Second tour des municipales du 28 juin 2020 (actualisé) :

Un retour aux urnes aux allures de nouvelle élection


Publié / Actualisé
C'est donc le 28 juin 2020 que se tiendra le second tour des élections municipales de 2020, comme l'a annoncé le Premier ministre Edouard Philippe ce vendredi 22 mai. Initialement prévu le 22 mars dernier, le scrutin avait dû être reporté compte tenu de la mise en place du confinement. A La Réunion, ce second tour concernera 17 communes puisque 7 équipes avaient déjà été élues dès le premier tour. Deux mois après le premier tour, des nombreuses inconnues subsistent sur le rapport des forces en présence. Ce qui donne à ce retour aux urnes des allures de nouvelle élection. Tour d'horizon politique (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
C'est donc le 28 juin 2020 que se tiendra le second tour des élections municipales de 2020, comme l'a annoncé le Premier ministre Edouard Philippe ce vendredi 22 mai. Initialement prévu le 22 mars dernier, le scrutin avait dû être reporté compte tenu de la mise en place du confinement. A La Réunion, ce second tour concernera 17 communes puisque 7 équipes avaient déjà été élues dès le premier tour. Deux mois après le premier tour, des nombreuses inconnues subsistent sur le rapport des forces en présence. Ce qui donne à ce retour aux urnes des allures de nouvelle élection. Tour d'horizon politique (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

- Les heureux élus du 15 mars étaient… -

Pour rappel, il n’y aura pas de second tour dans 7 communes de l’île où les maires ont été réélus. Tout d’abord Serge Hoareau, réélu maire à Petite Ile, avec un score très large de 84,2% des voix. A Salazie, Stéphane Fouassin a lui aussi été réélu avec un score fleuve de 68%. Patrick Lebreton l’a également emporté haut la main avec 65,6% des voix. Bachil Valy a conservé son fauteuil de maire de l’Entre-Deux, avec 56,9% des voix.

A Saint-Pierre, Michel Fontaine a réussi le pari de l’emporter dès le premier tour avec 57,02% des voix, tout comme Olivier Hoarau au Port avec 58,3% des voix. Olivier Rivière, maire de Saint-Philippe, a pu rempiler grâce à sa courte victoire (51,8% des voix). A noter que ces nouvelles équipes municipales n’ont pas encore pu siéger pour cause de confinement. Leur installation est actuellement en cours.

- Saint-Denis : la triangulaire se précise -

A Saint-Denis, trois candidats étaient qualifiés pour le second tour : Ericka Bareigts (42,7%), Didier Robert (24,9%) et Nassimah Dindar (13%).

Un temps pressentie pour se retirer, il semblerait que la sénatrice Nassimah Dindar soit plus que jamais dans les starting block pour assumer le rôle d’outsider de ce scrutin. Les deux mois de confinement ne semblent à priori pas avoir permis aux deux élus de la droite de se rabibocher puisque, rappelons-le, le président de Région et l’ancienne présidente du Département ne mangent plus un grain de sel ensemble depuis les sénatoriales de 2018 et la bataille pour la succession de Nassimah Dindar au Palais de la Source.

Cela semble faire les affaires d’Ericka Bareigts qui enregistrait une belle avance sur ses deux adversaires au soir du premier tour. A voir désormais quel sera l’impact de la crise sanitaire et de sa gestion par l’équipe municipale de Gilbert Annette sur la candidate. Cette dernière fut également très active dans le cadre de sa fonction de députée. De même pour Didier Robert et Nassimah Dindar qui ont été très présents sur la scène médiatique dès le début du confinement et tout au long de la crise. A voir si cet activisme a eu un effet bénéfique au sein de l’électorat et qui engrangera le plus de points.

- Saint-Paul : la guerre des maires pourrait bien avoir lieu -

Théoriquement, le second tour devrait être le théâtre d’une triangulaire à Saint-Paul avec le maire sortant, Joseph Sinimalé (19,9%) et deux anciens maires, Huguette Bello (36,6%) et Alain Bénard (14,1%). C’est donc une véritable guerre des maires qui se profile dans la commune balnéaires.

