Aide au transport :

La colère des planteurs de cannes


Publié / Actualisé
Une centaine de planteurs membres de la Confédération générale des planteurs et éleveurs de La Réunion (CGPER) ont manifesté ce mardi 29 mars 2005 devant la DAF (direction de l'agriculture et de la forêt). Ils protestaient contre le retard de versement de l'aide au transport de la canne Ils réclament le paiement de cette allocation au plus tard le 15 avril prochain.
Une centaine de planteurs membres de la Confédération générale des planteurs et éleveurs de La Réunion (CGPER) ont manifesté ce mardi 29 mars 2005 devant la DAF (direction de l'agriculture et de la forêt). Ils protestaient contre le retard de versement de l'aide au transport de la canne Ils réclament le paiement de cette allocation au plus tard le 15 avril prochain.
À 9 heures 30 ce mardi matin, les planteurs se sont réunis devant les locaux de la DAF pour débattre de la situation dans laquelle ils se trouvent et ont sollicité une rencontre avec le directeur, Vincent Le Dolley. Ce dernier les a reçus dans la matinée et a écouté leurs griefs.
Jean-Yves Minatchy, président de la CGPER, a souligné lors de cette rencontre que cette manifestation constitue "une première alerte". Il a rappelé que cette aide indemnise le transport depuis le champ jusqu'au centre de réception. "C'est une aide importante pour la filière canne. Elle permet aux planteurs de La Réunion de compenser les coûts de production beaucoup plus élevés par rapport au continent" a-t-il indiqué.

Des délais plus longs

Jusqu'en 2003, l'aide au transport était versée par le ministère de l'Agriculture à la direction de l'Agriculture et elle était mise en paiement par le Trésor Public. Ces deux dernières années, c'est l'Office du développement agricole des DOM (ODEADOM), qui est chargé du paiement. Cette nouvelle procédure allonge considérablement les délais.
Le président de la CGPER souligne qu'il avait déjà alerté la DAF et l'ODEADOM l'année dernière sur ce changement de procédure qui avait conduit au versement de l'allocation de transport au début du mois de mai. Les planteurs avaient alors eu à faire face à nombre de contraintes notamment vis-à-vis de leurs fournisseurs.

Pas des vaches à lait"

"Après le non-remboursement par l'État de la TVA sur les aides économiques, le versement différé de l'aide au transport risque de décourager les planteurs", a souligné Jean-Yves Minatchy. Il a ajouté "c'est la première fois dans l'histoire de l'agriculture à La Réunion, que les planteurs doivent payer autant de taxes, sans que leur revenu ne soit pour autant augmenté. Nous ne sommes pas des vaches à lait". Il a noté par ailleurs que les frais de dossiers relatifs à la demande d"'allocation de paiement s'élèvent parfois à 200 euros.

Petites et moyennes exploitations pénalisées

Pour lui, si la CGPER sollicite le versement rapide de l'aide au transport, c'est qu'il y a "un véritable manque de trésorerie pour les planteurs de La Réunion, notamment après le passage des fortes pluies, qui les a contraints à faire un nouvel épandage organique après le lessivage des parcelles". Le président de la CGPER a rappelé que ce versement tardif pénalise surtout les petites et moyennes exploitations, c'est-à-dire celles qui fournissent la majorité de la production cannière. "Elles se trouvent les zones les plus difficiles, ce qui demandent encore plus d'investissements. Si cette catégorie était amenée à disparaître, ce sera la fermeture certaine de l'usine du Gol ou de Bois-Rouge " a-t-il déclaré.

Le 15 avril au plus tard

Compte tenu de ces spécificités la nouvelle procédure d'aide au transport ne devrait pas être appliquée estime Jean-Yves Minatchy. "Alors que le gouvernement parle de décentralisation, on revient au centralisme dans l'agriculture" a-t-il dénoncé. "À situation exceptionnelle, il faut des mesures exceptionnelles. Nous réclamons ainsi le versement rapide de l'aide au transport, le 15 avril au plus tard".
La CGPER a fait état des griefs des planteurs et de leur requête dans un courrier adressé le 25 mars 2005 au directeur de l'ODEADOM.
Vincent Le Dolley leur a déclaré qu'étant donné la distance séparant La Réunion de Paris, le délai dans le paiement de l'aide au transport est presque inévitable. Il a néanmoins promis de faire part de la demande de la CGPER à l'ODEADOM, mais sans toutefois s'engager à ce que ce paiement soit effectué à la date demandée par la CGPER.
   

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