Fin de dépôt des listes à 18h :

Municipales : des défis qui dépassent l'enjeu politique


Publié / Actualisé
Alors que la période de dépôt des listes prendra fin ce jeudi 27 février 2020 à 18h et que plus de 160 listes se disputeront la victoire lors des élections municipales des 15 et 22 mars prochain, les enjeux politiques de ce scrutin ne doivent pas occulter les principaux défis des blocs communal et intercommunal. Emplois, logement, transport, routes, démocratie participative ou encore développement économique et accompagnement social, les futurs maires auront fort à faire une fois élus. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Alors que la période de dépôt des listes prendra fin ce jeudi 27 février 2020 à 18h et que plus de 160 listes se disputeront la victoire lors des élections municipales des 15 et 22 mars prochain, les enjeux politiques de ce scrutin ne doivent pas occulter les principaux défis des blocs communal et intercommunal. Emplois, logement, transport, routes, démocratie participative ou encore développement économique et accompagnement social, les futurs maires auront fort à faire une fois élus. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Les communes, au coeur du développement économique territorial

Malgré une réduction de leurs compétences au profit des intercommunalités, les communes demeurent des acteurs clés. Ce n’est pas un hasard si la Région, à travers son plan de relance, et le Département, à travers le Pacte de Solidarité Territoriale, font les yeux doux aux 24 communes de l’île. Leurs compétences en matière de développement économique et territorial en font en effet des acteurs clés ayant des défis immenses à relever.

A commencer par celui de l’aménagement routier. En effet, si on évoque souvent les embouteillages aux entrées des villes, sur les routes nationales, l’engorgement circulatoire débute en réalité dans les villes elles-mêmes. Selon les jours et les axes routiers, les automobilistes peuvent prendre plus de 30 minutes pour parcourir quelques centaines de mètres. Un engorgement qui se transforme en coma circulatoire dès lors qu’il y a un peu de pluie ou un accident.

L’autre défi sera celui du dynamisme économique des territoires. A Saint-Denis par exemple, la question du devenir de l’Espace Océan est au coeur des enjeux de ces municipales, tout comme celui de l’attractivité du centre ville qui semble de plus en plus abandonné, faute de places de parking notamment, au profit des grands centres commerciaux situés à l’extrémité est du chef lieu. Cette question est aussi au coeur de la campagne à Saint-André par exemple qui a l’ambition de devenir le pôle économique majeur de l’est, tout comme à Saint-Pierre où les candidats souhaitent poursuivre la dynamique de développement sans pour autant négliger les autres grands enjeux communs aux autres villes : construction et aménagement des écoles, d’équipement ludiques et sportifs etc.

Sécurité et action sociale, les communes devront apporter des réponses

Si le taux de pauvreté diminue à La Réunion (42% de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté contre 46% précédemment), les situations d’urgence et de détresse sociales sont encore très nombreuses. Logements insalubres, difficultés d’accès aux énergies (eau, électricité), vieillissement de la population ou encore grande précarité, les futures majorités municipales devront être en mesure de répondre aux demandes de leurs administrés en matière d’action sociale. Une tâche qui s’annonce difficile compte tenu du contexte de rigueur budgétaire. Paradoxalement, la demande est croissante, exigeant ainsi de la part des futures majorités des arbitrages forts afin de répondre aux besoins de la population.

Alors que les agressions se multiplient dans les rues, alors qu’un véritable sentiment d’insécurité règne au sein de la population et des commerçants, les communes devront aussi apporter des réponses au défi sécuritaire. Mise en place de médiateurs de proximité, installations de caméras de surveillance, développement des partenariats entre la police municipale et la police nationale sont autant d’enjeux que devront ainsi relever les communes afin d’apporter des réponses concrètes aux inquiétudes de leurs administrés.

Dans le domaine de la prévention, l’engagement des communes est également attendu, notamment en matière de lutte contre les comportements addictifs ou encore contre le diabète et l’obésité. A ce titre, la question des repas à la cantine est un sujet central de ce scrutin. Gratuité, qualité des repas, petit déjeuner à l’école sont autant de sujets évoqués par les candidats et qui intéressent nécessairement les parents d’enfants scolarisés en primaire et en maternelle.