A moins que Joseph Sinimalé ait réussi à mettre à profit ces deux mois pour ramener la droite dans son giron. En effet, rappelons que l’ancien maire s’est retrouvé au premier tour confronté à pléthore de candidats de droite dont de très nombreux élus issus de sa majorité. Nul doute que l’élu de 76 ans a mis à profit ce temps de répit pour arpenter sa commune et ramener ses ouailles sur le droit chemin. A voir désormais s’il a réussi à convaincre l’ancien maire Alain Bénard qui, malgré une troisième place au premier tour, semblait bénéficier d’une dynamique favorable en ce mois de mars.

Les réalités d’hier n’étant jamais celles d’aujourd’hui, surtout en politique, Huguette Bello qui semblait en ballotage favorable avant d’aborder ce second tour pourrait se retrouver à affronter une droite réunifiée. Les prochaines semaines seront décisives pour savoir si Joseph Sinimalé a réussi son pari d’unir et s’il parviendra à combler son retard. Sur ce dernier point, il aura sans conteste pu compter sur le dynamisme du président du Département, Cyrille Melchior, qui n’a pas ménagé ses efforts ces deux derniers mois pour déployer de nombreuses mesures pour faire face à la crise sanitaire.

- Saint-André : l’énigme Virapoullé -

Comme à Saint-Paul, Jean-Marie Virapoullé (31,47%) a souffert d’une grande division de la droite. Il retrouvera au second tour Joe Bédier (24,88%) et Eric Fruteau (17,09%). Même scénario, même interrogation. Jean-Marie Virapoullé a-t-il réussi à réunifier la droite derrière sa candidature durant ces deux mois ? Impossible pour l’heure d’émettre d’hypothèse. Une chose est sûre, le candidat de la droite a été extrêmement présent sur le plan médiatique ces dernières semaines, de quoi lui permettre de creuser l’écart face à ses adversaires ? Les prochaines semaines devraient être instructives concernant le rapport de force à Saint-André.

- Saint-Leu : victoire de Bruno Domen sur tapis vert ? -

Arrivé en tête du premier tour avec 41,19% des voix, Bruno Domen, maire de Saint-Leu, semble l’emporter sur tapis vert. En effet, son adversaire, Sylvie Comorassamy, a annoncé ce vendredi 22 mai qu’elle retirait sa candidature en vue du second tour. "Suite à l'alluction du Premier ministre ce jour concernant le déroulement du "potentiel" 2nd tour le 28 juin, Alain Lucas, Herbert Vergoz et moi avons décidé de nous en tenir aux résultats du 1er tour des élections municipales du 15 mars 2020", a-t-elle écrit, évoquant des " circonstances sanitaires non-résolues en incohérence avec les autres mesures de déconfinement ".

Bruno Domen, qui avait succédé à Thierry Robert en 2017, devrait donc rempiler pour 5 ans... sans aucune opposition au sein de son futur conseil municipal.

- Saint-Louis : bataille de générations en vue -

A Saint-Louis, deux générations vont s’affronter. D’un côté la jeune conseillère régionale Juliana M’Doihoma qui a crée la surprise en terminant en tête du premier tour avec 26% des voix. De l’autre côté, deux vieux loups de la politique et anciens maires de Saint-Louis, Cyrille Hamilcaro, nouvellement embauché au cabinet du maire de Saint-Paul, et Claude Hoarau qui ont chacun engrangé 25% des voix.

Nul doute que chaque camp a mis à profit ces deux derniers mois pour tenter de rallier les autres candidats à sa cause. Les boules puantes sont en tout cas déjà de sortie.

