Manifestation lycéenne contre le projet de loi Fillon :

"Réécrivez la réforme"


Publié / Actualisé
Un millier de lycéens ont manifesté devant le rectorat à Saint-Denis ce jeudi 24 février 2005. Ils ont redemandé que le projet de loi Fillon sur la réforme de l'Éducation nationale soit "réécrit en concertation avec nous les lycées qui sommes les premiers concernés". Malgré quelques jets de galets, il n'y a pas eu d'incident avec la police
Un millier de lycéens ont manifesté devant le rectorat à Saint-Denis ce jeudi 24 février 2005. Ils ont redemandé que le projet de loi Fillon sur la réforme de l'Éducation nationale soit "réécrit en concertation avec nous les lycées qui sommes les premiers concernés". Malgré quelques jets de galets, il n'y a pas eu d'incident avec la police
Les jeunes de lycées du Nord, de l'Est et de l'Ouest s'étaient donnés rendez-vous devant le rectorat. Certains manifestants portaient des bouquets de fleurs. "Ce sont nos seules armes" commentait une jeune fille en faisant allusion aux affrontements qui ont opposé les jeunes et les forces de police le mardi 22 février à l'entrée de la route du littoral.

Affrontements

On se souvient qu'en riposte aux jets de deux canettes de boisson et d'un galet dans leur direction, les policiers étaient intervenus massivement.
Plusieurs grenades lacrymogènes (36 au total) se sont abattues sur les jeunes qui pour la plupart été assis sur le pont donnant accès à la route du littoral. Les échanges de galets et de grenades lacrymogènes se sont poursuivis jusqu'à l'entrée de la ville à quelques pas des commerces et des terrasses de cafés. Un caméraman de RFO était blessé à la tête par un jet de galet et plusieurs lycéens étaient victimes de malaise après avoir respiré les gaz. Quatre manifestants étaient interpellés par la police. L'un d'eux a ensuite été condamné à 4 mois de prison avec sursis. Les trois autres ont été relâchés.

Hip hop

L'ambiance n'était pas la même jeudi matin. Les manifestants ont défilé du rectorat jusqu'au parc de la Trinité avant de revenir devant le rectorat vers 10 heures. Sur place, ils apprenaient que le recteur Christian Merlin, en réunion dans l'Ouest, ne pourraient pas les recevoir avant midi. Les jeunes acceptaient calmement d'attendre.
Un concours de hip hop s'organisait spontanément. D'autres groupes entonnaient à plein poumon les derniers morceaux à la mode "Fillon, ta réforme c'est du bidon, nous les jeunes nous n'en voulons pas" ou en encore "Fillon t'es foutu, la jeunesse est dans la rue". La bonne humeur était de mise lorsque quelques jets de galets provenant des arbres face au rectorat ont failli provoquer le désordre. Les choses ne sont finalement pas allées plus loin. Les lanceurs de galets, extérieurs à la manifestation, ont été désavoués par les manifestants

Déçus

Une délégation de jeunes a été reçue par le recteur vers 12 heures 30. L'entretien a duré une heure et quart. À son issue, les lycées se sont déclarés déçus, "il ne nous a rien dit de plus par rapport à la semaine dernière" disaient-ils. Pour sa part Christian Merlin déclarait que l'ambiance de la réunion le laissait "perplexe". Il disait avoir donné "les mêmes réponses aux mêmes questions" à savoir suspension de la réforme du bac, maintien des TPE (travaux pratiques encadrés), renforcement de l'EPS (éducation physique et sportive). Il notait , "il y a de la part de certains lycéens une volonté systématique d'opposition. J'espère que ce n'est pas le cas de la majorité".
"Nous voulons que le projet de loi soit retiré car il contient encore de mesures inacceptables comme la suppression de 5 000 postes d'enseignants par exemple" relève les lycéens qui prévoient de manifester une nouvelle fois le mardi 8 mars.
   

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