1er tour des municipales (actualisé) :

Sept maires réélus et beaucoup de suspense pour le second tour


Publié / Actualisé
Avec un taux d'abstention record lié au coronavirus, le premier tour des élections municipales qui s'est déroulé ce dimanche 15 mars 2020 fut riche avec la réélection de 7 maires et de nombreuses batailles très serrées au second tour, avec en filigrane un rapport de force qui se dessine en vue des départementales et des régionales de 2021. Tour d'horizon (Photo rb/www.ipreunion.com)
Avec un taux d'abstention record lié au coronavirus, le premier tour des élections municipales qui s'est déroulé ce dimanche 15 mars 2020 fut riche avec la réélection de 7 maires et de nombreuses batailles très serrées au second tour, avec en filigrane un rapport de force qui se dessine en vue des départementales et des régionales de 2021. Tour d'horizon (Photo rb/www.ipreunion.com)

- Et les élus dès le premier tour sont… -

7 maires sortants ont d’ores et déjà récupérés leur siège dès ce premier tour. Tout d’abord Serge Hoareau, réélu maire à Petite Ile, avec un score très large de 84,2% des voix. A Salazie, Stéphane Fouassin est lui aussi réélu avec un score fleuve de 68%. a Ssaint-Joseph, Patrick Lebreton l’emporte également haut la main avec 65,6% des voix. Bachil Valy conserve également son fauteuil de maire de l’Entre-Deux, avec 56,9% des voix. A Saint-Pierre, Michel Fontaine réussi le pari de l’emporter dès le premier tour avec 57,02% des voix, tout comme Olivier Hoarau au Port avec 58,3% des voix. Courte victoire pour Olivier Rivière à Saint-Philippe avec 51,8% des voix.

Lire aussi : Municipales : sept maires réélus dès le premier tour

- Le pari de Didier Robert pas encore gagné -

Il voulait peser fortement sur ces élections municipales au point de se lancer lui-même dans la bataille à Saint-Denis. Force est de constater que le pari de Didier Robert est pour l’heure loin d’être gagné puisqu’il n’engrange que 24,9% des voix, loin derrière Ericka Bareigts qui totalise 42,7% des voix. Le président de Région est très clairement en ballotage défavorable puisqu’il retrouve également pour l’heure la sénatrice Nassimah Dindar (13%) qui n’a pas encore annoncé de positionnement en vue du second tour (maintien ou retrait au profit d’un des deux candidats).

Dans l’hypothèse d’un retrait, difficile pour l’heure d’imaginer un soutien en faveur du patron d’Objectif Réunion ou de la députée socialiste. Son électorat pourrait être désorienté si elle était amenée à soutenir l’un des deux candidats.

Mais ce score à Saint-Denis n’est pas le seul résultat négatif pour Didier Robert. En effet, le président de Région avait avancé plusieurs pion partout sur l’île en vue de ces municipales, avec en ligne de mire les départementales et les régionales de 2021. Force est de constater que bon nombre de ses poulains n’ont pas réussi à transformer l’essai. On peut citer Valérie Auber au Port (8,29%), Anne Flore Deveaux à la Possession (4,8%) ou encore Alin Guezello à Saint-Joseph (14,5%).

Jeannick Atchapa (29,98%) à Bras-Panon se retrouve dans une triangulaire serrée face au maire sortant, Daniel Gonthier (31,33%), et le député Jean-Hugues Ratenon (27,46%). Pas mieux à Saint-Louis où son poulain, Cyrille Hamilcaro (25%), est qualifié pour une triangulaire compliquée au second tour, face à Claude Hoarau (25%), et Juliana M’Doihoma (26%), la surprise de ce scrutin, qui est pourtant la vice-présidente de Didier Robert à la Région. Au Tampon, la mission est quasi impossible pour la députée Nathalie Bassire (18%) qui se retrouve en triangulaire face à Monique Bénard (17,19%), et à André Thien-Ah-Koon qui frôle la réélection avec 48% des voix.

