Piton de la Fournaise :

Le silence


Publié / Actualisé
Le Piton de la Fournaise s'est rendormi dans la nuit du jeudi 2 au vendredi 3 septembre 2004. Plus aucune activité n'est enregistrée au sommet. Les tubes de lave continuent de se vider et une coulée arrive toujours sur la plateforme mais les trois cônes en bordure de mer sont désormais silencieux. Retour sur une éruption à grand spectacle
Le Piton de la Fournaise s'est rendormi dans la nuit du jeudi 2 au vendredi 3 septembre 2004. Plus aucune activité n'est enregistrée au sommet. Les tubes de lave continuent de se vider et une coulée arrive toujours sur la plateforme mais les trois cônes en bordure de mer sont désormais silencieux. Retour sur une éruption à grand spectacle
Après 21 jours de déchaînement parfois spectaculaire, le volcan s'est tu brusquement jeudi en milieu de nuit. Quelques heures auparavant deux cônes étaient venus s'ajouter à celui qui avait émergé à la limite de la plateforme volcanique sur le littoral de Sainte-Rose dans la nuit du lundi 30 au mardi 31 août. Dans une suite d'explosions assourdissantes, les deux nouveaux cratères projetaient des blocs par intermittence à plus de 80 mètres de haut.

Grandiose

Rien ne laissait alors présager une fin d'éruption, d'autant qu'au sommet l'activité volcanique était importante. Le retour au calme s'est effectué en 5 minutes mettant fin à 3 semaines de spectacle grandiose.
Tout avait commencé le vendredi 13 août. Après plusieurs jours de crise, le piton de la Fournaise entrait en éruption dans la nuit. Les laves souvent fluides déferlaient des grandes pentes en direction de la route nationale 2 (RN2) reliant l'Est et le Sud de La Réunion. Le "son et lumière" attirait des centaines de spectateurs.

L'au et le feu

C'est sous leurs yeux qu'une première coulée traversait la voie de circulation côté Sainte-Rose (Est) dans l'après-midi du dimanche 22 août. Deux autres bras de lave traversait la route quelques heures plus tard.
Le mercredi 25 août à 3 heures 45, la lave atteignait la mer au pied de Sainte-Rose. Elle en fera de même côté Saint-Phlippe quelques jours plus tard.
Le spectacle du feu s'unissant à l'eau est magnifique. Pour permettre au public d'assister à ce "son et lumière", l'ONF (office national des forêts) aménage deux sentiers d'accès au site (l'un côté Sainte-Rose, l'autre côté Saint-Philippe).

Cône explosif

Des centaines, des milliers, puis des dizaines de milliers de personnes viennent admirer la nature à l'?uvre. Ces visiteurs ne sont hélas pas tous respectueux de l'environnement. 4 tonnes de déchets sont collectés par l'ONF sur 6 jours.
En touchant la mer, la lave se solidifie en surface et forme une plateforme agrandissant d'autant le territoire de La Réunion qui gagne 5 hectares.
Le clou du spectacle se produit dans la nuit du lundi 30 au mardi 31 août. Conséquence d'une infiltration massive de lave sous la plateforme volcanique, une fissure se crée. La rencontre de l'eau et du matériau brûlant du plateau est explosive. Un cône de plusieurs mètres de haut apparaît en bord de mer à la limite de la plateforme. Dans de sourdes explosions, il projette de la lave à plus de 60 mètres de haut pendant 24 heures.

Menace

Les volcanologues avertissent que la pression de la lave la plateforme risque de s'affaisser et de provoquer ainsi une grosse explosion de vapeur brûlante. Par mesure de sécurité le sentier d'accès côté Sainte-Rose est fermé au public. Celui de Saint-Philippe est ouvert par intermittence en fonction des émissions de vapeurs toxiques.
Le premier cône se tait et il est relayé par deux autres cratères qui surgissent en bord de mer dans la nuit du mercredi 1er au jeudi 2 septembre. Ils projettent des blocs à plus de 80 mètres de haut. Feu d'artifice final avant l'assoupissement brusque du piton de la Fournaise ce vendredi 3 septembre.
   

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