Élections régionales :

Aniel Boyer "je prendrai l'avion et j'irai à Paris"


Publié / Actualisé
Aniel Boyer, tête de la liste Nasyon Réyoné, en est certain : sa liste totalisera au moins 10 % des suffrages le dimanche 14 mars au soir du premier tour des régionales. " On a essayé de nous diaboliser mais malgré cela notre discours a de plus en plus d'écho " dit le chef de file du mouvement indépendantiste. " C'est sans doute parce que nous avons toujours tenu le même langage depuis des années " dit-il en distribuant dans les rues de Saint-Paul un journal édité par son mouvement en 2007. " Les problèmes restent les mêmes. Le combat pour faire en sorte que le Réunionnais soit maître de son avenir et qu'il ne soit plus transparent dans son propre pays est plus que jamais d'actualité " commente Aniel Boyer. Il est farouchement opposé au tram-train, " un gadget polluant " et à la Maison des civilisations, " un musée sans intérêt issu d'un chantier pharaonique ". Plus étonnant, il juge " scandaleuse " l'inscription par l'UNESCO du maloya au patrimoine immatériel de l'Humanité. " Cela, c'est fait au nom de l'État français pas au nom de La Réunion. Je ne peux pas l'accepter " tempête-t-il. Très tranché dans sa définition du Réunionnais, " c'est celui qui est né à La Réunion, de père et de mère Réunionnais, tous les autres ne sont pas Réunionnais ", Aniel Boyer veut aussi une loi " empêchant les non natifs de La Réunion de se présenter à une élection ". En cas d'élection à la tête du conseil régional, il n'hésitera pas " je prendrai l'avion et j'irai à Paris expliquer à l'État français notre position ". Entretien.
Aniel Boyer, tête de la liste Nasyon Réyoné, en est certain : sa liste totalisera au moins 10 % des suffrages le dimanche 14 mars au soir du premier tour des régionales. " On a essayé de nous diaboliser mais malgré cela notre discours a de plus en plus d'écho " dit le chef de file du mouvement indépendantiste. " C'est sans doute parce que nous avons toujours tenu le même langage depuis des années " dit-il en distribuant dans les rues de Saint-Paul un journal édité par son mouvement en 2007. " Les problèmes restent les mêmes. Le combat pour faire en sorte que le Réunionnais soit maître de son avenir et qu'il ne soit plus transparent dans son propre pays est plus que jamais d'actualité " commente Aniel Boyer. Il est farouchement opposé au tram-train, " un gadget polluant " et à la Maison des civilisations, " un musée sans intérêt issu d'un chantier pharaonique ". Plus étonnant, il juge " scandaleuse " l'inscription par l'UNESCO du maloya au patrimoine immatériel de l'Humanité. " Cela, c'est fait au nom de l'État français pas au nom de La Réunion. Je ne peux pas l'accepter " tempête-t-il. Très tranché dans sa définition du Réunionnais, " c'est celui qui est né à La Réunion, de père et de mère Réunionnais, tous les autres ne sont pas Réunionnais ", Aniel Boyer veut aussi une loi " empêchant les non natifs de La Réunion de se présenter à une élection ". En cas d'élection à la tête du conseil régional, il n'hésitera pas " je prendrai l'avion et j'irai à Paris expliquer à l'État français notre position ". Entretien.
* Quels sont les axes principaux de votre programme ?
- Avant toute chose il faut remettre le Réunionnais au centre du développement de La Réunion. Il doit être le moteur de ce développement.

* Quelles mesures prendrez-vous pour arriver à cela ?
- En matière de développement économique il y aura plusieurs mesures à prendre. Ainsi il faudra veiller à ce que les crédits de l'Europe soient aspirés par des entreprises qui les renvoient à l'étranger sans que La Réunion en tire bénéfice.

* Que voulez-vous dire ?
- Actuellement l'Europe verse des crédits pour la construction de tel ou tel aménagement. Ensuite ce sont des entreprises de l'extérieur qui obtiennent les marchés pour leur réalisation. Elles aspirent donc ces crédits et La Réunion n'en tire pas profit. L'Europe et l'État français ne peuvent pas constamment souffler le froid et le chaud de cette manière.

* Que proposez-vous pour sortir de cette situation ?
- Nous nous attacherons à mettre fin à ce système faisant que le Réunionnais n'occupe pas les emplois qu'il crée, ou alors seulement en tant que subalterne. Le Réunionnais a fini par devenir invisible dans son propre pays. C'est la départementalisation qui est responsable de cela. Il y a 300 ans que le peuple réunionnais est étouffé. Il faut que cela cesse.

