Agriculture :

L'engrais de la discorde


Publié / Actualisé
Les planteurs recevront une aide totale de 215 euros par tonne d'engrais achetée. La décision a été prise ce mardi 1er juillet 2008 au cours d'une réunion en préfecture de la commission paritaire de la canne et du sucre. La CGPER, syndicat majoritaire dans la profession, est satisfaite. L'intersyndicale, regroupant notamment la FDSEA et les Jeunes agriculteurs, l'est beaucoup moins. Elle réclame une aide de 400 euros. Prévu pour ce mardi matin dans l'Est et le Nord de l'île, le début de la campagne sucrière risque d'être perturbé
Les planteurs recevront une aide totale de 215 euros par tonne d'engrais achetée. La décision a été prise ce mardi 1er juillet 2008 au cours d'une réunion en préfecture de la commission paritaire de la canne et du sucre. La CGPER, syndicat majoritaire dans la profession, est satisfaite. L'intersyndicale, regroupant notamment la FDSEA et les Jeunes agriculteurs, l'est beaucoup moins. Elle réclame une aide de 400 euros. Prévu pour ce mardi matin dans l'Est et le Nord de l'île, le début de la campagne sucrière risque d'être perturbé
"Nous ne sommes pas des casseurs, nous voulons simplement que l'on entende nos revendications. Nous n'allons pas détruire notre outil de travail". Juché sur un 4X4 avançant au pas sur le Barachois, Jean-Yves Minatchy , président de la chambre d'agriculture et de la CGPER, harangue une centaine de planteurs. Avec une délégation de son syndicat, il va participer à la réunion de la commission paritaire de la canne et du sucre.
Pour compenser la hausse de 100% du prix de l'engrais (il est passé de 400 euros la tonne à 800 euros), les agriculteurs ont obtenu une aide publique de 160 euros par tonne. La réunion de ce mardi avait pour but d'obtenir des usiniers le versement d'une aide complémentaire de 80 euros par tonne.
Sur la pelouse de la préfecture une quarantaine de planteurs proche de l'intersyndicale, attend aussi que sa délégation entre en préfecture pour les négociations. Eux demandent une aide totale de 400 euros par tonne. "C'est normal, beaucoup d'entre nous sont déjà au bord du gouffre financier. Nous ne pouvons faire autrement que de réclamer une compensation totale de l'augmentation du prix de l'engrais" explique Guy Derand, dirigeant de la FDSEA.

Cordon de police

Séparés par un cordon de policiers les deux camps s'invectivent brièvement, chacun accusant l'autre de trahison. Le calme reviendra assez vite après l'entrée des délégations en préfecture. En début de réunion, le préfet, Pierre Henri Maccioni, a une nouvelle fois condamné les exactions commises la semaine dernière sur du matériel de l'usine de Bois Rouge. Les négociations entre planteurs et usiniers ont ensuite eu lieu hors la présence de la presse.
Guy Derand a quitté la salle assez vite au motif que le préfet a refusé l'examen d'une motion qu'il a déposé. Moins de deux heurs plus tard Jean-Yves Minatchy et la délégation CPER sortaient avec le sourire. "Nous avons obtenu des usiniers qu'ils versent une aide complémentaire de 55 euros par tonne d'engrais. Au total c'est donc une aide totale de 215 euros par tonne qui sera versée aux planteurs" expliquait-il sous les applaudissements de ses partisans.
"La coupe commence donc demain" dit encore Jean-Yves Minatchy. "Nous allons consulter la base et nous verrons bien si la coupe va commencer", rétorque, à distance, Guy Derand. Pour sa part, le préfet a clairement indiqué qu'il ne tolèrerait aucune perturbation.
Le début de campagne risque d'être tendu.
   

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