dans le cadre de leur fonction, ils ont la totale liberté de soutenir un candidat à titre privé.  Cela, à condition de se placer hors de leur service.

- Attention aux comptes de campagne -

"Nous faisons très attention à ce que nos militants soient en règle avec leurs horaires de travail. Hors de question qu’ils fassent du zèle en venant coller des affiches ou faire du porte à porte alors qu’ils sont censés être en poste. Soit ils viennent après les heures de bureau, soit on leur propose de poser des congés le temps de la campagne électorale", explique un membre d’une équipe de campagne.

Même prudence quand il s’agit du matériel. Les équipes de campagne se gardent bien d’utiliser le matériel des collectivités sous peine de tomber sous le coup de l’article L. 52-8 du Code électoral qui dispose que "les personnes morales, à l’exception des partis ou groupements politiques, ne peuvent participer au financement de la campagne électorale d’un candidat, ni en lui consentant des dons sous quelque forme que ce soit, ni en lui fournissant des biens, services ou autres avantages directs ou indirects à des prix inférieurs à ceux qui sont habituellement pratiqués". Exit donc les voitures de fonction, les téléphones de fonction et tout autre outil dont l’usage est prohibé. En principe...

Le candidat risque en effet de voir le coût de ce matériel imputé dans ses comptes de campagne, mais il se rend surtout coupable de prise illégale d’intérêts.

A l’heure de l’avènement des réseaux sociaux, cette présence militante a clairement une visibilité particulière qui doit inciter les candidats à redoubler de vigilance. Mais en réalité, cette tendance n’a rien de nouvelle. "Les employés communaux ont toujours été une ressource importante de militantisme pour les maires en place", analyse un observateur de la vie politique locale. A" l’image de la distribution d’argent, de piles plates ou de barquettes de poulet, cela a toujours été une forme de clientélisme. Grâce à un emploi, on achète les consciences et les voix", souffle notre interlocuteur.

Les années passent mais les temps ont parfois bien du mal à changer... Hélas

www.ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

Patatra, Posté
Chez nous ils posent des congés qui leur seront "remboursés" en récupération après les élections.... Si le bon rentré ð??oe
DUCONNE, Posté
Ah ah ah une collectivité semble utiliser tous ces moyens ( personnels, matériels, voitures de fonction, carte vito essence....), photos ont en a ! Attends un peu Imazpress