Biodiversité réunionnaise :

Des lézards uniques au monde


Publié / Actualisé
La Réunion trouve sa place au sein de l'un des 34 "points chauds" de la biodiversité mondiale.
Sur l'île, 17 espèces de reptiles terrestres vivant à l'état sauvage ont été recensées*. 14 d'entre-elles ont été introduites volontairement ou non par l'homme et seules trois espèces sont indigènes et endémiques, c'est-à-dire qui n'existent qu'à La Réunion. Parmi les vertébrés, les reptiles sont "l'un des groupes dont le statut de conservation est le plus défavorable, l'un des plus menacés d'extinction" souligne l'association Nature Océan Indien (NOI). Des deux geckos verts endémiques de La Réunion, le plus menacé est le gecko vert de Manapany. "La chasse, la destruction de l'habitat et l'introduction de nouvelles espèces plus compétitrices sont les principales causes de la destruction de ces espèces fragiles et uniques au monde" indique l'association qui milite pour la protection des reptiles endémiques et de leurs habitats.
La Réunion trouve sa place au sein de l'un des 34 "points chauds" de la biodiversité mondiale.
Sur l'île, 17 espèces de reptiles terrestres vivant à l'état sauvage ont été recensées*. 14 d'entre-elles ont été introduites volontairement ou non par l'homme et seules trois espèces sont indigènes et endémiques, c'est-à-dire qui n'existent qu'à La Réunion. Parmi les vertébrés, les reptiles sont "l'un des groupes dont le statut de conservation est le plus défavorable, l'un des plus menacés d'extinction" souligne l'association Nature Océan Indien (NOI). Des deux geckos verts endémiques de La Réunion, le plus menacé est le gecko vert de Manapany. "La chasse, la destruction de l'habitat et l'introduction de nouvelles espèces plus compétitrices sont les principales causes de la destruction de ces espèces fragiles et uniques au monde" indique l'association qui milite pour la protection des reptiles endémiques et de leurs habitats.
Avant l'arrivée de l'homme, les Mascareignes étaient l'archipel océanique qui possédait "le plus riche herpétofaune (ensemble des espèces de reptiles, et par extension des amphibiens) au monde" indique l'association NOI. "Les taux d'endémisme atteignaient 83 % pour la Réunion.
Cette richesse fut en partie détruite dès les débuts de la colonisation humaine, et se sont près de 60 % des espèces réunionnaises qui ont disparu" poursuivent les responsables de l'association.

Les espèces présentes aujourd'hui à la Réunion se répartissent en six groupes : les geckos diurnes ou geckos verts (7 espèces dont 2 endémiques et 5 exotiques), les scinques (1 espèce endémique), les geckos nocturnes (4 espèces exotiques), les caméléons (1 espèce exotique), les agames (2 espèces exotiques) et les serpents (2 espèces exotiques).

Parmi les espèces endémiques, on trouve les geckos verts (aussi appelés lézards verts) et le scinque de Bouton. Le gecko vert des Hauts est réparti entre 50 m et 2200 m d'altitude. Il se retrouve principalement en forêt indigène humide. Le gecko vert de Manapany est quant à lui présent dans le sud de l'île entre Grande Anse et Saint Joseph. Il vit principalement dans les arbres, mais est parfois être présent dans les maisons. Leur statut de conservation est en cours d'évaluation par l'UICN (union internationale pour la conservation de la nature) en vue d'une possible inscription sur la liste rouge mondiale des espèces menacées. A La Réunion, aucune donnée scientifique certaine n'existe sur la répartition actuelle du scinque de Bouton qui était considérée comme disparue depuis plus de 130 ans. Une population a été redécouverte en 1999, mais les connaissances actuelles sur sa répartition et son statut de conservation sont quasi-inexistantes, rapporte l'association NOI.

Des espèces de reptiles terrestres ont été introduites d'Asie, d'Afrique du Sud ou encore de Madagascar et se sont acclimatées à La Réunion. Parmi les geckos diurnes de La Réunion, cinq sont exotiques : le grand gecko vert malgache, le gecko vert poussière d'or, le gecko vert à ligne noire, le gecko vert de Maurice, le gecko vert des Seychelles. Mais il existe aussi les geckos nocturnes (aussi appelés margouillats) : le margouillat blanc, le margouillat des jardins, le margouillat des maisons et le margouillat à queue jaune. Au registre des espèces introduites, on compte également le caméléon ou "endormi" introduit depuis Madagascar en 1850, les agames (agame des colons et agame arlequin ou "caméléon"), mais aussi les serpents (couleuvre loup ou "couleuv'miel" et la couleuvre de terre ou "serpent aveugle").

Plusieurs menaces pèsent sur les populations de reptiles, selon l'association Nature Océan Indien. L'introduction par l'homme d'espèces animales exotiques est l'une des premières causes d'extinction d'espèces dans les îles. D'autre part, la perte, la dégradation et la fragmentation de l'habitat sont principalement liées au développement urbain et agricole et aux espèces végétales invasives. Elles conduisent au fractionnement des espèces en populations de faibles effectifs. Ces petites populations sont sujettes à de rapides déclins, voire à des extinctions. Enfin les pollutions environnementales telles que les épandages de produits phytosanitaires posent également un problème à La Réunion. "Bien que ces contaminants soient suspectés d'avoir contribuer au déclin des reptiles au niveau mondial, il n'existe que très peu d'études écotoxicologiques sur le sujet" déplore l'association.

Au niveau international, les geckos verts endémiques de la Réunion n'ont pas encore été évalués par l'UICN (union internationale pour la conservation de la nature) et ne figurent pas sur la liste rouge des espèces menacées. Cependant le commerce de toutes les espèces du genre phelsuma (geckos diurnes issus de l'île de Madagascar et des environs, Réunion, Seychelles...) est réglementé par la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvage menacées d'extinction (CITES). Elles sont inscrites à l'annexe II de la CITES qui regroupe les espèces qui, bien que n'étant pas nécessairement menacées actuellement d'extinction, pourraient le devenir.

Au niveau national, les geckos verts endémiques sont protégés par l'arrêté du 17 février 1989 qui interdit la destruction ou l'enlèvement des ?ufs, la destruction, la capture ou l'enlèvement ainsi que la naturalisation des spécimens, qu'ils soient vivants ou morts, leur transport, leur colportage, leur utilisation et leur commerce. Par ailleurs, même s'il s'agit d'une espèce exotique introduite, le caméléon est considéré comme faisant partie du patrimoine culturel de l'île, à ce titre il est protégé par ce même arrêté.

Plus d'informations sur le site : www.nature-ocean-indien.org

* ne sont pas comptées les espèces de compagnie parfois rencontrées dans la nature mais non acclimatées comme les iguanes ou les tortues radiées.

Annabelle Ovré pour
   

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