- 2 duels, 12 triangulaires, une quadrangulaire et même une quinquagulaire -

Le 28 juin  prochain, deux duels sont au programme. D’une part à la Possession où la maire sortante Vanessa Miranville (45,3%) affrontera le fils de l’ancien maire, Philippe Robert (29,1%). A l’Etang-Salé, Jean-Claude Lacouture (47,34%) est un ballotage favorable face à Mathieu Hoarau (39,04%).

Sauf nouvelles alliances, La Réunion recense 12 triangulaires, dont les communes citées précédemment (Saint-Denis, Saint-André, Saint-Paul et Saint-Louis).

A Sainte-Suzanne, Maurice Gironcel (43,4%) affrontera Daniel Alamelou (26,9%) et Alexandre Laï Kan Cheong (15,5%).

A Trois-Bassins, le maire sortant Daniel Pausé (45,54%) est en ballottage favorable face à l’ancien maire Roland Ramakistin (33,22) et à Marie Yveline Fain (16,25%)

Aux Avirons où, rappelons-le, le maire Raymond Mondon n’est pas candidat à sa succession, Eric Ferrère (45,79%) est devant Roseline Lucas (33,02%) et Paul Fort (13,1%).

A Cilaos, la surprise vient de Jacques Técher qui a frôlé l’élection dès le premier tour avec  48,67% des voix. Il retrouvera au second tour le maire sortant Paul Franco Técher (40,73%) et Olivier Picard (10,6%).

Au Tampon, la mission est quasi impossible pour la députée Nathalie Bassire (18%) qui se retrouve en triangulaire face à Monique Bénard (17,19%), et à André Thien-Ah-Koon qui frôle la réélection avec 48% des voix.

A Sainte-Rose, l’eternel duel entre Michel Vergoz (39,25%) et Bruno Mamindy Pajany (37,18%) va se poursuivre au second tour avec comme arbitre Sully Hoarau, arrivé 3ème avec 13,1% des voix.

A Bras-Panon, Daniel Gonthier (31,33%) livrera bataille au second tour avec Jeannick Atchapa  (29,98%) et le député Jean-Hugues Ratenon (27,46%). Ce dernier avait confirmé son maintien au second tour dès le 16 mars dernier.

A Sainte-Marie, Richard Nirlo, le maire sortant (38,82%), devra ferrailler avec le président de la Cinor Gérald Maillot (23,70%), plutôt discret durant cette crise sanitaire, et Céline Sitouze (13,41%).

La Plaine des Palmistes sera quant à elle le théâtre d’une quadrangulaire au second tour : Johnny Payet (27,6%), Sophie Arzal (20%), Jean-Luc Saint-Lambert (19%) et Daniel Jean-Baptiste (17,4%).

Pareil à Saint-Benoît qui sera le théâtre d’une quinquagulaire avec respectivement : Patrice Selly (22,13%), Sabrina Ramin (19,64%), Patrick Dalleau (15,6%), Philippe Leconsant (14,79%) et Valérie Payet-Gangnant (11,94%).

- La réalité du 15 mars n’est peut-être pas celle d’aujourd’hui -

Bien évidemment, cette photographie du premier tour qui donnait, au soir du 15 mars, une image assez fidèle de ce qu’allait être le second tour, est plus que jamais incertaine. En effet, entre temps, des alliances nouvelles ont peut être été faites. Certains candidats ont peut être perdu du crédit tandis que d’autres ont certainement su profiter de la crise pour conquérir ou reconquérir l’électorat de leur commune.

La date du second étant désormais fixée, nul doute que les prochains jours seront très riches en négociations, coups de bluff et autres annonces fracassantes. L’autre interrogation est celle du taux de participation. Au premier tour elle dépassait très légèrement les 50%. Le contexte sanitaire certes apaisé mais toujours à risque va-t-il inciter les électeurs à se déplacer davantage ? Une hausse importante de la participation peut totalement rebattre les cartes, confirmant ainsi que l’élection du 28 juin ne sera en aucun cas similaire à celle qui aurait pu avoir le 22 mars.

