Qualité des eaux : la réglementation change en 2013 :

Baignade : La Réunion ne craint rien


Publié / Actualisé
Une nouvelle directive européenne va règlementer les mesures de la qualité des eaux de baignade à partir de 2013. Elle fixera notamment de nouvelles modalités de classement des ces zones (insuffisante, suffisante, bonne, excellente). Si une plage recueille la notation "insuffisante", elle sera déclarée "non conforme à la directive européenne". Ce qui entrainera sa fermeture au public. Pour l'instant, les plages de La Réunion n'ont rien à craindre, malgré cette nouvelle réglementation, estime le service environnement de l'Agence régionale de santé.
Une nouvelle directive européenne va règlementer les mesures de la qualité des eaux de baignade à partir de 2013. Elle fixera notamment de nouvelles modalités de classement des ces zones (insuffisante, suffisante, bonne, excellente). Si une plage recueille la notation "insuffisante", elle sera déclarée "non conforme à la directive européenne". Ce qui entrainera sa fermeture au public. Pour l'instant, les plages de La Réunion n'ont rien à craindre, malgré cette nouvelle réglementation, estime le service environnement de l'Agence régionale de santé.
À La Réunion, le contrôle des eaux de baignade se fait tout au long de l'année. 19 sites font l'objet de surveillance de la part des services de contrôle sanitaire. 17 sites "eau de mer dans l'Ouest et le Sud de l'île" et 2 sites "eau douce dans le Nord-Est de l'île", à savoir la Cascade des Délices (Petite Rivière Saint-Jean) et la Cascade Niagara (Rivière Sainte-Suzanne).

Chaque site fait l'objet de 2 prélèvements mensuels effectués par le service environnement de l'Agence régionale de santé. Les analyses sont ensuite sont réalisées par le laboratoire départemental (agréé par la ministère de la Santé). Lors du prélèvement, l'agent note l'état de la marée, la température de l'air, la coloration de l'eau, la fréquentation, le température de l'eau, la météo du jour et de la veille, l'état de la mer, sa transparence, la présence ou non de mousse, d'huiles minérales ou de substance tensioactive, la présence ou non de déchets et d'animaux dans l'eau et sur la plage, l'entretien de ces sites.

Les échantillons prélevés sont ensuite envoyés au laboratoire qui recherche le nombre de germes par litre d'eau. C'est à partir de ce chiffre que la plage sera classée par la commission européenne en eau de bonne qualité (A), eau de qualité moyenne (B), eau pouvant être momentanément polluée (C) et eau de mauvaise qualité, très fréquemment polluée (D). Selon Jean-Claude Denys, ingénieur sanitaire à l'ARS, sur les 19 sites analysés à La Réunion, 17 enregistrent une eau de qualité A et 2 une eau de qualité B.

La directive européenne devrait renforcer les seuils d'exigence au niveau des germes. La "norme impérative haute" actuelle est de 2 000 escherichia par litre d'eau. Il s'agit d'une bactérie qui permet de mesurer le risque de contamination par matière fécale. Ce niveau devrait être abaissé à 500 escherichia par litre d'eau en 2013. Ces mesures prendront aussi en compte les données des 4 dernières années. Une fois les éléments enregistrés, un classement sera établi. Il ira de qualité excellent, qualité bonne, qualité suffisante et qualité insuffisante. Si une plage recueille la notation insuffisante, elle sera déclarée "non conforme à la directive européenne" et fermée au public.

En perspective de l'application de cette directive, des simulations ont été effectuées pour les plages réunionnaises en prenant en compte les exigences européennes. "Cette directive n'impactera pas la notation des plages de l'île", signale Jean-Claude Denys. En effet, hormis durant les périodes de forte pluie où l'eau est traditionnellement polluée à cause des tonnes de terre qui se déversent dans la mer, la qualité des eaux de baignade de l'île est bonne voire excellente. Pour preuve, la plage de Boucan Canot où le taux d'escherichia par litre d'eau est à 50.

Néanmoins, les communes devront établir des "profils de vulnérabilité" pour recenser les "risques de contamination des eaux" et développer des "actions correctives vis-à-vis de ces sources de contamination". Le service environnement de l'ARS a communiqué sur cette réglementation depuis 2009. Les premières données devraient être rendues à la fin 2010. L'objectif affiché par le gouvernement, sur le plan national, est d'atteindre la "qualité bonne" pour toutes les eaux de baignade de France à l'horizon 2015. Un objectif qui semble "difficile" à atteindre dans certains départements métropolitains, estime Jean-Claude Denys.

Mounice Najafaly pour
   

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