Lutte contre le chikungunya :

L'armée à Saint-Louis


Publié / Actualisé
Armés de pulvérisateurs chargés de produit anti moustiques, 20 militaires ont fait du porte à porte dans les rues de la Rivière Saint-Louis ce lundi 23 janvier 2006. Ils avaient pour mission de traquer dans les jardins des particuliers le moustique vecteur du chikungunya. L'accueil du public a été plutôt bon. Il s'agit de la première opération de ce type. D'autres communes seront visitées dans les prochains jours
Armés de pulvérisateurs chargés de produit anti moustiques, 20 militaires ont fait du porte à porte dans les rues de la Rivière Saint-Louis ce lundi 23 janvier 2006. Ils avaient pour mission de traquer dans les jardins des particuliers le moustique vecteur du chikungunya. L'accueil du public a été plutôt bon. Il s'agit de la première opération de ce type. D'autres communes seront visitées dans les prochains jours
Répartis en 5 équipes, les militaires ont sillonné les rues et ruelles de la Rivière Saint-Louis. Accompagnés par des entomologistes de la DRASS (direction régionale des affaires sanitaires et sociales), ils proposaient aux habitants de démoustiquer leurs cours. L'opération entre dans le cadre de l'intensification de la lutte contre l'aedes albopictus, le moustique vecteur du chikungunya qui depuis maintenant 10 mois frappe La Réunion de plein fouet.
"Nous profitons également de cette action pour donner des informations sur la prévention contre le chikungunya et la destruction des gîtes larvaires" explique l'entomologiste Jean-Sébastien Dehecq. "Sincèrement nous ne nous attendions pas à être aussi bien accueillis. Les gens sont contents de nous voir" remarque l'adjudant-chef Gaston Barros, dirigeant le détachement d'intervention. Deux de ses hommes sont en train de pulvériser du produit anti moustique dans le jardin de Gilberte et Marcel Grondin âgés respectivement de 69 et 92 ans. "Mon mari et moi, nous avons déjà attrapé la maladie il y a un mois, mais si l'anti moustique peut protéger d'autres personnes alors il faut en mettre partout" estime Gilberte Grondin avant de raconter "le calvaire" qu'elle a vécu pendant une semaine. "Je ne pouvais plus poser les pieds par terre ni lever les bras. Toutes mes articulations me faisaient mal. Mon mari l'a eu quelques jours plus tard, il ne pouvait plus marcher, il avait trop d'étourdissements et de douleurs" raconte Gilberte Grondin. Elle et son mari vont mieux, même s'ils ont encore des douleurs, mais leurs voisins viennent d'être touchés.

"Réagir plus tôt"

"Bien sûr c'est très bien ce que fait l'armée. Dommage que ces dispositions soient prises aussi tard. Je pense que l'État aurait dû réagir il y a des mois de cela au tout début de la maladie" commente pour sa part Huguette dont le père vient d'être touché par la maladie. Infirmière libérale de profession elle témoigne "depuis un mois, il y a de plus en plus de malades sur la Rivière Saint-Louis et sur Saint-Louis. C'est à se demander si toute La Réunion ne va pas être touchée". De fait, plus aucune commune n'est désormais épargnée par la maladie. "Cilaos et la Plaine des Palmistes ont longtemps résisté, mais elles viennent d'être touchées" note Jean-Sébastien Dehecq.
Menée par 20 militaires du 3ème régiment médical basé à Lyon en Métropole et en mission pour 4 mois à La Réunion, l'opération de démoustication a duré toute la journée. Le même type d'action sera menée dans d'autres quartiers et communes de l'île dans les prochains jours.
Rappelons que la DRASS a officiellement recensé à ce jour un peu plus de 10 000 cas, mais de divers recoupements, il ressort que ce chiffre est très nettement en dessous de la réalité.
   

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