Élections municipales - Le bilan du premier tour :

Laborieuse poussée d'Objectif Réunion, effondrement du PCR et le retour des anciens


Publié / Actualisé
Le premier tour des élections municipales, ce dimanche 23 mars 2014, a réservé pas mal de surprises à La Réunion. Il a d'abord vu dix maires sortants conserver leur fauteuil - deux de moins qu'en 2008 -, dont huit peuvent être étiquetés à droite, dans le sillage du patron de l'UMP locale Michel Fontaine à Saint-Pierre. Cette droite réunionnaise a vu par ailleurs le retour au premier plan de ses vieux caciques - Jean-Paul Virapoullé à Saint-André, André Thien Ah Koon au Tampon, Joseph Sinimalé à Saint-Paul - tandis qu'un parti neuf comme Objectif Réunion peine à se trouver un ancrage local. À gauche, le PCR confirme ses difficultés, symbolisées par un Henry Hippolyte bien mal embarqué au Port face à Olivier Hoareau.
Le premier tour des élections municipales, ce dimanche 23 mars 2014, a réservé pas mal de surprises à La Réunion. Il a d'abord vu dix maires sortants conserver leur fauteuil - deux de moins qu'en 2008 -, dont huit peuvent être étiquetés à droite, dans le sillage du patron de l'UMP locale Michel Fontaine à Saint-Pierre. Cette droite réunionnaise a vu par ailleurs le retour au premier plan de ses vieux caciques - Jean-Paul Virapoullé à Saint-André, André Thien Ah Koon au Tampon, Joseph Sinimalé à Saint-Paul - tandis qu'un parti neuf comme Objectif Réunion peine à se trouver un ancrage local. À gauche, le PCR confirme ses difficultés, symbolisées par un Henry Hippolyte bien mal embarqué au Port face à Olivier Hoareau.

Traditionnellement, La Réunion n’est pas vraiment une suiveuse des tendances nationales lors des élections municipales. Mais elle pourrait peut-être déroger à la règle en cette année 2014. En difficulté en métropole, la gauche l’est aussi sur l’île, mais sans doute pas pour les mêmes raisons.

La gauche réunionnaise souffre peut-être de l’impopularité record du duo Hollande-Ayrault à la tête de l’État, mais sûrement bien plus de la chute d’un parti communiste qui n’en finit plus de s’enfoncer. En 2008, le PCR avait conquis ou conservé 6 mairies. Il n’en avait déjà plus que 4 à l’aube de ces élections du fait de dissensions internes. Mais le 30 mars au soir, il pourrait bien n’en diriger plus qu’une ou deux.

Surtout, il pourrait perdre son bastion du Port, qui n’a jamais connu un maire étranger au PCR. Successeur d’un Jean-Yves Langenier élu à 70 % il y a 6 ans, Henry Hippolyte s’est fait grignoter et même dépasser par le "dissident" Olivier Hoareau, passé chez Huguette Bello. Dans une triangulaire où se mêlera pour la forme Valérie Auber, le candidat du PLR a de bonnes chances d’arracher "sa" mairie du Port au PCR.

Dans la commune voisine de La Possession, le maire historique Roland Robert, du haut de ses plus de 40 ans passés à la tête de la commune, est lui aussi mal embarqué avec ses 35,52 %, talonné par la jeune impudente Vanessa Miranville et ses inattendus 29 %. Et que dire encore de Saint-Louis, où Jean Piot et Fabrice Hoarau peinent à cumuler 25 % quand Cyrille Hamilcaro fait la course en tête avec 37 %... Si Maurice Gironcel tente de faire de la résistance à Sainte-Suzanne, ces élections ont bel et bien confirmé que le PCR n’était plus ce qu’il était.

Le retour des caciques de droite

Mais pendant que le parti communiste s’érode au fil des élections, il en est d’autres qui supportent plutôt bien le poids des ans. Jean-Paul Virapoullé à Saint-André, André Thien Ah Koon au Tampon et Joseph Sinimalé à Saint-Paul, font partie des grands vainqueurs de la soirée. Les trois revenants ont pris un malin plaisir à se rappeler au bon souvenir de tous ceux qui les auraient enterré – politiquement – un peu vite et à prendre leur revanche sur Didier Robert. Le président de Région les avaient poussé vers la sortie en 2010. À Saint-André, à Saint-Paul ou au Tampon, ils avaient pourtant de la grosse concurrence en face. Mais pas de quoi effrayer ces vieux animaux politiques.

Ce retour des caciques sonne d’ailleurs comme une leçon pour Didier Robert désormais fragilisé au sein de la droite locale. Au Tampon, la liste qu’il menait derrière Nathalie Bassire est non seulement devancée par TAK, mais également par Paulet Payet. Et du côté de Saint-Denis, sa stratégie de soutien à Michel Lagourgue n’a non seulement pas porté le candidat UDI, mais risque également de faire gagner Gilbert Annette.

Le chef-lieu demeure toutefois l’exception qui confirme la règle pour la droite, qui ressort plutôt à son avantage de ce premier tour. Si Saint-Denis risque encore de lui échapper, elle peut rêver faire basculer de grosses communes comme Saint-André, Saint-Paul ou Saint-Louis. Mais avec une participation de 65,77 % lors de ce premier tour (contre 68,68 % en 2008), il reste encore quelques électeurs à mobiliser pour changer la donne d'ici dimanche prochain. Et signe de l'indécision de ce scrutin, on pourrait se retrouver potentiellement avec 11 triangulaires - voire quadrangulaires dans certains cas - pour ce deuxième tour (Saint-Denis, La Possession, Le Port, Saint-Louis, Le Tampon, Petite-Île, La Plaine-des-Palmistes, Saint-André, Cilaos, Sainte-Rose, Trois-Bassins), contre seulement 2 il y a 6 ans...

www.ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

Oscar, Posté
et c'est la déroute pour huguette bello et le PLR, n'n déplaise à certains commentateurs décus
Dudu, Posté
ayant voté pendant des années à gauche et voir le résultat aujourd'hui j'ai honte de ce parti il nous font payer ce que la droite n'a jamais oser faire et surtout toucher les petits retraités ils vont morfler et ca c'est bien fait qu'ils ne s'étonne pas de voir une percée du FN