- Covid-19 : une prime aux candidats les plus médiatisés -

La crise du coronavirus a été incontestablement une formidable vitrine pour de nombreux élus/candidats. On ne parlait que de cela. On ne voyait que cela. Donc certain(e)s y ont vu une belle tribune pour briller, pour montrer à la population qu’ils étaient dans l’action, et qu’ils feraient de très bons maires pour les cinq années qui viennent.

Fort logiquement, les communes ayant été en première ligne (écoles, action sociale, aide alimentaire, masques, etc.), les maires sortants qualifiés pour le second tour ont été les plus lumineux ces deux derniers mois, ce qui pourrait leur avoir bénéficié en termes d’impact électoral. Même espoir pour les présidents du Département et de Région, particulièrement actifs, tout comme certains parlementaires candidats qui ont fait feu de tout bois pour alerter le gouvernement et leur assemblée sur certains enjeux liés à notre territoire.

Ils ne l’avoueront certainement pas mais tous ont tenté de surfer plus ou moins bien sur cette crise sanitaire pour tenter de grappiller des voix ci et là. Nous verrons le 28 juin prochain qui ont été les bons et les mauvais surfeurs. 

www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

3 Commentaire(s)

RIPOSTE974, Posté
Nassimah Dindar estime que, malgré quelques "ratés", son bilan est plutôt positif : "Des erreurs, des ratés, des choses qu'avec le recul j'aurais mieux faites ou faites différemment" Elle obtient le soutien du parti d'Emmanuel Macron, puis plus récemment, elle disait à qui voulait l'entendre qu'elle voulait faire perdre Didier Robert, ce qui l'a poussée à aller proposer à Gilbert Annette de présenter au premier tour une liste aux municipales à St-Denis pour piquer des voix au président de la Région, avant de fusionner avec la liste socialiste au second tour. ?? Puis, découvrant en faisant du terrain que Gilbert Annette était en perte de vitesse totale, elle n'a pas hésité à aller proposer, sans aucune pudeur, au même Didier Robert de faire liste commune avec lui. Ce qui lui a valu une fin de non-recevoir polie, mais ferme. Son résultat du 1er tour : elle obtient 13,01% des suffrages exprimés, la messe est dite.
RIPOSTE974, Posté
Que retenir de ces candidatures ?
Quant à Didier Robert, on se demande toujours ce qu'il est allé faire dans cette galère municipale à Saint-Denis, en obtenant 24,88 % des suffrages exprimés. Il aurait pu tout simplement concentrer son énergie sur la Région. " Je suis candidat aux élections municipales des 15 et 22 mars ", une erreur politique. Pique-nique du dimanche 15 décembre à la Trinité à Saint-Denis : ce jour-là, 3 000 personnes étaient attendues. Il n'y en a eu que quelques centaines. L'objectif pour Didier Robert était de totaliser au moins 40 % des suffrages et de placer des hommes à lui pour les scrutins à venir (départementales). Depuis 2010 à son arrivée à la tête de la Région, la collectivité s'est substituée à l'État dans le versement d'une subvention déguisée aux compagnies aériennes (la continuité territoriale). Didier Robert a utilisé cette aide pour se construire une popularité.
RIPOSTE974, Posté
Que retenir de ces candidatures ? Annette-Bareigts : un couple bizarre avec dans les premiers de la liste (au 8e rang) la présence de l'ancien maire, ce qui laisse présager qu'il continuerait à tirer les ficelles en coulisses en cas de victoire, même s'il n'occupait plus le fauteuil de premier magistrat. Au sujet de la distribution par l'ancien maire de cette carte postale électoralo-sanitaire, le très bon maire aurait-il réquisitionné des employés municipaux pour remplacer les étiquettes des masques fabriqués localement par un mot doux signé à son successeur, le tout accompagné de la mention Tricoté en chef-lieu "Et c'est moi qui l'ai fait !! " Voyez comme je suis bon ! " Dans les foyers, il se dit que nous serons enfin débarrassés de ces professionnels de l'inaction, car le PS sera demain un groupuscule sans moyens.