Autre pari mal engagé pour le président de Région, Joseph Sinimalé, le maire sortant, se retrouve en difficulté. Avec 19,9% des voix, il est loin derrière Huguette Bello 36,6%, mais devant l’ancien maire Alain Bénard qui récolte 14,1% des voix. Reste à voir quelle sera la stratégie d’Alain Bénard au second tour. Se retirera-t-il au profit de Joseph Sinimalé ou va-t-il se maintenir ? La décision de Jean-François Nativel, quatrième avec 5,9% des voix, sera également très déterminante en vue de ce second tour, et très certainement, du maintien ou non d’Alain Bénard dans ce second tour. D’ores et déjà, Jean-François Nativel a annoncé qu’il n’apporterait pas son soutien à Joseph Sinimalé, un caillou qui pourrait lui coûter cher.

- Michel Fontaine en patron de la droite -

Dans le combat à distance qui oppose Michel Fontaine et Didier Robert, le maire de Saint-Pierre vient très certainement de frapper un grand coup. En effet, l’édile vient une nouvelle d’être réélu dès le premier tour avec  57,02% des voix. Un score écrasant qui démontre que le patron des Républicains 974 demeure un des hommes les plus puissantes de la droite local.

Cela dépasse bien sûr le simple cadre des municipales à Saint-Pierre. Avec cette victoire confortable, Michel Fontaine est désormais en mesure d’essayer de peser sur les scrutins des autres territoires. Il est surtout en position de force pour être un des interlocuteurs incontournables en vue des élections départementales et régionales de 2021. Reste à voir si le maire réélu voudra  composer avec Didier Robert ou s’il voudra imposer son tempo, fort de cette légitimité populaire. " J’apporterai  ma pierre à l’édifice pour que certaines collectivités aient un comportement différent ", a d’ailleurs déclaré le maire de Saint-Pierre en faisant référence aux prochains scrutins, annonçant déjà la couleur.

- Olivier Hoarau, Huguette Bello et Ericka Bareigts maintiennent la gauche à flot -

Ces municipales constituent le premier vrai test pour la gauche en vue des départementales et des régionales de 2021. Trois candidats semblent avoir permis à la gauche de se maintenir à flot à commencer par Olivier Hoarau, réélu maire du Port dès le premier tour, et ce, malgré une gauche très divisée. Le maire sortant signe là une belle performance qui le hisse incontestablement parmi les leaders de la gauche locale.

Les députées Huguette Bello et Ericka Bareigts sont également en ballottage favorable, respectivement à Saint-Paul et à Saint-Denis. Les deux femmes arrivent en tête dans les deux communes et pourraient très fortement profiter de la division de la droite pour être élues.

Jean-Hugues Ratenon se hisse au second tour des municipales à Bras-Panon mais se retrouve en troisième position, derrière Daniel Gonthier et Jeannick Atchapa. L’élu de la France Insoumise ne semble pas avoir su profiter de son aura de député pour transformer l’essai. Il reste néanmoins toujours en course pour être élu maire de la commune de l’Est.

Parmi les déceptions, Philippe Leconstant, désigné comme successeur par Jean-Claude Fruteau à Saint-Benoît, ne recueille que 14,79% des voix, ce qui devrait rendre sa tâche extrêmement difficile.

- Second tour serré en perspective dans de nombreuses communes -

A Sainte-Suzanne, Maurice Gironcel (43,4%) perd du terrain par rapport à 2014 et se retrouve dans une triangulaire avec Daniel Alamelou (26,9%) et Alexandre Laï Kan Cheong (15,5%).

A la Plaine des Palmistes, la succession de Marco Boyer est ouverte avec pas moins de 4 candidats au second tour : Johnny Payet (27,6%), Sophie Arzal (20%), Jean-Luc Saint-Lambert (19%) et Daniel Jean-Baptiste (17,4%). Pareil à Saint-Benoît qui sera le théâtre d’une quinquagulaire avec respectivement : Patrice Selly (22,13%), Sabrina Ramin (19,64%), Patrick Dalleau (15,6%), Philippe Leconsant (14,79%) et Valérie Payet-Gangnant (11,94%).

