Violences contre les femmes :

Un mal profond


Publié / Actualisé
À La Réunion, la violence à l'encontre des femmes est un mal bien ancré. Ce jeudi 31 mars 2005, le préfet, Dominique Vian et la présidente du conseil général, Nassimah Dindar, ont présidé pour la première fois, une commission départementale d'actions contre les violences faites aux femmes (CODEV). Un plan d'action a été établi.
À La Réunion, la violence à l'encontre des femmes est un mal bien ancré. Ce jeudi 31 mars 2005, le préfet, Dominique Vian et la présidente du conseil général, Nassimah Dindar, ont présidé pour la première fois, une commission départementale d'actions contre les violences faites aux femmes (CODEV). Un plan d'action a été établi.
À La Réunion, la violence à l'encontre des femmes est un mal profondément ancré. Hier, le préfet, Dominique Vian et la présidente du conseil général, Nassimah Dindar, ont présidé pour la première fois, une commission départementale d'actions contre les violences faites aux femmes (CODEV).
Pour Dominique Vian, le constat est lourd et grave. À La Réunion, 15% de femmes sont victimes de violences conjugales importantes, contre 10% en métropole. Pour le préfet, le poids de l'alcool dans le déclenchement de cette violence est important. Il estime qu'il y a dans l'île, "trop de tolérance par rapport à l'alcool qui tue. L'alcool est la plaie La Réunion. La consommation est excessive".

Numéro d'urgence sociale


L'État, le conseil général , ainsi que l'ensemble des partenaires du monde associatif ont donc décidé lors de la réunion du CODEV de lutter ensemble avec la plus grande rigueur conter cette violence.
Nassimah Dindar indique que ces deux derniers mois, sur 556 appels enregistrés au 115 (numéro de téléphone d'appel d'urgence sociale), 60% relevait de violences faites aux femmes ou de la violence intrafamiliale.
Un plan d'actions a été élaboré pendant la réunion du CODEV. Dominique Vian a expliqué que la lutte contre les violences faites aux femmes sera prioritaire dans le plan d'actions stratégiques de l'État couvrant la période 2005-2010 ainsi que dans le plan départemental de cohésion sociale. L'ensemble des acteurs (services d'État, services sociaux, associations) seront organisés en réseau autour du 115, le numéro d'urgence sociale.

24 heures sur 24 heures

Ce service fonctionnera 24 heures sur 24 heures à partir du mois de juin. Le dispositif d'hébergement et d'accompagnement social des femmes victimes sera renforcé. Ainsi 4 appartements s'ajouteront aux 2 villas déjà mises à disposition par le conseil général. Le plan d'actions prévoit également la mise en place d'une cellule spécialisée permanente au sein de la gendarmerie, la mise en ?uvre des dispositions légales permettant l'éviction du conjoint violent du domicile conjugal et le développement d'un programme de sensibilisation et de communication en direction de la population.
D'autre part, le rectorat, qui participait également à cette réunion va proposer à l'université de La Réunion de mener une étude sur les violences faites aux femmes dans le but de comprendre les motivations des auteurs de ces actes et de suggérer ainsi des méthodes de prévention.

Inquiétant

Une femme sur cinq (21.5%) a subi au moins une forme de violence dans un espace public au cours des 12 derniers mois (contre 19% en métropole) révèle d'autre part, l'enquête menée par Enveff-Réunion en 2002. Elle indique également que si les agressions verbales dans l'espace public sont un peu moins fréquentes qu'en métropole, les harcèlements à caractère sexuel, les agressions physiques et surtout sexuelles sont plus fréquents, signe d'un espace public plus dangereux à La Réunion.
Le nombre de plaintes déposées auprès des services de gendarmerie en 2002/03 en matière de coups et blessures; homicides et violences sexuelles passe de 849 à 1047. Quant au nombre de plaintes déposées auprès des services de police en matière de violences intra-familiales et d'agressions sexuelles, il passe de 209 en 2002 à 372 en 2003.
Autre constat inquiétant : la violence conjugale serait plus importante chez les jeunes couples (de 20 à 24 ans). Les agressions seraient plus nombreuses au sein des couples vivant en concubinage.
   

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