Dernière ligne droite avant le premier tour :

Municipales : 6.734 candidats pour 902 sièges


Publié / Actualisé
C'est ce dimanche 15 mars 2020 que les électeurs se rendront aux urnes dans le cadre du premier tour des élections municipales. 165 listes, 6.734 candidats pour 902 sièges, la bataille s'annonce musclée avec de nombreux ténors sur la ligne de départ, et des communes qui seront scrutées à la loupe. Du côté de La République En Marche, dans la continuité des élections précédentes, le parti présidentiel ne semble pas vraiment peser dans ce scrutin, confirmant sa difficulté à s'ancrer et à trouver des représentants emblématiques. Tour d'horizon de ces principaux enjeux (Photo rb/www.ipreunion.com)
C'est ce dimanche 15 mars 2020 que les électeurs se rendront aux urnes dans le cadre du premier tour des élections municipales. 165 listes, 6.734 candidats pour 902 sièges, la bataille s'annonce musclée avec de nombreux ténors sur la ligne de départ, et des communes qui seront scrutées à la loupe. Du côté de La République En Marche, dans la continuité des élections précédentes, le parti présidentiel ne semble pas vraiment peser dans ce scrutin, confirmant sa difficulté à s'ancrer et à trouver des représentants emblématiques. Tour d'horizon de ces principaux enjeux (Photo rb/www.ipreunion.com)

- Neuf parlementaires et les deux présidents sur la ligne de départ -

Cette élection attise les convoitises de nos parlementaires ainsi que des présidents de Région et de Département. A des degrés divers, six députés, trois sénateurs et les deux présidents de collectivité sont sur la ligne de départ de ces élections municipales.

Ericka Bareigts, députée, sera tête de liste à Saint-Denis pour l’Union de la gauche. Elle croisera le fer avec la sénatrice Nassimah Dindar, finalement candidate à la place d’Ibrahim Dindar après plusieurs semaines d’hésitation, ainsi que le président du Conseil régional, Didier Robert, entré tardivement en campagne (mi-décembre 2019), et qui sera soutenu par la députée Nadia Ramassamy, 4ème de sa liste. Autre président en campagne, celui du Département, Cyrille Melchior, reste fidèle à Joseph Sinimalé à Saint-Paul. Il apparaît en 3ème position sur sa liste.

La députée Nathalie Bassire, au Tampon, s’est elle aussi lancée dans la bataille en tant que tête de liste, tout comme la députée Huguette Bello qui ambitionne de reconquérir la mairie perdue en 2014 au profit de Joseph Sinimalé. A Bras-Panon, le député Jean-Hugues Ratenon va une nouvelle fois tenter de renverser le maire sortant, Daniel Gonthier.

Le député David Lorion et la sénatrice Viviane Malet restent quant à eux fidèles à Michel Fontaine à Saint-Pierre, et sont respectivement à la 21ème et à la 20ème place sur sa liste. Le sénateur Jean-Louis Lagourgue fait quant à lui une apparition symbolique sur la liste de Richard Nirlo, à Sainte-Marie, à la 39ème place.

Michel Dennemont quant à lui s’implique dans la campagne en soutenant Roseline Lucas aux Avirons sans pour autant être sur sa liste. A Saint-Leu, le député Poudroux apporte un soutien surprenant au maire sortant, Bruno Domen, successeur de Thierry Robert, mais n’apparaît pas sur la liste du candidat.

- La République en Marche a perdu sa boussole -

La République en Marche peine toujours à s’ancrer localement et semble même avoir perdu sa boussole. Ces élections municipales confirment une fois de plus toute la difficulté du parti à donner un sens à son engagement et à trouver de vrais représentants sur l’île. Stéphane Randrianavelo est en effet le seul candidat estampillé LREM à être de la bataille à La Possession.

Le parti présidentiel a ensuite fait le choix de recourir à deux personnalités extérieures pour avoir des têtes d’affiche lors de ce scrutin. D’une part Nassimah Dindar, à Saint-Denis, et d’autres part Joseph Sinimalé, à Saint-Paul, qui ont tout deux obtenus le soutien du parti d’Emmanuel Macron. La première a certainement bénéficié de son aura et de sa capacité à rassembler au-delà des clivages politiques. Le second a certainement su profiter de sa proximité avec Dominique Perben, membre de la commission nationale d’investiture.

Malgré ces deux personnalités emblématiques, LREM peine à définir une stratégie claire dans ces municipales et surtout à maintenir l’ordre au sein de sa poignée de représentants. Ainsi, à Saint-Paul, le soutien à Joseph Sinimalé passe mal. Carine Garcia, l’ancienne référente, a très rapidement fait part de sa colère et a décidé de quitter le parti. Jean-Pierre Amourdom, référent LREM à Saint-Paul, a quant à lui vécu ce soutien comme un "mépris" à son égard. Ce dernier a tout de même décidé de maintenir sa candidature dans la cité balnéaire.