Le caillou de l’emploi dans la chaussure des futurs maires

Avec la réduction drastique des emplois aidés, les mairies n’ont plus les moyens de recruter. Il est ainsi bel et bien fini le temps où les candidats, futurs maires, pouvaient arroser leurs communes d’emplois aidés pour récompenser les électeurs. Ils devront faire sans ce levier pour convaincre les électeurs de voter pour eux. Au-delà de cet aspect, la réduction des contrats aidés pose la question du rôle des communes dans la lutte contre le chômage.

Ces emplois, bien que détournés de leur usage visant à former et à favoriser l’intégration d’un demandeur d’emploi dans un parcours d’insertion, jouaient un rôle d’amortisseur social, permettant à certains de trouver une occupation, de s’éloigner de la rue ou encore des conduites addictives. Leur réduction est donc un véritable caillou dans la chaussure des futurs maires.

Ils devront très certainement se tourner vers les acteurs privés que sont les entreprises et le monde associatif. Les emplois aidés ayant été réduits, elles ne peuvent plus assumer en propre certaines missions en matière notamment d’entretien des espaces verts ou de prévention. Ce partenariat devra ainsi être repensé, en lien les acteurs privés afin que les missions du bloc communal puissent toujours être assurées, tout en préservant la santé financière des communes.

Démocratie participative : la leçon des gilets jaunes a été retenue

C’est un des principaux sujet ayant fait son apparition dans les débats à l’occasion de ces municipales. Tous les candidats ont ce mot à la bouche : démocratie participative. On nous la vend à toutes les sauces : conseil de quartiers, conseil de citoyens, conseil de sages, consultations populaires. Les candidats ne manquent pas d’idées quand il s’agit d’évoquer le sujet de la démocratie participative.

Il faut dire que ces derniers sont échaudés et que tous ont entendu l’appel des gilets jaunes, il y a un an et demi. A l’époque, les maires qui avaient été particulièrement pris à partie avaient été accusés de décider sans la population, en ne mettant en place aucune instance visant à favoriser la démocratie participative. Depuis, certaines collectivités se sont mises au diapason comme la Région Réunion qui a crée son Conseil Consultatif Citoyen.

Il était donc logique que ce sujet se retrouve au cœur des débats de cette
campagne électorale. A voir désormais dans la réalité comment les futurs maires réussiront à développer ce lien entre la population et la municipalité.

Les intercommunalités : des compétences à ne pas minimiser

Même si on parle beaucoup moins des élections communautaires, ces dernières ont une importance primordiale aujourd’hui dans la vie des citoyens. En effet, depuis leur création, les communautés d’agglomération (Cinor, Civis, Cirest, TCO, Casud) ont vu leurs compétences s’élargir au fil des lois de décentralisation. Elles sont aujourd’hui des collectivités puissantes en matière de développement économique et territorial, notamment en matière de transport interurbain qui est un des enjeux clés de ces élections avec la question de la mise en place d’un réseau de transport ferré. Si la Cirest et la Cinor portent très clairement des projets en la matière, c’est en réalité toute l’île qui est concerné par ce défi, tout comme celui de l’intermodalité entre les différents modes de transport (bus, téléphérique etc.).

En matière de développement économique, de traitement des déchets ou encore d’aménagement, les défis des intercommunalités sont immenses pour les six prochaines années.

www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Daniel FAIVRE, Posté
Un contribuable de ST LEU mécontent
La note c'est 1 sur 20, depuis 2017 des milliers de personnes âgées, handicapé, et grand malade sont abandonné a leur sort, des refus de colis alimentaire, un CCAS qui ne fait que de l'administratif, même s'il ce déplace parfois, ils remplisse des papiers demande un tas de document, et ils retourne a leur bureau climatisé, mais des mois se passe attendre une intervention, lenteur administrative, a ST LEU il faut savoir se débrouiller seul, des millions 2 ou 3 ont été donner au CCAS mais pour qui??, l'entretien des routes des voiries abandonné depuis plus de cinq ans, des nid de poule voir l'état du chemins ST PAUL a Bois de Nèfles Piton ST LEU c'est lamentable, alors a qui faire confiance ce Maire méprise les pauvres, les plus de 55 ans sans travail devrait être prioritaire, mais pour l'emploi c'est le copinage