* Et donc que proposez-vous pour sortir de cette situation ?
- Il faudra tout faire pour que le Réunionnais sorte de l'assistanat...

* D'accord... Est-il possible d'en savoir un peu plus sur votre programme ?
- Il y a beaucoup de choses à faire. Par exemple, il faudra développer la recherche pour trouver des énergies propres. Je ne crois pas du tout au photovoltaïque car il colonise les terres agricoles. Il faudra trouver autre chose. Il faut aussi très sérieusement se pencher sur le problème de la faillite actuelle du système de formation. Il faut arrêter avec les formations bidon, évaluer les besoins et former les jeunes en fonction de ces besoins. Surtout, il faudra que les emplois à responsabilité soient occupés par des Réunionnais...

* Quelle est votre définition du Réunionnais ?
- Le Réunionnais est la somme d'une culture, d'un passé, d'une langue...

* Donc qui est Réunionnais ?
- Est Réunionnais celui qui est né à La Réunion, de père et de mère réunionnais.

* Et les enfants nés ailleurs de père et de mère réunionnais ?
- À eux d'adopter un comportement revendiquant leur appartenance au peuple réunionnais

* Vous avez le même jugement pour les métropolitains ou autres ayant bâti leur vie à La Réunion ?
-Non, eux ils ne sont pas Réunionnais. Cela ne veut pas dire que nous les rejetons, simplement ils ne sont pas Réunionnais...

* N'est-ce pas le langage tenu par des extrémistes en métropole concernant les personnes issues de l'immigration ?
- (Bernard Grondin, membre dirigeant de Nasyon Réyoné qui assiste à l'entretien intervient) : la définition que nous donnons actuellement du Réunionnais est celle qui est faite dans un pays non indépendant. C'est une définition identitaire très forte, c'est notre c?ur qui parle. Nous aurons peut-être une autre définition, le jour où nous serons maîtres dans notre pays.

* Passons à un autre sujet. Aniel Boyer vous êtes pour le tram-train ?
- Je suis totalement contre. C'est un gadget ruineux et polluant. En plus il ne pourra jamais fonctionner car il n'y aura jamais assez d'électricité à La Réunion pour le faire marcher.

* Les routes de La Réunion sont engorgées, que proposez-vous en matière de déplacement ?
- Il faut réfléchir à un autre mode de transport en commun.

* Vous êtes comme Didier Robert en faveur de la mise en place d'un réseau de bus en site propre ?
- Ce que propose Didier Robert est du pur pipeau polluant. Nous sommes certes en faveur d'un réseau de bus desservant toute l'île, mais les véhicules rouleraient à l'hydrogène. Cela se fait déjà dans certains pays.

* Et la maison des civilisations ?
- Je suis contre. D'abord il s'agit d'un chantier pharaonique. Ensuite je ne veux pas d'un musée pour notre peuple et notre histoire. Il n'y a que des vestiges dans les musées. Cela me fait penser à l'inscription du maloya au patrimoine de l'Humanité, c'est un scandale...

* Un scandale que la musique fondamentale de La Réunion soit reconnue au niveau mondial ? Étonnant pour vous qui prônez la promotion de l'identité réunionnaise...
- Cette inscription au patrimoine mondial a été faite par la France. C'est-à-dire par le pays qui a interdit le maloya jusqu'en 1981. C'est comme si on essayait de tuer une deuxième fois le maloya...

* Ce n'est pas la France mais l'UNESCO qui a procédé l'inscription. Cette institution est, entre autres, composée de pays comme l'Afrique du Sud ou Madagascar...
- Oui, mais c'est la France qui a fait la demande. Ce n'est pas acceptable.

* Vous êtes en campagne, quel accueil vous réserve la population sur le terrain ?
- Notre discours passe de mieux en mieux. On nous a diabolisés, mais cela ne marche plus. Les gens nous écoutent. Les médias nous rangent dans les petites listes. Nous ne sommes pas une petite liste, mais une liste moins connue. Mais au vu des rencontres que nous avons avec les gens, il y aura des surprises. Je suis persuadé que nous ferons plus de 10 % des voix le dimanche 14 mars au soir.

* Imaginons que vous soyez élu président du conseil régional. Quelle est la première mesure que vous prenez ?
- Toutes les mesures qui rendront le Réunionnais moins transparent dans son pays. Je pense par exemple qu'il faudrait une loi pour interdire aux personnes qui ne sont pas nées à La Réunion de se présenter à une élection. C'est le cas aux États Unis, pourquoi pas ici ?

   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !