Transport aérien :

"L'aéroport de demain" opérationnel en 2018


Publié / Actualisé
Entre 2011 et 2018, l'aéroport Roland Garros va connaître de profondes mutations. Extension de l'aérogare, élargissement des pistes ou encore travaux d'infrastructures, ce sont près de 180 millions d'euros qui seront injectés dans ces aménagements durant les 7 prochaines années. Objectif affiché, permettre à la structure d'accueillir l'Airbus A380 à partir du premier trimestre 2014 et près de 3 millions de passagers à l'horizon 2025.
Entre 2011 et 2018, l'aéroport Roland Garros va connaître de profondes mutations. Extension de l'aérogare, élargissement des pistes ou encore travaux d'infrastructures, ce sont près de 180 millions d'euros qui seront injectés dans ces aménagements durant les 7 prochaines années. Objectif affiché, permettre à la structure d'accueillir l'Airbus A380 à partir du premier trimestre 2014 et près de 3 millions de passagers à l'horizon 2025.
"L'aéroport Roland Garros est aujourd'hui au bord de l'asphyxie". C'est ce qu'affirme Jean-Paul Noël, directeur de l'aéroport. En effet, avec une moyenne d'1,8 millions de passagers ces 3 dernières années, la structure n'a plus les capacités d'accueillir "confortablement" cette affluence. Et la situation risque d'empirer dans les prochaines années. D'une part, du fait de l'arrivée au 1er trimestre 2014 des deux Airbus A380 d'Air Austral d'une capacité de 800 passagers chacun. D'autre part, du fait de la croissance exponentielle du trafic: 2 millions de passagers en 2011, 2,25 millions en 2015, 2,5 millions en 2020 et 3 millions en 2025.

Ce constat établi, les services de l'aéroport se sont penchés en 2009 sur les perspectives d'aménagement de la structure pour faire face à ces deux principaux enjeux. Les résultats de ces études ont été présentés lors d'une conférence de presse ce jeudi 28 avril. La principale difficulté, note Ibrahim Patel, président de la chambre de commerce et d'industrie de La Réunion, est que "les délais sont courts". Les premiers chantiers devront être impérativement livrés au 1er trimestre 2014, date de l'atterrissage du premier Airbus A380. D'où la décision prise par la direction de découper les travaux en 3 phases.

La première phase concerne "l'infrastructure aéronautique", à savoir l'aménagement des pistes et la création de nouvelles zones de parkings avions. En vue de l'arrivée de l'A380, les pistes devront en effet être élargies et renforcées, ce qui obligera la mise en conformité du réseau de traitement des eaux de ruissellement. Un nouveau taxiway devra être crée afin de permettre à l'appareil de rejoindre la zone de débarquement.

L'offre de stationnement de gros porteurs sera aussi augmentée. Les parkings seront mis en conformité avec la réglementation (respect des servitudes). Autre projet, la création d'un pôle de maintenance des services aéroportuaires dans la zone Est de la concession. Ces travaux démarreront en 2012 pour une livraison dans le courant de l'année 2013. Leur coût est évalué à plus de 70 millions d'euros.

La seconde phase concerne l'aménagement de l'aérogare. " L'objectif est d'aménager de façon transitoire l'aérogare pour permettre d'accueillir le flux de passager qui fréquentera l'aéroport avec l'arrivée de l'Airbus A380", explique Jean-Paul Noël. Cette phase d'aménagement des infrastructures démarrera en mai 2011 pour se terminer en 2013. Les travaux toucheront tant le hall, la salle d'embarquement que la zone de livraison des bagages. Le montant de ces travaux est évalué à près de 12 millions d'euros.

Concernant le hall, l'espace bar situé au rez-de-chaussée sera supprimé. Un nouveau bar sera ouvert au premier étage. Le lieu de culte sera quant à lui déplacé mais restera à l'étage. Dans le rez-de-chaussée, une 4ème banque d'enregistrement sera installée à l'est de l'aérogare (après extension) pour permettre de fluidifier les enregistrements des bagages. Les comptoirs et agences des compagnies aériennes seront également déplacés dans cette nouvelle zone. Le poste de filtrage sera aussi agrandi pour permettre de mieux gérer les flux de passagers voulant accéder à la salle d'embarquement. Les sanitaires seront également rénovés et la cascade fera l'objet de travaux d'embellissement.

Concernant la salle d'embarquement, les travaux d'extension porteront principalement sur les salons "haute contribution" réservés aux compagnies aériennes et sur la construction de nouvelles passerelles pour permettre d'accueillir davantage d'avions. Une passerelle à l'Est, permettra le parking des avions de code E (type Boeing 777-300) et la passerelle à l'Ouest sera destinée à l'Airbus A 380.

Enfin, la zone de livraison des bagages bénéficiera d'une extension de 500m2, grâce au déplacement du bar du rez-de-chaussée. Un nouveau tapis de livraison sera installé et le tapis 2 sera mis en conformité. Deux nouveaux postes de douanes seront installés. "Les espaces de contrôle seront modifiés. Ce ne sera plus des tapis mais une zone plus confinée qui permettra une fouille plus ciblée", précise Jean-Paul Noël.

La dernière phase qui se déroulera de 2014 à 2018 concernera l'extension de l'aérogare, le réaménagement des accès et des parkings publics pour un montant total de près de 80 millions d'euros. La capacité du hall public sera doublée, tout comme celle de la salle d'embarquement. La zone de livraison des bagages sera installée dans les bâtiments qui sortiront de terre suite à l'extension. Les parkings avions seront multipliés. Le parking automobiles sera quant à lui réaménagé et étendu jusqu'au rond point qui mène vers la 4 voies et le Boulevard Sud. Pour ce faire, la concession a fait l'acquisition des 3 hectares de terrains situés juste avant ce rond-point. Enfin, des aménagements sont prévus pour permettre l'accès aux transports collectifs et aux taxis à l'entrée de l'aéroport.

Le projet concernant cette troisième phase n'est pas encore finalisé. "Les études sur les différents aménagements à mettre en place vont bientôt commencer", annonce Jean-Paul Noël. Des modifications pourraient intervenir d'ici le début effectif de ces travaux. En effet, la grande interrogation reste pour l'heure l'avenir de la base aérienne située à proximité de l'aéroport. Si cette base est déplacée à Pierrefonds, le terrain pourrait être utilisé pour de nouvelles extensions de l'aéroport. "Pour l'instant, c'est le flou total sur le devenir de la base aérienne", affirme Jean-Paul Noël, même si Ibrahim Patel se dit persuadé que "la base aérienne va rester sur le site actuel".

Tous ces travaux, d'un montant total de près de 180 millions d'euros, seront financés par les fonds publics, l'emprunt ainsi que les redevances. Il faut donc attendre à une hausse de la redevance passagers prochainement. Hausse que ne cache pas le directeur de l'aéroport. Une possible revalorisation de cette redevance pourrait être décidée dans le courant du mois de mai, lors d'une réunion de la Commission consultative économique.

Mounice Najafaly pour
   

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