Chambre de métiers :

Pas de quorum, pas de président


Publié / Actualisé
Faute de quorum, l'élection du président de la chambre de métiers n'a pu avoir lieu ce mardi 5 avril 2005. Les 18 élus de la confédération nationale des artisans et des métiers de service (CNAMS) et leurs alliés ont boudé l'assemblée générale constitutive pour protester contre "la trahison" du rassemblement des artisans de La Réunion. Majoritaire ce groupe avait décidé de voter en faveur de Jocelyn de Lavergne, le président sortant largement battu lors du scrutin général du 15 mars 2005
Faute de quorum, l'élection du président de la chambre de métiers n'a pu avoir lieu ce mardi 5 avril 2005. Les 18 élus de la confédération nationale des artisans et des métiers de service (CNAMS) et leurs alliés ont boudé l'assemblée générale constitutive pour protester contre "la trahison" du rassemblement des artisans de La Réunion. Majoritaire ce groupe avait décidé de voter en faveur de Jocelyn de Lavergne, le président sortant largement battu lors du scrutin général du 15 mars 2005
L'assemblée générale constitutive de la chambre consulaire devait commencer à 15 heures 30. L'ordre du jour prévoyait l'élection du président et des membres du Bureau. À 15 heures, la rumeur persistante indiquait que les 14 élus du CNAMS de Giraud Payet, les 3 élus du Syndicat de l'Artisanat et du Bâtiment Réunionnais (SABR) et Joël Melchior élu de la CAPE (Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment) avaient l'intention de boycotter la séance.

Report

À 15 heures 40, il devenait évident que ces élus ne viendraient plus. Le représentant de la préfecture décidait alors de commencer l'assemblée et de procéder à l'appel. Le constat s'imposait: seuls 18 élus sur les 36 que compte la chambre étaient présents. Or la réglementation prévoit qu'au moins 19 conseillers doivent participer à l'assemblée. Ce quorum n'étant pas atteint, conformément à la législation, le représentant décidait de reporter la séance à dans huit jours.

"Trahison"

"Nous ne pouvions pas cautionner la trahison des dirigeants du groupe majoritaire (le rassemblement des artisans de La Réunion - ndlr)" disait Giraud Payet dans la conférence de presse qu'il a tenue après le report de séance. Il faisait allusion à la décision de dernière minute de Bernard Picardo. Tard dans la soirée de lundi, le chef de file du rassemblement des artisans de La Réunion a en effet annoncé sa décision de se retirer de la course pour la présidence de la chambre consulaire et d'apporter son soutien à Jocelyn de Lavergne CAPE (Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment). Laminé lors du scrutin général du 15 mars - sa liste n'avait obtenu que 2 sièges, le président sortant se retrouvait subitement remis en selle. "Ma liste a été battue aux élections. La campagne est finie. J'ai accepté la proposition qui m'a été faite par le groupe majoritaire qui a estimé que je suis un homme du consensus" commentait Jocelyn de Lavergne à l'issue du report de séance.

Stratégie

En fait, c'est pour s'assurer la défaite de Giraud Payet que Bernard Picardo a signé un accord avec Jocelyn de Lavergne. Les deux camps pouvaient en effet chacun compter sur 18 voix, le RAR a 18 sièges, le CNAMS 14 auquel il faut ajouter les 3 sièges du SABR avec qui il a fait alliance et celui de Joël Melchior de la CAPEB, soit un total de 18 voix.
Jocelyn de Lavergne pouvait dès lors faire figure d'arbitre et Bernard Picardo a choisi de s'allier avec lui. Quitte à lui céder le fauteuil de président "car jamais de Lavergne n'aurait voté pour la candidature de Picardo à la présidence" se disait-il dans ce mardi dans les couloirs de la chambre de métiers.

"Pas sérieux"

"Lors des élections générales, les artisans ont clairement dit qu'ils ne voulaient plus du président sortant un changement de majorité. Or celui que nous considérions comme notre partenaire (Bernard Picardo - ndlr) a pourtant décidé de faire alliance avec lui. La logique aurait pourtant voulu que seuls les deux groupes majoritaires, le nôtre et Bernard Picardo, soient en lice. Par notre absence nous avons montrer le rapport de force" notait pour sa part Giraud Payet.
"Les élus qui ne sont pas venus font preuve d'un manque de sérieux évident.
Il y a beaucoup à faire pour l'économie et le développement de l'artisanat, par leur faute des absents, la chambre est maintenant bloquée" déplorait Bernard Picardo. À la question de savoir pourquoi lui et son groupe avaient décidé de voter pour Jocelyn de Lavergne qui est largement minoritaire, il répondait: "celui qui n'est pas venu aujourd'hui est lui aussi minoritaire. Il n'a obtenu que 14 sièges, le reste vient des alliances qu'il a conclues".

"Nouvelle configuration"

Le chef de file du rassemblement des artisans de La Réunion reste discret sur la suite des événements. "Mon groupe m'a donné mandat pour la journée d'aujourd'hui où il s'agissait de voter pour Jocelyn de Lavergne. Nous sommes maintenant dans une nouvelle configuration. Nous allons nous réunir et décider de la marcher à suivre pour la prochaine séance dans huit jours" remarquait Bernard Picardo.
Quant à Giraud Payet il a clairement annoncé la couleur: "nous allons utiliser les jours qui viennent à convaincre les élus de la liste de Bernard Picardo de ne pas trahir le choix des artisans".
   

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