Eruption volcanique :

La population retourne au Tremblet - Le Dolomieu s'effondre


Publié / Actualisé
Le village du Tremblet (Saint-Philippe) a été évacué ce vendredi après-midi 6 avril 2007. La décision a été prise après que des témoins aient vu une lueur rouge et des projections de blocs dépassant les 100 mètres de haut au-dessus de la ravine Citrons Galets à moins d'un kilomètre des premières habitations. L'observatoire a indiqué peu de temps après qu'il s'agissait d'une fausse alerte. Il n'y avait pas d'ouverture d'une faille hors enclos. La majeure partie de la population a été autorisée à regagner le village à 17 heures. Le sommet du Dolomieu est en train de s'effondrer. Selon l'observatoire, cela ne présente pas de danger pour la population. Visionnez toutes les photos réalisées vendredi après-midi
Le village du Tremblet (Saint-Philippe) a été évacué ce vendredi après-midi 6 avril 2007. La décision a été prise après que des témoins aient vu une lueur rouge et des projections de blocs dépassant les 100 mètres de haut au-dessus de la ravine Citrons Galets à moins d'un kilomètre des premières habitations. L'observatoire a indiqué peu de temps après qu'il s'agissait d'une fausse alerte. Il n'y avait pas d'ouverture d'une faille hors enclos. La majeure partie de la population a été autorisée à regagner le village à 17 heures. Le sommet du Dolomieu est en train de s'effondrer. Selon l'observatoire, cela ne présente pas de danger pour la population. Visionnez toutes les photos réalisées vendredi après-midi
Tout est parti en début d'après-midi de l'observation de témoins, notamment des agents de l'ONF (office national des forêts) de la DDE (direction départemental de l'Equipement). Ces personnes constataient que des projections de lave de plus de 200 mètres illuminaient brusquement le ciel d'une lueur rouge. Le phénomène se produisait au-dessus de la ravine Citrons Galets à moins d'un kilomètre des premières habitants du Tremblet.
La rumeur de l'ouverture d'une fissure éruptive hors enclos se répandait alors très rapidement. A 15 heures, la préfecture décidait de faire évacuer le village. A bord de voitures sono, les gendarmes avertissait la population de l'évacuation immédiate. Même si les 206 familles du bourg s'attendaient à cette nouvelle depuis mardi, l'ordre de partir rapidement a déclenché un début d'affolement heureusement vite maîtrisé.

Souvenir de 1986

Avec quelques effets personnels et parfois leurs animaux domestiques les villageois sont partis à bord de leurs propres voitures ou dans les cars mis à leur disposition par la mairie.Certains, pris au dépourvu, ont été empéchés de rentrer chez eux pour chercher quelques affaires mais les haussements de ton ont vite été apaisés. Ceux qui ne se sont pas rendus chez des proches, ont été dirigés vers le gymnase du Saint-Philippe ville, la maison de quartier de Mare Longue et la maison du quartier du Baril. "Comment voulez vous que l'on fasse? On n'a pas le choix. Notre seule solution est de dormir ici, en plus, on veut rester solidaires", explique Marie-Ange Salvan, avec sa famille, elle avait préparé ses affaires depuis trois jours déjà, redoutant l'évacuation. "C'est un vrai cauchemar, on a dû tout laisser", dit-elle. Comme pour la centaine de personnes qui se trouvaient au gymnase, le souvenir de l'évacuation de 1986 et les vols qui l'ont accompagnée hante son esprit. "En plus, quand on était revenu, il n'y avait plus d'eau, plus d'électricité et ça sentait le soufre", poursuit-elle les larmes aux yeux.



Fausse alerte


A 16 heures, toute la population avait été évacuée. A 17 heures, à l'exception des 15 familles résidant entre la Pointe du Tremblet et le rond-point de Citrons Galets - la zone la plus proche du rempart -, tous les habitants étaient autorisés à retourner dans le village. Car il s'agissait d'une fausse alerte. "On a peur mais on fait avec. Ici, les gens ne veulent pas laisser leurs affaires. En plus, vous avez vu le gymnase, on ne peut pas dormir la-dedans! Tout le monde est entassé et il n'y a ni radio ni télévision, ce n'est pas possible", explique Julio Chane-Shun. Après avoir été évacué dans l'après-midi, il q préféré retourner dormir dans sa case.
"L'ordre d'évacuation nous a surpris" commente Philippe Kowalski, directeur technique de l'observatoire volcanologique. En effet, la station sismique installée à Saint-Philippe n'a enregistré aucun séisme dans la région du Tremblet, ce qui indique l'absence de déplacement de lave en sous-sol dans la zone et donc écarte considérablement le risque d'ouverture de faille.

Pas de nouvelles failles

Immédiatement après l'annonce d'une ouverture de faille hors enclos, les volcanologues ont mené une reconnaissance aérienne. Ils ont déterminé qu'aucune nouvelle bouche éruptive ne s'était ouverte ni à l'intérieur ni à l'extérieur de l'enclos. De quoi rassurer certains téméraires qui soulignent que la pluie de cendre, les odeurs de gaz restent localisées autour de la coulée. Mais quand même, les rues du Tremblet étaient désertes, les habitants préférant éviter un quelconque risque.
Philippe Kowalski explique que les projections de blocs émanent de la seule fissure éruptive toujours en activité dans l'enclos. Conséquence d'une violente activité et d'un important débit de lave, des blocs sont projetés à plus de 200 mètres de haut dans l'enclos. "Le temps étant plus clair et les projections étant très haute, les gens ont pu voir ce qui se passait. De plus, les blocs enflammés ont provoqué des incendies. Les témoins ont pu croire qu'il s'agissait de l'ouverture d'une nouvelle fissure" ajoute-t-il en substance.
Il n'en était rien. Par contre, l'éclaircie de la météo a permis de confirmer l'hypothèse des volcanologues. Secoué par des milliers de séismes depuis le début de l'éruption, le sommet du Dolomieu s'est s'affaisser en fin d'après-midi. Les volcanologues s'attendaient à cela depuis mardi. Le phénomène qui a déclenché des explosions et d'énormes panaches de fumée noire visible dans tout le Sud, ne présente pas, selon l'observatoire, de danger pour la population
Vendredi soir, certains habitants du Tremblet, notamment ceux qui ont trouvé refuge chez des parents, n'ont pas regagné leurs domicile, mais beaucoup sont retournés chez eux.
   

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