Naissance de deux nouveaux cônes volcaniques :

Explosions et projections


Publié / Actualisé
Deux nouveaux cônes ont surgi en bord de mer à la limite du plateau volcanique formé par la lave solidifiée au pied de la falaise à Sainte-Rose. Le premier cône a émergé dans la nuit du mercredi 1er au jeudi 2 septembre 2004. Le second est apparu jeudi matin. Noyés dans un épais rideau de fumée, ils projettent de lave à plus de 80 mètres haut. Visionnez toutes les photos aériennes réalisées jeudi après-midi
Deux nouveaux cônes ont surgi en bord de mer à la limite du plateau volcanique formé par la lave solidifiée au pied de la falaise à Sainte-Rose. Le premier cône a émergé dans la nuit du mercredi 1er au jeudi 2 septembre 2004. Le second est apparu jeudi matin. Noyés dans un épais rideau de fumée, ils projettent de lave à plus de 80 mètres haut. Visionnez toutes les photos aériennes réalisées jeudi après-midi
Le cratère qui a surgi dans la nuit du lundi 30 au mardi 31 août avait pour origine la surpression de la lave accumulée sous la plateforme. Cette surpression a fini par provoquer une cassure dans laquelle la mer s'est engouffrée. La rencontre entre l'eau et la lave a été explosive provoquant la formation du cône.
C'est ce même phénomène qui est à l'origine de la création des deux autres cônes. Très actifs, ils projettent des blocs à plus de 80 mètres de haut. L'observation est rendue difficile par l'épais panache de fumée dégagée par la rencontre de l'eau et du feu. La lave continuant de s'infiltrer sous le plateau, "il n'y a pas de raison pour que d'autres cônes n'émergent pas" précisait-on jeudi après-midi à l'observatoire volcanologique.

1 000 degrés

Le phénomène risque même d'être beaucoup plus important que ceux ayant ont eu lieu jusqu'à présent. La plateforme qui repose sur un fond matin inconnu, a une épaisseur estimée entre 10 et 50 mètres. La température à l'intérieur atteint certainement les 1 000 degrés. Elle est à peine à 5 mètres au-dessus du niveau de l'océan. "Si elle est submergée par la mer ou si de l'eau s'infiltre dans des fissures cela donnera lieu à des explosions de vapeur d'eau. Tout le site sur un rayon de plusieurs centaines de mètres serait alors enveloppé par une vapeur brûlante " expliquait Thomas Staudacher. Il précisait que l'on peut d'autant moins exclure ce risque que des phénomènes similaires se sont produits ailleurs dans le monde. "À Hawaï par exemple des personnes qui se trouvaient sur ce genre de plateforme sont mortes noyées ou brûlées vives à la suite d'explosions de ce type".

Danger

D'où le maintien par la préfecture de la fermeture du sentier d'accès côté Sainte-Rose. "Nous sommes en présence d'un phénomène dangereux et il existe trop d'incertitudes sur son évolution" commentait au cours de la conférence de presse Jean Mafart, directeur de Cabinet du préfet. Le problème est que ce risque d'affaissement va exister de longs mois après la fin de l'éruption, car compte-tenu de la chaleur qu'il dégage, le plateau ne se refroidira que très lentement.
À noter par ailleurs qu'en raison de fortes émanations de vapeurs toxiques le sentier côté Saint-Philippe (Sud) reste interdit au public. Il sera rouvert vendredi matin sauf si de nouvelles fumées nocives sont présentes. Des cheveux de Pelé et des cendres noires ont été signalés sur le sentier d'accès.
   

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