Océan Indien :

Bacar en appel


Publié / Actualisé
Le président déchu d'Anjouan et ses 22 hommes ont comparu ce mercredi 7 mai 2008 devant la cour d'appel de Saint-Denis. L'avocat général a requis contre eux 3 mois de prison avec sursis. La cour rendra son arrêt le 5 juin prochain. Aucun manifestant n'est venu perturber l'audience qui s'est déroulée dans le calme.
Le président déchu d'Anjouan et ses 22 hommes ont comparu ce mercredi 7 mai 2008 devant la cour d'appel de Saint-Denis. L'avocat général a requis contre eux 3 mois de prison avec sursis. La cour rendra son arrêt le 5 juin prochain. Aucun manifestant n'est venu perturber l'audience qui s'est déroulée dans le calme.
Jugés une première fois 29 mars en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel, Mohamed Bacar et ses hommes avaient bénéficié d'un non-lieu pour vice de procédure. En l'occurrence une prolongation infondée de la garde-à-vue.
Ce mercredi, les avocates de Mohamed Bacar et de ses proches ont de nouveau pointé plusieurs irrégularités. Pour Maître Marie Briot, le colonel Bacar aurait dû d'abord bénéficier de l'immunité diplomatique. Elle a également dénoncé des vices de procédure concernant l'interpellation, l'arrestation et la garde-à-vue des Anjouanais en fuite. La défense demande le non-lieu Le Parquet, à l'origine de l'appel, a requis 3 mois de prison avec sursis.

De coups de théâtre en rebondissements judicaires

Rappelons que les vingt-trois Anjouanais avaient gagné Mayotte en bateau le 26 mars 2008 à la suite du débarquement des troupes de l'armée comorienne et de l'Union africaine sur l'île d'Anjouan, venues renverser un régime jugé illégal. Leur arrivée sur l'île aux parfums provoquant de graves émeutes, le colonel Bacar et ses hommes avaient été conduits à La Réunion le 27 mars pour apaiser les tensions. Mis en examen pour entrée illégale et en armes sur le territoire français (Mayotte en l'occurrence), les fuyards avaient été immédiatement placés en garde-à-vue. Deux jours plus tard, le tribunal correctionnel annulait toutes les poursuites à leur encontre pour vice de forme dans la procédure, les règles de la garde-à-vue n'ayant pas été respectées selon les juges. Les Anjouanais étaient remis en liberté et tout de suite assignés à résidence par le préfet à la base aérienne miliaire de Gillot. Sous le coup d'un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière (vers tout pays acceptant de les recevoir) et d'une demande d'extradition émise par les Comores, le président déchu et ses compagnons d'armes demandent l'asile politique. Pour l'heure, l'Ofpra (office de français de protection des réfugiés et apatrides) a examiné sept cas, accordant le statut de réfugié à seulement deux hommes. 

   

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