Activité volcanique :

Et de la mer sortit un volcan...


Publié / Actualisé
Un "nouveau" volcan est sorti de terre dans la nuit du lundi 30 au mardi 31 août 2004. Le cône, qui expulse de la lave par intermittence, est situé en bord de mer à la limite de la toute nouvelle plateforme volcanqiue au pied du sentier côté Sainte-Rose (Est). "Il s'agit là d'un événement tout à fait inattendu et rare" commentait mardi matin Thomas Staudacher, directeur de l'observatoire volcanologique. Visionnez toutes les photos de ce phénomène exceptionnel
Un "nouveau" volcan est sorti de terre dans la nuit du lundi 30 au mardi 31 août 2004. Le cône, qui expulse de la lave par intermittence, est situé en bord de mer à la limite de la toute nouvelle plateforme volcanqiue au pied du sentier côté Sainte-Rose (Est). "Il s'agit là d'un événement tout à fait inattendu et rare" commentait mardi matin Thomas Staudacher, directeur de l'observatoire volcanologique. Visionnez toutes les photos de ce phénomène exceptionnel
Dans un grondement assourdissant, le cratère a surgi du sol vers 2 heures mardi matin. "Brusquement il y a eu un bruit impressionnant, le cône s'est formé et il s'est mis tout de suite à cracher de la lave. Les projections s'élevaient à plus de 60 mètres" raconte l'un des gendarmes de faction au poste de sécurité. "Une quarantaine de visiteurs se trouvaient à ce moment-là sur le sentier et à proximité de la plateforme. Nous avons fait évacuer tout le monde sans incident" poursuit le gendarme. Le sentier a bien sûr été immédiatement fermé au public. L'activité ayant baissé dans la nut du mardi 31 août au mercredi 1er septembre, la voie pourrait être rouverte tout prochainement.

Sous le niveau de la mer

Selon les volcanologues, la naissance du cône s'explique soit par une surpression du magma qui au contact de l'eau sous la plateforme aurait formé le cratère, soit par la formation d'une fissure ouverte sous la falaise et donc en dessous du niveau de la mer à environ 200 mètres du cône. "Ce qui est extraordinaire, ce n'est pas qu'une fissure se soit ouverte, ce qui est extraordinaire c'est que le cône se soit formé en bord de mer et aussi loin de la première fissure située bien plus haut" notait Thomas Staudacher mardi matin. Il précise qu'un phénomène de ce type n'a jamais été rapporté ou enregistré par l'observatoire volcanologique, "et personnellement c'est la première fois que j'assiste à cela" ajoute le volcanologue qui au cours de sa carrière a eu l'occasion d'observer bon nombre de volcans partout dans le monde. À la question de savoir si d'autres fissures peuvent s'ouvrir dans la zone et générer de nouveaux cônes, Thomas Staudacher ne cache pas "qu'après avoir vu ce que l'on est train de voir, l'on ne plus rien exclure". Il est plus catégorique concernant la durée de vie du cratère en bord de mer. "En général, une fois la crise terminée, un cône ne recrache pas une seconde fois. Toutefois un nouveau cône peut se créer à proximité" indique le volcanologue.

?uvre titanesque

Pour des raisons évidentes de sécurité, le spectacle se joue quasiment à huis clos. Il est époustouflant, magnifique, dantesque.... Les mots manquent pour qualifier l'?uvre titanesque que la nature est en train de construire.
Par intermittence, sans cycle régulier, le cône gronde et crache. Les projections de lave hautes 50 à 60 mètres s'accompagnent d'explosions sourdes. La crise dure entre trois minutes et une demi-heure. Les accès de colère sont aussi brusques que le retour à un calme précaire. "L'activité peut reprendre à n'importe quel moment, c'est loin d'être fini" commentait mardi après-midi Jacques Trouvilliez, directeur de l'ONF (office national des forêts).

Cascades

Cela d'autant qu'un nouveau bras de lave déferle des grandes pentes vers la mer en empruntant, côté Sainte-Rose, le tracé de la précédente coulée encore chaude. Côté Saint-Philippe (Sud), cinq cascades de feu liquide continue de se déverser dans l'océan sous les yeux de centaines de spectateurs. À noter que de nuit, le sentier aménagé par l'ONF est interdit aux visiteurs.
L'activité du trémor restant constante rien pour le moment ne laisse présager une fin d'éruption. La configuration actuelle semble plus annonciatrice d'un phénomène s'installant dans la durée. En 1998 déjà, le Piton de la Fournaise avait grondé pendant plus de deux mois. L'épisode actuel peut durer encore plus longtemps.
Le record en matière de longévité est détenu par l'un des volcans de Hawaï qui est entré en éruption en 1983 et ne s'est jamais arrêté de couler depuis.
   

1 Commentaire(s)

Lolila52, Posté
Bonjour à tous,
Je faisais partie des 40 personnes sur place ce soir là et je possède des images (tournées en Sony PD150 et vendues à Connaissances du Monde)). L'erruption a été progressive de 19h environ avec des projections par intermittence de 1 petit mètre
pour terminer à 40 ou 50 mètres effectivement à 2h du matin. Ce sont les gens qui remontaient le sentier qui ont prévenu les gendarmes qui étaient plus haut sur la route, pour leur dire qu'un nouveau cratère se formait en mer et que des projections commençaient à retomber de + en + près des gens ...
A 2h00 les gendarmes sont descendus se rendre compte du danger potentiel et ont pris la sage décision de fermer le site.
En remontant le sentier, on voyait une immense lueur rougeâtre au dessus de la forêt. On est allé voir et là, miracle, on a assisté au dévalement d'une rivière de lave en pleine forêt ... Magique !