Bataille très serrée également en perspective à Saint-Louis où Juliana M’Doihoma (26%), Claude Hoarau (25%) et Cyrille Hamilcaro (25%) se retrouvent dans un mouchoir de poche. 

A Sainte-Rose, l’eternel duel entre Michel Vergoz (39,25%) et Bruno Mamindy Pajany (37,18%) va se poursuivre au second tour avec comme arbitre Sully Hoarau, arrivé 3ème avec 13,1% des voix.

A Saint-André, le combat s’annonce difficile pour Jean-Marie Virapoullé qui recueille 31,47% des voix contre 24,88% et 17,09% pour ses deux opposants de gauche, Joé Bédier et l’ancien maire Eric Fruteau. Jean-Marie Virapoullé paie la trop grande division de la droite qui l’affaiblit grandement, sans pour autant avoir la certitude que ces voix se reporteront sur lui au second tour. Autant dire que les tractations des prochains jours seront décisives pour les différents camps.

La bataille n’est pas encore gagnée non plus pour Richard Nirlo à Sainte-Marie. Le maire sortant se qualifie certes pour le second tour avec 38,82% des voix mais reste sous la menace d’une possible alliance de la gauche entre Gérald Maillot (23,70%), Céline Sitouze (13,41%) et Christian Annette (8,80%).

A Saint-Leu, Bruno Domen réussit à creuser l’écart (41,19%) face à la candidate de Thierry Robert, Sylvie Comorassamy (16,14%). Cette dernière est pénalisée du fait d’un très fort éparpillement des voix parmi les autres listes. A voir quelles seront les consignes de vote en vue du second tour même si le retard semble difficile à rattraper.

A noter les ballotages favorables pour Jean-Claude Lacouture à l’Etang-Salé (47,34%) face à Mathieu Hoarau (39,04%), de Daniel Pausé à Trois Bassins (45,54%) qui se retrouve dans une triangulaire face à l’ancien maire Roland Ramakistin (33,22) et à Marie Yveline Fain (16,25%), de Vanessa Miranville à la Possession (45,3%) face à Philippe Robert (29,1%), d’Eric Ferrère aux Avirons (45,79%) face à Roseline Lucas (33,02%) et à Paul Fort (13,1%), de Jacques Técher à Cilaos (48,67%) qui pourrait très probablement défaire le maire sortant Paul Franco Técher (40,73%) avec comme arbitre Olivier Picard (10,6%).

- L’abstention bien au rendez-vous -

Sans surprise, l’abstention a bien été au rendez-vous de ce scrutin, à l’image des scrutins précédents. La moitié à peine des électeurs s'est en effet déplacée aux urnes.  Le nombre pléthorique de listes (165) n’a vraisemblablement pas convaincu les électeurs à se rendre aux urnes. Ce score confirme le fossé grandissant entre la classe politique réunionnaise et les Réunionnais, fossé qui s’était déjà exprimé lors de la crise des gilets jaunes fin 2018 durant laquelle les maires avaient été vivement critiqués. Ce premier test post-crise démontre ainsi que la colère n’est pas retombée et qu’elle s’exprime dans les urnes.

L’autre facteur explicatif de cette démobilisation de l’électorat réunionnais est bien sûr la crise sanitaire provoquée par le coronavirus. Malgré les mesures prises dans les bureaux de vote, et pas forcément respectées dans certains d’entre eux, les Réunionnais ont certainement  été freiné par la crainte d’une contamination. Difficile de dire l’ampleur de la démobilisation, mais cette crise a incontestablement contribué à ce très faible chiffre de la participation.

Compte tenu de l’aggravation de la crise sanitaire, l’abstention pourrait être un facteur important en vue du second tour et pourrait, de fait, réserver quelques surprises.

www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Volcan974, Posté
Ah ouais les sondages étaient erronées... Il allait gagner ?