A Sainte-Suzanne, la référente territoriale Ramata Toure a décidé de rejoindre le communiste Maurice Gironcel. Elle figure d’ailleurs en bonne place sur sa liste (4ème position). A Saint-Denis, Farid Mangrolia, référent local du parti, a finalement décidé de tourner casaque à l’annonce du soutien de son parti à Nassimah Dindar. Celui qui ne cachait pas sa préférence en faveur de Didier Robert a préféré changer de commune pour finalement soutenir Cyrille Hamilcaro, dont la réputation judiciaire n’est plus à faire, en apparaissant à la 10ème place sur sa liste. Logique pour le référent d’un parti qui prône l’éthique en politique. 

- Plusieurs communes scrutées à la loupe -

Tout d’abord, deux informations importantes sont à noter dans cette dernière ligne droite des municipales. La commune comptant le moins de candidats est Petite Ile avec seulement deux listes, d’une part le maire sortant Serge Hoareau et d’autre part Jean-Hugues Suzanne. Le nom du prochain maire de la commune sera donc connu dès le 15 mars.

La commune ayant le plus de candidats est Saint-Paul avec pas moins de 16 listes. C’est dire l’enjeu réel qui règne autour de la ville balnéaire. En effet, la droite s’y présente totalement morcelée avec, parmi les candidats, le maire sortant, Joseph Sinimalé, plusieurs de ses anciens adjoints tels que Yoland Velleyen, Erick Gangama, Fabrice Marouvin, Sandra Sinimalé, ainsi qu’un ancien maire, Alain Bénard. De l’autre côté, la gauche est unie derrière Huguette Bello. Même le PCR a réussi à enterrer la hache de guerre avec la présidente de PLR. A voir si cette unité sera suffisante pour permettre à la députée de reconquérir la mairie saint-pauloise. Selon un sondage SAGIS publié par Réunion La 1ère, Huguette Bello serait créditée en moyenne de 47% des voix au premier tour, devant Joseph Sinimalé et Alain Bénard, tous deux à 14% des voix en moyenne. Des chiffres à prendre avec beaucoup de précaution compte tenu de la marge très importante d’erreur.

La bataille de Saint-Denis sera également très suivie avec l’affrontement annoncé entre trois ténors : Ericka Bareigts qui prend la succession de Gilbert Annette, Didier Robert qui a jeté son dévolu sur la mairie de Saint-Denis, et Nassimah Dindar qui souhaite faire son retour dans un mandat d’exécutif local. Les enjeux de ce scrutin dionysien dépassent bien sûr largement le simple cadre des municipales.

En effet, en voulant coûte que coûte se présenter aux élections municipales, Didier Robert prend le risque de fragiliser sa position à la Région en cas de défaite. Une victoire d’Ericka Bareigts ou de Nassimah Dindar offrirait ainsi un boulevard à tous ceux qui veulent détrôner le patron d’Objectif Réunion de la pyramide inversée. En cas de victoire de Didier Robert, ce dernier serait au contraire en position de force pour rassembler la droite autour d’une liste d’union en vue des élections départementales et régionales. Selon un sondage SAGIS publié par Réunion La 1ère, Ericka Bareigts serait créditée en moyenne de 42% des voix au premier tour, devant Didier Robert et Nassimah Dindar, crédités respectivement de 22% d’intentions de vote moyennes et de 14% d’intentions de vote moyennes. Des chiffres à prendre, encore une fois, avec beaucoup de précaution.

D’autres communes méritent une attention particulière, telles que Saint-Benoît où la succession de Jean-Claude Fruteau est totalement ouverte avec pas moins de 11 listes, ou tout comme la Plaine des Palmistes où Marco Boyer a décidé de ne pas rempiler. On y recense 8 candidatures.

Saint-André sera également une commune à suivre avec pas moins de 10 candidatures, un paysage politique totalement éclaté et une succession qui s’annonce difficile à concrétiser pour Jean-Marie Virapoullé, fils de Jean-Paul Virapoullé. Cette volonté de passer le témoin cristallise en effet les tensions  ainsi que les oppositions qui viennent de toute part, de droite comme de gauche. Autre succession qui s’annonce difficile, celle de Jean-Louis Lagourgue à Sainte-Marie. Si Richard Nirlo, le maire sortant, bénéficie du soutien de l’union de la droite, les candidats sont nombreux (7) à vouloir mettre fin à l’ère Lagourgue.

A Bras-Panon, Daniel Gonthier est plus que jamais en danger, opposé à 7 autres candidats dont le député de la France Insoumise Jean-Hugues Ratenon. A Saint-Louis, les jeux semblent également très ouverts, à en croire le récent sondage SAGIS de Réunion La 1ère qui place la jeune Juliana M’Doihoma en tête des intentions de vote (29%) devant Claude Hoarau (18%), Cyrille Hamilcaro (16%), Philippe Rangama (11%) et Jean Piot (10%).

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